Atlético Madrid éliminé : la controverse des penalties face à Arsenal
Au Emirates, la nuit avait tout d’un piège émotionnel pour la famille Simeone. Sur le bord du terrain, Diego. Sur la pelouse, Giuliano. Et au bout du compte, Arsenal qui ferme la porte de la Champions League à l’Atlético Madrid, dans la controverse et l’amertume.
Le but de Bukayo Saka, un simple plat du pied en première période, a suffi à sceller un 2-1 sur l’ensemble des deux matches après le nul 1-1 à Madrid. Un détail sur la feuille de stats, un coup de massue pour une équipe de l’Atlético qui se rêvait en conte de fées européen.
Deux actions, une même colère
La frustration, elle, n’a pas pris fin au coup de sifflet final. Elle s’est prolongée sur les réseaux sociaux, dans le regard de Giuliano Simeone, puis dans les mots soigneusement mesurés de Diego et de Koke.
Le premier tournant arrive tôt en seconde période. Giuliano Simeone anticipe, lit parfaitement un mauvais retour en arrière vers David Raya, grille William Saliba et file vers le but. L’action est idéale pour l’Atlético, la défense d’Arsenal totalement ouverte. Gabriel surgit alors dans la surface. Tacle, contact, le jeune Simeone s’écroule. Les Madrilènes réclament le penalty, les bras levés, le banc se lève d’un bond.
Rien. Ni Daniel Siebert, ni ses assistants, ni le VAR ne jugent le contact suffisant pour offrir un penalty. Le jeu reprend, comme si de rien n’était.
Giuliano Simeone, lui, n’a pas digéré. Après la rencontre, il raconte son ressenti : au moment d’armer, il se sent déséquilibré, incapable de frapper comme il le souhaitait. À ses yeux, l’intervention change tout. À ceux des arbitres, elle ne mérite même pas un visionnage à l’écran. « L’arbitre n’est même pas allé voir le VAR », soulignera-t-il, rappelant que la même chose s’était produite pour une action impliquant Antoine Griezmann.
Griezmann au sol, la VAR remonte le fil
Le deuxième épisode intervient quelques minutes plus tard. Cette fois, c’est Antoine Griezmann qui tombe dans la surface, accroché par Riccardo Calafiori. Le contact est franc, la charge lourde. Le VAR s’en mêle, les ralentis tournent, la tension grimpe.
Tout semble conduire à un penalty. Les replays confirment que le tacle de Calafiori sur Griezmann ressemble à s’y méprendre à une faute. Mais la technologie remonte plus loin dans l’action. En amont, Marc Pubill est jugé coupable d’une faute sur Gabriel Magalhães dans la préparation du mouvement.
Résultat : pas de penalty. L’infraction de Pubill « annule » celle de Calafiori. L’explication est donnée à l’antenne par l’ancien arbitre de Champions League Mark Clattenburg, qui détaille le raisonnement : le VAR considère bien l’intervention sur Griezmann comme une faute et donc un penalty potentiel, mais estime d’abord qu’il y a faute sur Gabriel. Et dans cette hiérarchie, la faute initiale prime.
Pour l’Atlético, la pilule est dure à avaler. Deux fois la surface, deux fois le doute, zéro coup de pied de réparation.
Diego Simeone retient ses mots, la blessure reste
Face aux micros, Diego Simeone ne se lance pas dans un grand procès de l’arbitrage. Il sait ce que coûte ce genre de sortie, il sait aussi que la qualification est perdue. Il tente de dégonfler le sujet, tout en laissant transparaître une déception évidente.
« Il n’y a rien à dire. Nous sommes éliminés et nous devons féliciter Arsenal. Nous devons continuer à travailler. Nous n’allons pas nous attarder sur un détail qui peut se voir et qui est très évident », lâche-t-il. Une phrase qui en dit plus qu’elle n’en a l’air : rien à dire… mais tout le monde a vu.
À ses côtés, Koke adopte le ton institutionnel, sans pour autant effacer le malaise. Le capitaine refuse d’attaquer frontalement Daniel Siebert, insiste sur l’idée que l’arbitre a, lui aussi, « essayé de faire de son mieux », comme lors du match aller. Une manière de clore le débat publiquement, sans le faire disparaître des conversations privées du vestiaire.
Pendant ce temps, Giuliano Simeone choisit un autre terrain pour continuer la bataille : Instagram. Sur sa story, il publie deux captures d’écran d’une autre action dans la surface, où Riccardo Calafiori le pousse dans le dos. L’action est finalement signalée hors-jeu, ce qui éteint toute possibilité de penalty. Mais l’Argentin veut montrer, image à l’appui, ce qu’il considère comme un fil rouge de la soirée : un Atlético bousculé dans la surface, rarement protégé.
Un conte interrompu, pas effacé
Au bout du compte, Arsenal passe, l’Atlético sort. La ligne est froide, factuelle. Pourtant, la sensation est tout autre pour les Colchoneros. Cette campagne européenne ressemblait à une remontée, presque à une renaissance, sous la houlette d’un Diego Simeone qui voyait son propre fils prendre de l’épaisseur dans ces matches à haute tension.
La réalité, ce soir-là, tient dans un but de Saka et deux décisions arbitrales qui resteront coincées dans les têtes madrilènes. L’histoire de la Champions League ne s’écrit pas avec des « si », encore moins avec des captures d’écran sur un réseau social.
Mais une question demeure : dans une saison où l’Atlético cherche à se réinventer sans perdre son âme, combien de fois pourra-t-il encore encaisser ce type de soirée sans exploser ?



