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Premier League : Newcastle v Liverpool et autres affiches à suivre

Avec presque la moitié de la Premier League sous de nouveaux ordres, ce premier week-end ressemble moins à une reprise qu’à un saut dans le vide. On ne sait plus où donner de la tête. Angleterre, Espagne, deuxième division… il va falloir bloquer le week-end et laisser le foot dicter l’agenda.

Match à suivre – Newcastle v Liverpool

Parmi les affiches qui lancent cette saison, Newcastle v Liverpool a quelque chose de cruel pour les Magpies. Le calendrier n’a pas eu pitié d’un club déjà fragilisé, privé de plusieurs cadres et orphelin de son entraîneur le plus populaire depuis Sir Bobby Robson.

Le décor est brutal : Newcastle n’a plus battu Liverpool à St James’ Park lors de ses neuf dernières réceptions. Et en Premier League, domicile ou extérieur confondus, les Reds restent sur une série de 19 matchs sans défaite face aux Geordies. C’est dans ce contexte que Matthias Jaissle découvre le banc de Newcastle. Baptême du feu, version intégrale.

La tentation sera grande de juger Jaissle dès ce premier choc. Pourtant, la pression la plus lourde ne pèse pas sur lui. Elle est de l’autre côté. Andoni Iraola arrive à Liverpool avec bien moins de marge d’erreur. Les deux clubs parlent de “transition”, mais les circonstances offrent beaucoup plus de tolérance à Newcastle qu’aux Reds.

Les soucis de Liverpool ne sont pas nés avec Iraola, mais ce sera à lui de les résoudre. L’effectif n’a pas été comblé au rythme espéré, des manques subsistent dans plusieurs zones, et même si le marché s’emballe dans les derniers jours, cette ouverture laisse une brèche à exploiter pour Newcastle. Si Jaissle cherchait une opportunité pour frapper vite, la voilà.

Équipe à surveiller – Tottenham

Tottenham arrive avec un visage presque neuf, mais un vieux dilemme : comment marquer suffisamment de buts pour suivre le rythme des ambitions affichées ? Les Spurs entament leur saison samedi soir, avec une défense retouchée, un milieu remanié… et une attaque qui ressemble encore furieusement à celle de la saison passée.

Le déplacement à Brentford tombe bien pour prendre la température. Tottenham n’y a pas perdu lors de ses cinq dernières visites, un petit confort statistique qui ne masquera pas les attentes. Autour de ce derby londonien, les dirigeants vont passer leur week-end à négocier un double deal avec Manchester City, tout en espérant que Liverpool boucle enfin ses propres dossiers pour libérer la voie à Cody Gakpo.

Sur le terrain, les projecteurs se braqueront surtout sur Sandro Tonali et Mateus Fernandes, symboles de ce Tottenham version révisée. En face, Brentford compte sur son recordman du mercato, Mamadou Sangare, déterminé à prouver que les Bees ont flairé le bon coup face à un duo estimé à 185 millions de livres.

Même si Tonali et Fernandes parviennent à dicter le tempo, le vrai juge de paix sera la capacité de Tottenham à convertir cette maîtrise en buts, en attendant l’arrivée de nouveaux attaquants. Sans tranchant devant, le “nouveau projet” peut vite sonner creux.

Joueur à surveiller – Enzo Fernandez

Les débuts, on les guettera partout. Mais il y a aussi ceux qui jouent peut-être leurs derniers matchs sous leurs couleurs actuelles. En haut de cette liste, Enzo Fernandez.

Le vice-capitaine de Chelsea attire Manchester City, et le milieu argentin ne cache pas son envie de suivre Enzo Maresca à l’Etihad. Cette transparence n’a pas laissé Stamford Bridge indifférent. Lors du dernier match de préparation, une partie des supporters a mal accueilli sa présence, souvenir encore frais de ses regards appuyés vers les tribunes à l’AmEx la saison passée, quand son départ cet été semblait presque écrit.

Pour l’instant, City et Chelsea restent éloignés dans leurs exigences financières. Le club de Manchester a ignoré la date limite fixée par les Blues la semaine passée. Résultat : Fernandez se retrouve au cœur d’un bras de fer qui va se lire sur le terrain autant que dans les bureaux.

Que sera-t-il prêt à faire pour forcer un départ ? Jusqu’où ira-t-il dans son implication ? Son attitude et son rendement à Fulham, lundi soir, diront beaucoup de choses. On le devine capable d’en faire trop : soit en surjouant sa loyauté actuelle, soit en laissant transparaître, presque ostensiblement, son désir de rejoindre City. Dans un sens comme dans l’autre, impossible de le regarder sans chercher des indices.

Entraîneur à surveiller – Enzo Maresca

La semaine d’Enzo Maresca à Manchester City ressemble à un avertissement précoce. Elle a commencé par une leçon infligée par Arsenal lors du Community Shield, et s’est poursuivie par la sortie d’un documentaire au vitriol sur Pep Guardiola, rappel constant de l’ombre immense qu’il laisse derrière lui.

Maresca savait qu’il serait comparé à “Pep light”. Les sceptiques, eux, ont trouvé des munitions à Cardiff. Arsenal n’a même pas eu besoin d’un match de gala pour corriger un champion qui a donné l’impression d’aligner des inconnus, malgré un seul vrai nouveau visage : un milieu à 115 millions de livres.

Dans tous les compartiments, City a paru loin du niveau requis pour une première saison post-Pep. Automatismes cassés, intensité inégale, identité encore floue. Reste une question simple et brutale : combien Maresca peut-il réparer en une semaine ?

La réponse ne se lira pas dans les discours, mais dans les choix. Composition, animation, gestion des cadres… chaque détail sera scruté par un public qui a connu l’excellence comme norme. Pour l’Italien, le temps de grâce pourrait être très court.

Affiche européenne – Espanyol v Real Madrid

Quatre des cinq grands championnats démarrent ce week-end. En Serie A, Inter v Monza mérite un coup d’œil, avec des défenseurs anglais attendus pour leurs débuts. Mais le centre de gravité se déplace, comme souvent, vers l’Espagne.

Tous les regards se tourneront vers Jose Mourinho, de retour sur le banc du Real Madrid pour un deuxième mandat qui, étrangement, commence dans un quasi-silence. Lui qui adore la scène a, pour l’instant, choisi l’ombre. Pas de grande conférence, pas de mise en scène XXL, très peu de présence médiatique après les amicaux.

Le Real a même renoncé à ses présentations spectaculaires pour ses recrues, dont Yan Diomande, acheté 115 millions de livres. Message clair : priorité au terrain, pas au vacarme. Un virage surprenant pour un duo Mourinho–Florentino Perez rarement avare de grandiloquence.

Du coup, ce déplacement à l’Espanyol devient la première vraie fenêtre sur le chantier madrilène. Comment Mourinho compte-t-il relancer un club qui se définit par la victoire ? Quelle trace a-t-il déjà imprimée dans le vestiaire ? La réponse commencera à se dessiner à Barcelone, loin des slogans, au ras du gazon.

Affiche EFL – West Ham v Charlton

En Championship, Lincoln v Portsmouth ouvrira le bal des affiches télévisées samedi midi, mais c’est un peu plus tard, à Londres, que le climat promet d’être le plus électrique. West Ham retrouve le London Stadium avec l’étiquette de favori pour remonter en Premier League. Un statut flatteur, mais lourd.

La vraie pression ne vient pas des bookmakers. Elle vient des tribunes. Si l’équipe parvient à embarquer le London Stadium avec elle, cette saison peut devenir une parenthèse joyeuse, un passage express par l’étage inférieur. Si le public se retourne, la descente risque de se transformer en cauchemar prolongé.

Le scénario de la première journée n’aide pas : deux buts d’avance gaspillés à Burnley, et déjà des doutes. West Ham doit aussi composer avec ce nouveau rôle de “grosse proie” du Championship. Chaque déplacement d’un adversaire aura des airs de finale, chaque équipe voudra faire tomber “le relégué de Premier League”.

Charlton arrive de l’autre bout de la ville, six petits miles, mais avec l’envie de remplir le parcage et de faire du London Stadium un terrain neutre, voire hostile aux locaux. Les visiteurs savoureront l’occasion, les joueurs autant que les supporters.

West Ham n’a pas le droit de laisser son stade redevenir un poids. Ce premier match à domicile n’est pas seulement une étape de plus dans une longue saison. C’est un test de caractère. Et peut-être le ton de toute leur campagne se joue déjà là.