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Mauricio Pochettino et son avenir avec les États-Unis

Mauricio Pochettino a toujours été du genre à mettre tout le monde à l’aise. Poignée de main chaleureuse, accolades, éclats de rire en échangeant des anecdotes de vacances. Sauf que son été à lui n’a rien eu d’un break. Il a porté la sélection des États-Unis jusqu’en huitièmes de finale de la Coupe du monde à domicile, avant une élimination brutale face à la Belgique. Une ligne de plus sur le CV, certes. Mais l’histoire est bien plus dense que ça.

Un Mondial fou, Trump, FIFA et Balogun

Pour Pochettino, ce tournoi a été une immersion totale. La pression d’un Mondial à domicile, un président qui adore la lumière – Donald Trump – et des projecteurs braqués autant sur la politique que sur le terrain. Il choisit ses mots avec soin, mais insiste sur un point : Trump a soutenu l’équipe, l’a couverte de son appui.

Au milieu de ce tumulte, un dossier a tout parasité : la suspension… de la suspension de Folarin Balogun. Pochettino reconnaît que les « politiques et manipulations » ont éclipsé le match contre la Belgique. La colère autour de l’affaire, il l’a comprise. Son rôle à lui, pourtant, est resté clair : ne pas se laisser avaler par le bruit. « Si tu prêtes attention au bruit, tu deviens fou », rappelle-t-il.

Quand la lettre de la FIFA tombe, la veille du match, confirmant que Balogun est autorisé à jouer, il n’y a plus débat. La décision est « simple ». Il joue.

Un sélectionneur transformé et obsédé par le détail

De cette Coupe du monde, Pochettino retient surtout ce qu’elle lui a appris, à lui et à son staff, mené comme toujours par Jesus Perez. « Nous sommes de bien meilleurs entraîneurs maintenant », assure-t-il. L’expérience a ravivé son appétit de progression, cette obsession de l’infime détail qui fait basculer un match.

Il parle de la difficulté de prendre la bonne décision à chaque instant, de la complexité de faire passer ses idées à un groupe qui vit ensemble par séquences, loin du quotidien d’un club. « Tout doit être parfait », lâche-t-il. C’est son exigence, presque une ligne de conduite.

Il y a eu des moments où tout a semblé déraper. Un Mondial, chez soi, avec un président omniprésent, une affaire Balogun qui enflamme les débats, et malgré tout l’obligation de garder l’équipe focalisée sur le terrain. Pochettino a tenu la ligne.

Balogun, Monaco… et la Premier League manquée

Folarin Balogun s’est retrouvé à nouveau au cœur de l’actualité ces dernières semaines. Son transfert avorté de Monaco à Everton, stoppé net en toute fin de mercato, a laissé des traces. Pochettino ne l’a pas encore appelé. Volontairement. Il sait que le moment a dû être difficile à vivre pour l’attaquant et préfère lui laisser de l’air.

Il ne cache pas qu’il aurait aimé le voir en Premier League. Balogun reste finalement à Monaco, et le sélectionneur espère simplement le voir retrouver un bon équilibre, mentalement et sportivement.

Icône de touche malgré lui

Dans ce tourbillon, Pochettino est même devenu, presque malgré lui, une figure de style. Son ensemble marine sur le bord du terrain a fait le tour des réseaux, au point d’inspirer… Wayne Rooney. « Je l’ai vu. Ça lui allait bien, comme un top coach », plaisante-t-il.

La scène résume bien son été : du football, de la politique, des polémiques, de la mode. Un mélange improbable, mais réel.

Quatre ans de plus avec les États-Unis

Alors que la planète foot tournait déjà la page du Mondial, les rumeurs ont rapidement enflé autour de son avenir. Plusieurs clubs cherchaient un entraîneur, son nom circulait partout. L’épisode a été bref. Pochettino a prolongé avec la sélection des États-Unis pour quatre ans supplémentaires.

Le voilà donc engagé jusqu’en 2030. Six ans loin du football de clubs, si le contrat va à son terme. Une éternité à l’échelle de la Premier League. Sa page anglaise est-elle tournée ? Il coupe court.

« J’ai l’ambition », affirme-t-il. Son rêve immédiat, c’est de rester quatre ans avec les États-Unis. Mais après ? « Pourquoi pas ? Nous sommes encore jeunes, et revenir a toujours été mon objectif : gagner la Premier League, être en Premier League et construire un projet avec la possibilité de gagner. »

Il ne s’en cache pas : il aime le football anglais. Il veut une nouvelle chance. Il espère qu’elle viendra.

Tottenham, le retour qui n’a pas eu lieu

L’idée d’un retour à Tottenham flotte toujours autour de lui. Il y a un an et demi, il confiait déjà son envie de revenir un jour aux Spurs, comme une histoire inachevée. Depuis, le club a traversé une période agitée : Ange Postecoglou est parti, Thomas Frank puis Igor Tudor sont venus et repartis, le club flirtant dangereusement avec la relégation.

Alors, l’appel au secours a-t-il sonné ? Pochettino sourit. Sur un retour, il répète : « J’ai toujours dit, un jour, pourquoi pas ? »

Mais cette fois, a-t-il été vraiment proche ? « Les gens parlent et peut-être que nous avons reçu quelques approches, mais ce n’était jamais proche. » Pas pour ce tour-ci.

AC Milan, autres pistes et portes fermées

Son nom a aussi circulé du côté de l’AC Milan. Là encore, rien n’a abouti. Il explique pourquoi : pendant la Coupe du monde, il n’était « pas ouvert » à des discussions avec des clubs, malgré l’intérêt. Des clubs intéressés ? « Oui, toujours », répond-il, comme si c’était presque banal. « Il y a toujours différentes options », glisse-t-il, sans en dire plus.

A-t-il été tenté par l’une d’elles ? Il coupe court : « Nous n’avons jamais donné l’opportunité que ce soit proche. Nous avons toujours fermé la porte avant que ça n’aille trop loin. » Sa priorité était claire : le Mondial, puis les États-Unis.

Tottenham, gros investissements et stratégie nouvelle

Regard vers le nord de Londres. Que pense-t-il du Tottenham actuel ? Il lâche un sourire : « Ce n’est jamais ennuyeux à Spurs. » Il constate que le club « investit comme les autres », avec une stratégie assumée : dépenser gros sur des joueurs qui connaissent déjà la Premier League.

Lui se souvient de ses années à se battre pour le titre en Angleterre et en Europe avec des moyens bien plus limités. On lui évoque les 300 millions de livres dépensés récemment. Il s’amuse, fait mine de ne pas comprendre ce que représente une telle somme.

Cette nouvelle approche peut-elle marcher ? « On ne sait jamais », répond-il. Il rappelle qu’il faut du temps pour juger une stratégie, comme une décision de coach peut s’avérer brillante ou se retourner contre vous. « C’est une stratégie différente, une autre manière d’opérer. Je souhaite toujours le meilleur à Tottenham, parce que le club est dans mon cœur. »

Chelsea, Xabi Alonso et un projet remodelé

Autre ancien club, autre virage : Chelsea. Le poste qu’il occupait il y a deux ans a été rebaptisé « manager », et la politique de transferts a changé. Le club ne mise plus sur des projets à long terme, mais sur des joueurs déjà prêts pour la Premier League, sous la houlette de Xabi Alonso.

Pochettino refuse de tomber dans la comparaison frontale entre son mandat et l’actuel. Il note tout de même une constante : l’ambition. Et il le dit clairement : en achetant ce type de joueurs, Chelsea doit s’attendre à lutter pour le titre, à être un prétendant à la Premier League.

La défaite face à Arsenal a rappelé que le chemin sera long. Mais il appelle au calme. « Bien sûr, ils sont déçus après la défaite contre Arsenal, mais il faut donner du temps à Xabi pour sa première saison après trois matchs en Premier League », insiste-t-il. Même discours pour Tottenham : patience.

Arsenal, Arteta et le nouveau patron de la ligue

Dans ce paysage anglais en mouvement, Pochettino place Arsenal tout en haut. Pour lui, les Gunners sont en pole. « Mikel [Arteta] est le meilleur coach de la Premier League aujourd’hui », tranche-t-il. Il sait ce qu’il doit faire, et Pochettino prévient : il sera très difficile de les battre.

L’Argentin se projette, observe, analyse. Il s’est engagé jusqu’en 2030 avec les États-Unis, se dit transformé par l’expérience du Mondial, plus affûté que jamais. Il rêve déjà d’un retour en Angleterre, d’un banc en Premier League, d’un projet bâti pour gagner.

Reste une question, simple, brutale : quand la prochaine grande porte s’ouvrira, la laissera-t-il encore passer, ou la franchira-t-il enfin ?