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Brésil : Ancelotti restructure la Seleção pour 2030

Carlo Ancelotti n’a pas digéré. L’élimination du Brésil en huitièmes de finale de la dernière Coupe du monde, face à la Norvège, a laissé une trace profonde. Sa réponse est radicale : une reconstruction totale de la Seleção, pensée dès maintenant pour les Jeux olympiques 2028 et la Coupe du monde 2030.

Et cela commence par une liste qui bouscule tout.

Alisson, Casemiro, Fabinho, Neymar : des absents lourds de sens

Le message est clair dès la lecture des noms manquants. Pas d’Alisson. Le gardien de Liverpool, référence du poste depuis des années, est écarté. Casemiro et Fabinho, piliers du milieu brésilien pendant une décennie, ne sont pas là non plus. Neymar, lui, a tourné la page avec sa récente retraite internationale.

Ancelotti ne se cache pas derrière des formules creuses. Il applique la promesse faite après la débâcle mondiale : rajeunir en profondeur, sans demi-mesure, en ciblant des joueurs qui pourront encore être éligibles pour les Jeux de 2028. L’idée est simple : bâtir un noyau jeune, capable d’arriver à maturité au moment du Mondial 2030.

Le sélectionneur italien a reconnu la blessure encore vive : la Coupe du monde n’est pas une défaite comme les autres. « La Coupe du monde a été une déception pour nous et pour moi personnellement. La douleur de la défaite dure beaucoup plus longtemps », a-t-il confié, cité par ESPN. Mais cette douleur devient carburant : « Nous sommes motivés par le fait que nous avons du temps pour préparer un nouveau cycle et nous préparer aux prochaines compétitions. »

Un nouveau casting dans les buts, assumé et expliqué

Le cas Alisson illustre parfaitement ce virage. Ancelotti n’a pas cherché à esquiver la question. Il assume un changement complet dans les cages, avec un trio Hugo Souza – Pedro Morisco – Otavio.

Le technicien rappelle qu’il ne ferme pas la porte à son gardien vedette : il le connaît par cœur, sait ce qu’il représente. Si, à l’approche de la Copa America ou d’un autre grand tournoi, Alisson reste le meilleur gardien brésilien, il jouera. Mais pour l’instant, la priorité est ailleurs : donner du temps, des minutes, des responsabilités à la nouvelle génération.

Le présent se met volontairement en retrait pour laisser respirer l’avenir.

Une jeunesse encadrée par quelques tauliers

Malgré ce grand ménage, Ancelotti ne tombe pas dans l’utopie d’une équipe uniquement composée de gamins. Il garde quelques cadres soigneusement choisis, chargés de guider le groupe dans ce changement de cap.

En attaque, Vinicius Junior portera une grande partie de la lumière. Le joueur du Real Madrid sera accompagné de Raphinha, l’ailier du FC Barcelona, et de Joao Pedro, l’attaquant de Chelsea, de retour après avoir manqué la Coupe du monde. Des noms déjà installés au très haut niveau, entourés de talents en pleine ascension comme Endrick, Estevao ou Rayan.

Derrière, Marquinhos reste le capitaine de fait, repère incontournable d’un vestiaire largement renouvelé. Au milieu, Bruno Guimaraes, nouvelle recrue d’Arsenal, incarne ce lien entre présent et futur, technique et leadership.

« J’ai choisi ces joueurs pour aider à ce changement de direction », explique Ancelotti. « Ils sont cruciaux pour l’avenir et aideront les plus jeunes à progresser. Une chose est sûre : un joueur de 34 ou 35 ans n’est pas l’avenir ; il est le présent. Si un joueur de cet âge est prêt à disputer un grand tournoi, il sera dans la sélection. » La porte n’est donc pas fermée aux trentenaires, mais elle ne s’ouvrira que sur performance, pas sur réputation.

Une tournée fondatrice : Australie, puis une première historique en Inde

Ce Brésil nouvelle version va rapidement entrer en scène. Direction d’abord l’Australie pour un double rendez-vous amical. La Seleção affrontera les Socceroos à Townsville le 25 septembre, avant un second match à Brisbane quatre jours plus tard. Deux tests pour jauger le niveau, mais surtout pour installer des automatismes dans un groupe qui découvre ses nouveaux rôles.

Puis viendra un moment symbolique : un voyage à Kolkata, le 3 octobre. Ce sera le tout premier match de l’histoire du Brésil en Inde. Un pays où la Seleção compte des millions de supporters passionnés, souvent héritiers d’une culture footballistique façonnée par l’admiration pour le maillot jaune. L’affiche ne sera peut-être qu’un amical sur le papier, mais l’image est forte : une équipe en reconstruction qui se présente au monde dans un territoire inédit.

La liste complète : un laboratoire tourné vers 2028 et 2030

La sélection dévoilée par Ancelotti confirme l’ampleur du virage.

  • Gardiens : Hugo Souza, Pedro Morisco, Otavio
  • Défenseurs : Arthur Dias, Wesley, Marquinhos, Gabriel Magalhaes, Douglas Santos, Jair, Matheuzinho, Maurio Junior, Vitor Reis
  • Milieux : Bruno Guimaraes, Andrey Santos, Danilo Santos, Douglas Luiz, Breno Bidon, Gabriel Bontempo
  • Attaquants : Endrick, Joao Pedro, Estevao, Pedro, Raphinha, Rayan, Samuel Lino, Vinicius Junior

Des noms pour certains encore discrets à l’échelle mondiale, mais déjà ciblés pour leur potentiel à s’inscrire dans la durée. Une ossature qui pourrait, dans quatre à six ans, constituer le cœur de la Seleção dans les grandes compétitions.

Ancelotti a transformé la désillusion en point de départ. Reste une question brûlante : ce pari massif sur la jeunesse offrira-t-il au Brésil la renaissance qu’il attend depuis trop longtemps sur la scène mondiale ?