Mikel Arteta : un nouveau contrat à Arsenal en vue
À Arsenal, les débats sur le mercato ont animé tout l’été. Mais sur un point, personne ne discute au Emirates Stadium : la prochaine « recrue » la plus importante ne portera pas de crampons. Elle s’assiéra sur le banc.
Le marché des transferts refermé jusqu’en janvier, les dirigeants londoniens ont basculé sur un autre dossier, jugé prioritaire : finaliser le nouveau contrat de Mikel Arteta, au terme de longues négociations.
Les discussions se sont nettement accélérées ces dernières semaines. Des sources proches du dossier décrivent un climat de confiance totale : tout le monde s’attend à voir l’Espagnol prolonger.
Arteta lui-même a balayé les doutes le mois dernier. Sans détour. « Tout le monde est à l’aise avec le timing du contrat, ce ne sera pas un problème, parce que ma volonté est clairement d’être ici et je suis très heureux ici. Le ressenti du club est le même. C’est pour ça que tout se fait de manière très naturelle. »
Même son de cloche chez le directeur général Richard Garlick, qui a parlé d’une simple « question de temps » avant l’officialisation d’un nouveau bail de longue durée.
Un contrat à la hauteur de son statut
Une fois sa signature apposée, Arteta devrait rejoindre le cercle très fermé des entraîneurs les mieux payés de la planète. Arsenal s’est engagé à revaloriser fortement son salaire actuel, estimé à 10 millions de livres par saison, assortis de 5 millions supplémentaires en cas de qualification pour la Champions League.
Pour les supporters, l’annonce ne peut pas arriver assez vite. Le compte à rebours est lancé : il ne reste que neuf mois sur son contrat actuel.
Depuis son arrivée en décembre 2019, l’ancien milieu a renversé le destin du club. Arsenal avait perdu sa place en Champions League, glissait doucement loin du sommet. Sous sa direction, il est redevenu champion d’Angleterre, mettant fin à 22 ans de disette en Premier League.
Aujourd’hui, les Gunners abordent la saison en tenants du titre, considérés comme les grands favoris pour conserver leur couronne nationale. Beaucoup les voient aussi capables d’aller chercher, enfin, une première Champions League.
Avec les trophées vient l’influence. Comme Arsène Wenger avant lui, Arteta est devenu la figure centrale du club, du moins sur tout ce qui touche au terrain.
Dans la plupart des clubs, on aime répéter que l’entraîneur doit être l’autorité suprême. Dans la réalité moderne, c’est rarement le cas. À Arsenal, si. L’empreinte d’Arteta est partout, surtout dans le vestiaire. Rien ne se décide pour l’équipe première sans son feu vert.
Quand le club a tenté d’attirer Julian Alvarez et Vinicius Jr le mois dernier, c’est lui qui a mené l’offensive, en première ligne pour convaincre ces stars potentielles.
On comprend dès lors pourquoi, pour la propriété américaine, imaginer Arsenal sans Arteta relève presque de l’impensable.
L’appel de l’Espagne… un jour
Un jour, la sélection espagnole ou un géant de Liga sonnera à sa porte. Un retour au pays pourrait le séduire. Mais l’entraîneur sait aussi qu’il n’aurait probablement pas la même marge de manœuvre à Real Madrid ou Barcelona, des institutions minées par les jeux d’influence internes, que celle dont il jouit actuellement à Londres.
Pour l’instant, l’attraction, pour lui, reste Arsenal.
Son vestiaire en est la preuve vivante. Sous sa conduite, le groupe a mûri, s’est aguerri. L’âge moyen de l’effectif – 26,2 ans – en fait l’un des plus âgés de Premier League. Une équipe en plein pic de performance, construite pour marquer une époque plutôt que pour simplement la traverser.
Au-delà du salaire, c’est cette ambition sportive qui a pesé dans les discussions. Arsenal s’aligne sur la vision de son entraîneur.
Les arrivées estivales de Bruno Guimarães et Ezri Konsa illustrent cette volonté. Deux joueurs qui fêteront leurs 30 ans l’an prochain, recrutés pour le présent autant que pour l’expérience qu’ils apportent. Les tentatives, même avortées, pour attirer Vinicius Jr et Alvarez ont envoyé un autre message clair à Arteta : les propriétaires sont prêts à investir lourdement sur du talent de tout premier plan.
C’est ce niveau d’ambition que l’Espagnol avait réclamé en toile de fond des négociations. Il l’a obtenu.
Vers la décennie Arteta
Avec six ans déjà passés sur le banc du Emirates, Arteta est devenu, de loin, l’entraîneur en poste depuis le plus longtemps à la tête d’un club de Premier League et de l’EFL. Son prochain contrat le rapprochera de la barre symbolique des dix ans dans le nord de Londres.
Rien, dans son attitude, ne laisse penser qu’il compte lever le pied. Pas de confort, pas de routine. Juste un club redevenu géant, un vestiaire à maturité, des propriétaires qui suivent sa ligne… et un entraîneur qui s’apprête à lier un peu plus son destin à celui d’Arsenal.
La question n’est plus de savoir s’il va signer. Elle est de mesurer jusqu’où ce mariage peut encore les emmener.



