RDC Sport

Mastantuono rejoint la Fiorentina : un prêt stratégique sans option d'achat

Mastantuono choisit la Fiorentina pour grandir : un prêt sans filet, mais avec une idée claire

À 19 ans, beaucoup se laissent séduire par les lumières. Franco Mastantuono, lui, dit avoir choisi un projet. Un vrai. Le milieu offensif argentin, considéré comme l’un des talents les plus prometteurs de sa génération, a officiellement rejoint la Fiorentina en prêt en provenance du Real Madrid pour une saison. Sans option ni obligation d’achat.

Autrement dit : Madrid garde la main sur son avenir, Florence reçoit un joyau à polir.

Un projet qui fait la différence

Devant la presse, au Stadio Artemio Franchi, Mastantuono n’a pas tourné autour du pot.

« Je suis très heureux d’être à la Fiorentina, qui m’a présenté un projet vraiment intéressant. Le bon choix pour ma carrière, et je suis content de l’avoir fait », a-t-il lancé, déjà sûr de son discours comme de son choix.

La bataille pour l’attirer a été rude. Benfica était là, d’autres clubs européens aussi, tous convaincus de pouvoir offrir une rampe de lancement au jeune Argentin. Le Real Madrid, de son côté, a longtemps envisagé de le renvoyer à River Plate, son club formateur, pour lui garantir du temps de jeu dans un environnement connu.

Mais la décision a basculé vers l’Europe. Et vers l’Italie.

« J’ai eu une conversation très cordiale avec le Real et j’ai décidé de quitter Madrid. Ensuite, j’ai eu beaucoup d’offres mais le projet de la Fiorentina m’a marqué plus que les autres, et j’ai pris ma décision une semaine avant l’annonce », a expliqué Mastantuono. Avant d’ajouter une phrase qui résonne déjà comme un engagement : « J’adorerais écrire mon nom dans l’histoire de ce club. »

Madrid temporise, Florence accélère

Son arrivée à Florence intervient après une première saison compliquée en Espagne. Le talent est là, la place un peu moins. Malgré les 45 millions d’euros déboursés par le Real pour l’arracher à River Plate, Mastantuono est resté coincé derrière Brahim Diaz et Arda Güler dans la hiérarchie. Des bouts de matches, quelques éclairs, mais jamais une vraie continuité.

Le Real ne veut pas brûler les étapes, mais ne peut plus se permettre de le laisser stagner. Le club merengue estime qu’une saison en tant que titulaire régulier à la Fiorentina pèsera davantage dans sa progression qu’un rôle de simple rotation au Bernabéu.

Un autre élément a pesé lourd : l’Argentine. Non retenu pour la Coupe du monde cet été avec l’Albiceleste, Mastantuono a vu sa situation internationale lui rappeler une évidence crue : sans enchaîner les matches, difficile de garder sa place dans le paysage d’une sélection aussi compétitive.

Le plus jeune international argentin de l’histoire

Si la Fiorentina a insisté, c’est aussi parce que le CV du garçon, à son âge, parle déjà très fort. Mastantuono détient le record du plus jeune joueur à avoir porté le maillot de l’équipe nationale A de l’Argentine, lancé par Lionel Scaloni à seulement 17 ans et 296 jours.

Le club italien a officialisé son arrivée par un communiqué, en rappelant qu’il compte déjà quatre sélections avec l’Albiceleste. Quatre apparitions, un symbole : on ne donne pas ces minutes-là à n’importe qui.

À Madrid, malgré un temps de jeu réduit, il a tout de même inscrit trois buts lors de sa saison de découverte, avec au passage une première expérience en Champions League. Pour un simple prêt, la Fiorentina récupère un joueur qui a déjà goûté au très haut niveau, dans un vestiaire où la pression est permanente et la concurrence féroce.

Florence, laboratoire de son futur

À présent, tout se joue sur la pelouse du Franchi. La Serie A, avec ses exigences tactiques, ses blocs serrés, ses espaces rares, sera un test brutal mais formateur. Mastantuono arrive avec une étiquette : celle d’un prodige madrilène en mission.

La Fiorentina, elle, voit débarquer un meneur capable d’accélérer le jeu, de casser des lignes, de faire lever un stade sur un geste. Les supporters violets ont des raisons d’être impatients : ce genre de prêt, avec un joueur déjà international, déjà passé par le Real Madrid et par la Champions League, reste rare.

Reste une question, simple et tranchante : ce talent précoce saura-t-il transformer la promesse en régularité, semaine après semaine, dans le championnat italien ?

La saison qui s’ouvre à Florence donnera une première réponse. Et peut-être, déjà, un tournant dans la carrière d’un joueur que Madrid n’a surtout pas voulu lâcher.