Orlando Pirates : Vilakazi appelle à élargir l'effectif
Benedict Vilakazi ne tourne pas autour du pot. La légende des Orlando Pirates interpelle frontalement l’entraîneur Abdeslam Ouaddou : avec le calendrier qui s’annonce, le groupe actuel est trop court.
Le technicien marocain aime travailler avec un vestiaire resserré. Une structure claire, 30 joueurs de champ, quatre gardiens, pas plus. Pour lui, au‑delà, la dynamique de groupe se délite, les frustrations montent, le développement individuel se grippe.
Vilakazi, lui, voit autre chose : une équipe engagée sur tous les fronts, déjà frappée par les blessures, et un marathon qui ne fait que commencer.
Blessures en série, alarmes en rouge
Les Pirates sont en plein cœur de la tempête. MTN8, où ils ont déjà validé leur billet pour la finale face à Mamelodi Sundowns. Tours préliminaires de la CAF Champions League. Betway Premiership qui s’emballe. Et encore la Carling Knockout et la Nedbank Cup à venir.
Les corps, eux, commencent déjà à lâcher.
« Regardez les blessures qu’ils ont en ce moment », insiste Vilakazi auprès de FARPost. Il cite les cas un par un : Makhehlene Makhaula touché, Thalente Mbatha victime d’un problème au genou, Sihle Nduli blessé « sérieusement ». Trois noms, trois alertes. Et la saison vient à peine de décoller.
Pour l’ancien milieu de terrain, le message est limpide : ces absences ne sont pas un accident isolé, mais le signe que l’effectif doit être renforcé.
« C’est très sage d’avoir un effectif plus large, surtout quand on voit tous les trophées qui sont sur la table », martèle-t-il. Betway Premiership, MTN8, Carling Knockout, Nedbank Cup, CAF Champions League : la liste est longue, les jambes, elles, ne sont pas infinies.
Le poids caché des voyages africains
La question ne se limite pas au nombre de matches. C’est tout ce qui va autour qui inquiète Vilakazi. Les kilomètres, les escales, les décalages, les terrains difficiles aux quatre coins du continent.
Pour lui, le grand public – et parfois même les staffs – sous-estime ce facteur.
« Ce n’est pas seulement jouer, le voyage joue aussi un rôle dans la fatigue », rappelle-t-il. Les retours de déplacement à deux jours d’un match de championnat, les séances d’entraînement écourtées, la récupération bâclée : c’est là que la profondeur d’effectif devient une arme.
Vilakazi insiste sur la nécessité d’avoir des « jambes fraîches » capables de prendre le relais immédiatement après un voyage en CAF Champions League. L’idée est simple : ceux qui reviennent d’Afrique peuvent souffler, d’autres prennent la lumière en championnat ou en coupe.
« C’est très important d’avoir un plus grand effectif pour que les joueurs ne soient pas fatigués », répète-t-il. Pas comme un slogan, mais comme un avertissement.
Deux visions qui s’entrechoquent
Face à lui, Abdeslam Ouaddou défend une philosophie claire. Un groupe maîtrisable, où chacun connaît son rôle. Pas de vestiaire surchargé, pas de joueurs condamnés aux tribunes pendant des mois, pas de hiérarchie illisible.
Selon lui, dépasser ce cadre – 30 joueurs de champ, quatre gardiens – nuit à la cohésion et au progrès individuel. Trop de concurrence tue la concurrence. Trop de visages brouille le message.
Le débat est là, brut : stabilité contre rotation massive, contrôle contre profondeur.
Pendant ce temps, la réalité sportive ne ralentit pas. La course au titre en Betway Premiership se tend, la finale de MTN8 contre Mamelodi Sundowns approche, et la CAF Champions League impose déjà son rythme infernal.
Pirates au carrefour de leur saison
Pour Vilakazi, la clé se situe précisément dans cette intersection entre ambition et gestion.
« C’est là que vous avez besoin d’un grand réservoir de joueurs », explique-t-il. Son scénario est précis : ceux qui reviennent d’un déplacement CAF deux jours avant un match de championnat ne doivent pas être forcés de rejouer immédiatement. L’entraîneur doit pouvoir « ajouter un ou deux joueurs » au groupe resté sur place, et l’équipe continue sa route sans baisse de niveau.
La question est désormais posée à haute voix : les Orlando Pirates peuvent-ils viser tous ces trophées avec un effectif aussi calibré, ou devront-ils céder sur un front faute de renforts suffisants ?
La réponse ne viendra pas dans les déclarations, mais dans les jambes, dans les voyages, et dans la capacité de ce groupe à tenir jusqu’au bout d’une saison qui s’annonce implacable.



