Neymar reconnaît sa faute, Robinho Jr pardonne à Santos
Neymar reconnaît sa faute, Robinho Jr pardonne, mais Santos s’enlise en Copa Sudamericana
La nuit aurait pu être celle de l’apaisement total à Santos. Elle n’a été qu’un demi-soulagement.
Mardi, après le nul 1-1 contre Deportivo Recoleta en Copa Sudamericana, Neymar est venu affronter les micros comme il avait affronté la surface de réparation quelques minutes plus tôt. Un but pour sauver le point, et des mots pour tenter de sauver le vestiaire.
Neymar sort du silence
Le numéro 10 n’a pas esquivé le sujet. L’altercation du week-end à l’entraînement avec Robinho Jr, 18 ans, a bel et bien dépassé la simple dispute verbale. Le vétéran l’a confirmé : le différend a dégénéré jusqu’à une confrontation physique.
Il a reconnu une réaction disproportionnée, un geste de trop, tout en rappelant que l’affaire, selon lui, avait été réglée en interne dès les premières heures. Il a parlé d’un « malentendu à l’entraînement », d’une « réaction excessive », et d’excuses présentées immédiatement, dans le vestiaire, face à Robinho Jr et à sa famille.
Neymar a insisté sur son attachement pour le jeune attaquant, qu’il décrit comme un garçon pour lequel il a « une affection très spéciale ». Pour lui, cet épisode s’inscrit dans la réalité crue du football de haut niveau : on se chamaille, on s’emporte, parfois comme avec un frère. Sauf que cette fois, la scène a quitté le huis clos du vestiaire pour se retrouver disséquée sur la place publique.
Il a aussi reconnu sa part de responsabilité plus lourde que celle du jeune joueur, tout en rappelant avoir renouvelé ses excuses devant l’ensemble du groupe dès le lundi. À ses yeux, l’affaire était close, avant que « des gens autour » ne la grossissent et ne l’emmènent dans une autre dimension.
Robinho Jr confirme… et referme le dossier
La parole du maître a ensuite été suivie par celle de l’élève. Robinho Jr a pris la lumière pour confirmer les faits sans les dramatiser : oui, il y a bien eu une gifle. Oui, elle l’a touché au visage.
Mais le jeune attaquant a tenu à verrouiller le reste. Il a rappelé que Neymar s’était excusé « tout de suite », à plusieurs reprises, et que ces excuses étaient pleinement acceptées. Pas de rancœur affichée, pas de fracture proclamée.
Il a aussi reconnu avoir réagi à chaud en déposant une demande de résiliation de contrat, un geste pris sous le coup de la colère avec ses agents. Ce document est désormais retiré. Robinho Jr assure qu’il entend honorer son contrat avec Santos jusqu’en mars 2031.
Dans ses mots, on sent la déception d’un disciple blessé par l’attitude de son idole, mais aussi l’admiration intacte. Il a rappelé que Neymar était son héros d’enfance, qu’il garde encore le premier cadeau reçu de lui à l’âge de 8 ans. Pour lui, l’essentiel est désormais ailleurs : tourner la page, se concentrer sur les résultats, protéger le vestiaire d’un bruit extérieur qu’il juge déformé et excessif.
Les deux hommes affirment avoir parlé, s’être expliqués, s’être pardonnés. Vestiaire refermé, au moins en apparence.
Un nul qui fait mal
Sur le terrain, pourtant, la réconciliation n’a pas suffi à relancer Santos. Neymar avait montré la voie en marquant, pensant offrir une victoire vitale dans ce Groupe D déjà mal engagé. Le scénario semblait idéal : le leader technique qui assume, l’équipe qui se resserre après la tempête.
Puis tout a basculé. Tard dans la rencontre, Fernando Galeano a surgi pour Deportivo Recoleta et a fait taire le stade. Son but a scellé un 1-1 au goût de défaite pour le Peixe.
Ce n’est pas seulement un point perdu. C’est une alerte rouge clignotante sur le tableau de bord continental. Après quatre matches, les géants brésiliens n’ont toujours pas gagné dans ce groupe. Ils pointent à la dernière place, avec seulement trois points. Une position indigne de leur statut, mais conforme à leurs errances actuelles.
Santos dos au mur
Le calcul est brutal, limpide. Pour garder un mince espoir de qualification vers les huitièmes de finale de la Copa Sudamericana, Santos n’a plus le droit à la moindre erreur à domicile. Il faudra battre San Lorenzo, puis Deportivo Cuenca. Deux victoires, rien de moins.
La règle du tournoi ne laisse aucune marge : seul le premier de chaque groupe se qualifie directement pour la phase à élimination directe. Dans ce contexte, chaque ballon perdu, chaque relâchement défensif, chaque point abandonné pèse comme une élimination en différé.
Le club qui a vu grandir Neymar se retrouve aujourd’hui à la croisée des chemins. D’un côté, un vestiaire qui tente de se ressouder après un incident exposé au monde entier. De l’autre, une campagne continentale déjà au bord du gouffre.
Neymar et ses coéquipiers ont promis de transformer l’intensité des entraînements en concentration maximale les soirs de match. La question n’est plus de savoir s’ils le peuvent. Elle est de savoir s’ils le feront à temps pour éviter à Santos une sortie de scène qui, pour un club de ce poids, aurait des allures d’humiliation.




