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Arsenal atteint la finale de la Champions League à Budapest

Arsenal jouera la finale de la Champions League. Vingt ans après la première, une deuxième page d’histoire est arrachée, cette fois au terme d’une demi-finale étouffante face à un Atletico Madrid qui quitte la scène avec un sentiment d’injustice brûlant.

Au Emirates Stadium, la nuit aurait pu être une célébration pure et simple. Elle restera aussi celle de Daniel Siebert. L’arbitre allemand, cible principale d’une presse espagnole furieuse, a cristallisé toutes les frustrations madrilènes après un duel au couteau où chaque contact a semblé peser des tonnes.

Saka libère l’Emirates

Le match aller à Madrid avait déjà planté le décor : 1-1, tension maximale, VAR au cœur des débats. Le retour n’a fait qu’amplifier cette dramaturgie.

La première période à Londres ressemble longtemps à une partie d’échecs. Deux blocs prudents, un enjeu écrasant, peu d’espaces. Puis, à la 44e minute, tout bascule. Leandro Trossard déclenche une frappe que Jan Oblak repousse mal. Bukayo Saka, le plus vif dans la surface, surgit et ouvre le score. Un but de renard, un but de demi-finale. L’Emirates explose, Arsenal prend enfin l’ascendant dans ce duel sous haute tension.

À ce moment-là, les Gunners tiennent leur billet pour Budapest. L’Atletico, lui, se retrouve condamné à courir après un match qui commençait à lui échapper.

Le tournant Griezmann–Calafiori

Au retour des vestiaires, l’équipe de Diego Simeone hausse le ton. Plus de duels, plus de présence dans la surface, plus de nervosité aussi. Le match devient nerveux, haché, électrique.

Et puis survient l’action qui enflamme tout un pays. Dans la surface d’Arsenal, Antoine Griezmann récupère un ballon après un rebond, contrôle, et Riccardo Calafiori arrive lancé. Le contact est net, la jambe du Français est touchée. Penalty ? Pas pour Daniel Siebert.

La décision tombe : faute préalable de Marc Pubill sur Gabriel dans le duel aérien juste avant l’intervention de Calafiori. Coup franc pour Arsenal, pas de penalty pour l’Atletico. La VAR confirme, sans même inviter l’arbitre à consulter l’écran. Dans les tribunes visiteurs, l’incompréhension se transforme en rage.

En Espagne, les mots sont durs. Très durs.

La presse espagnole charge l’arbitrage

Le quotidien AS ne mâche pas ses mots. Pour lui, cette demi-finale restera associée à un seul nom : Daniel Siebert. Le journal décrit un « coup évident, flagrant, indéniable » de Calafiori sur le pied de Griezmann, et démonte la faute sifflée contre Pubill sur Gabriel, jugée inexistante. Deux joueurs qui sautent en même temps, un duel classique, et pourtant le jeu est arrêté.

Le reproche principal vise la technologie : si la VAR existe pour corriger ce genre d’erreur, pourquoi ne pas l’utiliser jusqu’au bout ? Pourquoi ne pas envoyer l’arbitre à la vidéo sur une action aussi lourde de conséquences dans une demi-finale de Champions League ?

AS replace même Siebert dans une lignée honnie, citant Mark Clattenburg et Szymon Marciniak, comme autant de visages associés aux désillusions européennes de l’Atletico. Une liste noire, presque personnelle.

Mundo Deportivo enfonce le clou. Pour le média catalan, les ralentis montrent clairement que Pubill ne commet pas de faute. Conclusion : le penalty pour l’Atletico devait être accordé. La décision de la VAR de ne pas corriger l’arbitre est jugée incompréhensible.

Le journal remonte même un peu plus tôt dans le match. À la 41e minute de la première période, Riccardo Calafiori aurait déjà commis un penalty évident sur Giuliano Simeone, poussé dans la surface. L’action est finalement annulée pour un hors-jeu, là encore sans révision VAR signalée. De quoi alimenter l’idée d’un soir à sens unique dans les décisions.

Le quotidien Sport, lui, prend un ton plus fataliste, presque philosophique. Il parle d’un football qui « règle des comptes », d’une Champions League qui ne semble pas vouloir de l’Atletico. Mais derrière le vernis, le message reste le même : l’inconstance de Daniel Siebert est pointée du doigt, tout comme le rôle de Bastian Dankert, arbitre VAR de la soirée, déjà associé à un épisode polémique la saison précédente lors d’un penalty raté par Julian Alvarez qui avait coûté cher à l’Atletico contre le Real Madrid.

Arsenal tient, l’Atletico rumine

Sur la pelouse, malgré la pression, Arsenal ne craque pas. Mikel Arteta voit son équipe souffrir, mais résister. Les duels se multiplient, les minutes s’étirent, la colère madrilène monte à mesure que le temps file.

Le 1-0 ne bouge plus. Sur l’ensemble des deux manches, Arsenal s’impose 2-1 et décroche sa place en finale, à Budapest. Une qualification historique, arrachée dans la douleur, avec ce parfum de controverse qui colle souvent aux grandes soirées européennes.

Pour les Gunners, peu importe la manière : le club retrouve le sommet du continent, avec l’occasion de chasser enfin les fantômes d’une première finale perdue. Pour l’Atletico, une autre histoire s’écrit, plus sombre, plus amère, celle d’un club qui se voit, une fois encore, stoppé aux portes du rêve et renvoyé à ses obsessions arbitrales.

Arsenal se tourne déjà vers Budapest. L’Atletico, lui, devra répondre à une question lancinante : combien de fois encore acceptera-t-il que ses espoirs européens se fracassent sur un coup de sifflet ?