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Pronostics de la saison : humains contre IA

Les machines mènent 1-0 face aux humains. Du moins sur le terrain des pronostics.

La saison dernière, le chatbot de Microsoft, Copilot, a débarqué dans le jeu des prédictions de la BBC et a fini directement en tête du classement. Une gifle pour Chris Sutton, ses invités… et tous les lecteurs de la BBC qui jouent chaque semaine à deviner les scores.

Sutton n’a toujours pas digéré.

« C’est une défaite lors de la dernière journée pour moi, c’est dire à quel point je suis passé près du titre », rappelle-t-il. « Mais je lis partout que les modèles d’IA deviennent fous et se mettent à s’attaquer entre eux. Est-ce que j’ai été piraté, moi aussi ? Ça ressemble à de la triche – et dans ce cas, la saison dernière devrait être comptée comme une victoire pour moi. »

Cette fois, il veut sa revanche. Les lecteurs aussi. Et Liam Fray, fan de Manchester United, est venu prêter main-forte au clan humain.

Arsenal – Coventry : les champions posent le décor

Emirates Stadium, 20h00 (BST)

Arsenal est l’équipe à abattre. L’effectif est dense, puissant, huilé. Et la manière dont les Gunners ont balayé Manchester City lors du Community Shield a marqué les esprits. Sutton refuse d’en faire un trophée majeur, mais le signal est clair : l’équipe de Mikel Arteta est déjà à plein régime.

Pour Coventry, c’est un retour en Premier League qui ressemble à un choc frontal avec un mur de béton armé. Frank Lampard hérite d’un déplacement infernal pour ouvrir la saison.

Sutton ne voit aucune échappatoire : victoire 3-0 d’Arsenal.

Liam Fray partage le constat, avec un brin de nostalgie. Il se souvient de son album Merlin complété enfant, avec Roy Wegerle et Steve Ogrizovic sous le maillot de Coventry. Il pense que les Sky Blues feront une bonne saison, qu’ils ne se feront pas balayer tous les week-ends… mais qu’ils devront encaisser le choc ici. Son pronostic : 3-0.

L’IA ? Sans état d’âme. 3-0 aussi.

Hull – Manchester United : Carrick sous pression dès le départ

MKM Stadium, 12h30

Hull revient avec un plan très clair : être « horribles à jouer », comme l’a expliqué l’entraîneur adjoint Dean Holden dans l’émission Monday Night Club. Jeu direct assumé, agressivité, intensité. À domicile, face à Manchester United, un résultat pourrait lancer leur saison.

Mais Sutton se méfie des chiffres de l’an passé : un tiers de défaites en Championship. L’ascension menée par Sergej Jakirovic, de la 21e place jusqu’aux play-offs puis la montée, relève du conte. Se maintenir en Premier League sera une autre histoire.

En face, Manchester United n’a pas bouleversé son effectif. Youri Tielemans arrive comme renfort solide, dans la lignée des recrutements « sûrs » de Matheus Cunha ou Bryan Mbeumo l’an dernier. Michael Carrick a déjà surperformé en accrochant la Ligue des champions avec une troisième place. Les attentes montent, mais Sutton le rappelle : « Ils sont très loin d’Arsenal pour le moment. »

Avec l’Europe en plus du championnat, l’effectif risque d’être étiré. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne place pas United dans son top 4. Il voit tout de même les Red Devils démarrer par une victoire : 2-1.

Liam, lui, est optimiste. Fan de United, il sent l’équipe prête à surfer sur la dynamique de la fin de saison dernière. Il avait pensé à un 2-0, mais trouve ça « trop conservateur ». Il pousse : 3-0 pour United.

L’IA reste proche, mais laisse un but à Hull : 3-1 pour Manchester United.

Sur Marcus Rashford, Liam ne cache pas son attachement. Il le voit comme « l’un des leurs », rêve de le revoir au niveau qui était le sien. Il croit que si quelqu’un peut le relancer, c’est Carrick, qui saura trouver les bons leviers. Mais il admet ne pas savoir si ce retour au sommet se produira vraiment.

Ipswich – Sunderland : l’intensité de Maeda contre l’expérience européenne

Portman Road, 15h00

Gary O’Neil, ancien joueur de Norwich, débarque sur le banc d’Ipswich. Sutton s’en amuse : sabotage en vue chez le rival historique ? La blague passée, il lui souhaite sincèrement de réussir son maintien, pour tout l’Est-Anglie.

Les recrues donnent le ton, notamment Daizen Maeda, arrivé de Celtic. Sutton le connaît bien : intensité folle, pressing monstrueux, vitesse de pointe pour attaquer la profondeur. « Il sera le meilleur joueur de pressing de la Premier League, sans aucun doute », estime-t-il.

Le modèle, pour Ipswich, se trouve tout près : Sunderland et Leeds, qui ont su recruter intelligemment après leur montée. Le défi, maintenant, consiste à faire rapidement cohabiter toutes ces nouvelles pièces.

En face, Sunderland sort d’une saison énorme, conclue par une qualification européenne. Sutton s’interroge sur leur capacité à encaisser ce surplus de matches, mais ne doute pas de leur niveau. Il rappelle cette rencontre où ils avaient littéralement « marché sur » Arsenal. Ils ne surprendront plus personne, mais avec Granit Xhaka au milieu et le duo Wilson Isidor – Brian Brobbey devant, ils ont de quoi faire mal.

Sutton voit Sunderland s’imposer 1-0.

Liam anticipe, lui, un match ouvert, porté par l’enthousiasme du retour d’Ipswich en Premier League : 2-2.

L’IA tranche en faveur des promus : 2-1 pour Ipswich.

Nottingham Forest – Leeds : Glasner sous la loupe

City Ground, 15h00

La saison passée de Nottingham Forest a ressemblé à un tour de montagnes russes : quatre entraîneurs, des styles opposés, des décisions à chaud… mais un maintien et une demi-finale de Ligue Europa à la clé.

Place désormais à Oliver Glasner. Bonne nouvelle pour Forest : Chris Wood est de retour de blessure. Son expérience et ses buts pèseront lourd. Elliot Anderson manque au milieu, mais conserver Morgan Gibbs-White et Callum Hudson-Odoi représente un énorme soulagement.

En face, Leeds arrive avec Daniel Farke conforté par un maintien qui a fait taire beaucoup de sceptiques. Les attentes montent. Harry Wilson, brillant avec Fulham, renforce le secteur offensif, tandis que James Trafford apparaît comme une excellente pioche dans les buts.

Sutton couvrira cette rencontre pour Radio 5 Live et avoue que c’est presque impossible à pronostiquer. Glasner aime le 3-4-3, comme on l’a vu à Crystal Palace, mais il a déjà prévenu qu’il s’adapterait à son effectif. Le premier XI de la saison intrigue. Et une question flotte déjà : sera-t-il toujours en poste en septembre ?

Sutton coupe la poire en deux : 1-1.

Liam, lui, pense que toutes les affiches de 15h00 ne peuvent pas finir sur un nul. Il donne un léger avantage à Forest : 2-1.

L’IA est d’accord : 2-1 pour Nottingham Forest.

Brentford – Tottenham : De Zerbi change de dimension

Gtech Community Stadium, 17h30

L’excitation autour de Tottenham est réelle. Et compréhensible.

Sandro Tonali arrive pour muscler le milieu, Marcos Senesi et Jan Paul van Hecke renforcent l’axe défensif, Micky van de Ven a prolongé. Roberto De Zerbi prend les commandes d’un groupe qui, sans Coupe d’Europe, peut clairement viser le top 6.

En face, Keith Andrews sort d’une première saison sensationnelle avec Brentford. Reste à savoir s’il restera fidèle à son plan « contre-attaque Keith ». L’idée est claire : laisser le ballon à Tottenham, rester parfaitement organisé, puis frapper en transition. Avec Igor Thiago, auteur d’un exercice précédent remarquable, et Kevin Schade, Brentford ne manque pas d’armes offensives.

Sutton voit un bras de fer équilibré : 1-1.

Liam pense que Tottenham va monter de plusieurs crans. Il rappelle les arrivées de Tonali, Mateus Fernandes et Andy Robertson, plus le retour en forme de James Maddison : quatre éléments majeurs qui n’étaient pas là la saison passée. Il mise sur un succès 2-1 des Spurs.

L’IA penche dans le même sens : 2-1 pour Tottenham.

Brighton – Aston Villa : l’Europe comme test de résistance

Amex Stadium, 14h00

Aston Villa va découvrir la Ligue des champions. Un rêve, mais aussi une épreuve. Sutton ne les voit pas revenir dans le top 4 cette saison.

Les pertes de Morgan Rogers et de Tielemans pèsent lourd. Johan Manzambi arrive avec un gros potentiel, mais on lui demande d’entrer immédiatement dans le costume de Rogers. Mission délicate. Le cas Alejandro Garnacho intrigue aussi : difficile de savoir si Unai Emery parviendra à en tirer la quintessence. S’il y a bien un entraîneur pour relever ce défi, c’est lui.

Dans les buts, la situation est presque théâtrale. Zion Suzuki débarque du Japon, survolté, pendant qu’Emiliano Martinez semblait en partance pour la Juventus avant que le transfert ne capote. Emery devra trancher : un seul gardien peut jouer, malgré les nombreuses réformes des lois du jeu cet été.

Brighton, de son côté, a perdu deux piliers : Danny Welbeck et Van Hecke, véritable colonne vertébrale. Mais Jack Hinshelwood s’annonce comme l’homme de la saison. Sutton l’a trouvé phénoménal l’an dernier et attend qu’il prenne encore plus de place.

Villa avait démarré au ralenti la saison passée, six matches avant une première victoire. Sutton pense qu’ils frapperont plus fort cette fois : succès 2-1 à l’Amex.

Liam, souvent dérouté par Villa, souligne l’énorme manque laissé par Rogers, désormais à Chelsea, mais donne tout de même l’avantage aux hommes d’Emery : 2-1 pour Villa.

L’IA, elle, anticipe un duel plus équilibré : 2-2.

Manchester City – Bournemouth : sans Guardiola, mais toujours armés

Etihad Stadium, 14h00

Le Community Shield a déclenché une vague de critiques sur Manchester City. Certains les voient déjà décliner. Sutton, non. Il ne les imagine pas champions cette saison, mais encore moins glisser dans le ventre mou. Avec un tel effectif, City restera dans la course.

Bournemouth arrive avec Marco Rose sur le banc. Les équipes qu’il a dirigées à RB Leipzig et Red Bull Salzburg ont toujours joué le pied sur l’accélérateur. Rose aime attaquer, presser haut, imposer le tempo. Mais ira-t-il vraiment à l’Etihad pour jouer les yeux dans les yeux avec City dès sa première ? Sutton pense que oui.

Résultat attendu : un match ouvert, mais déséquilibré dans le tableau d’affichage. Il annonce un 4-1 pour City.

Liam rappelle que ce sera le premier match avec la nouvelle tribune de City ouverte, pour un stade plein. Pep Guardiola est parti, mais si Phil Foden retrouve son meilleur niveau, il voit encore une équipe redoutable. Son prono : 3-0.

L’IA opte pour un 3-1 en faveur de City.

Newcastle – Liverpool : un nouveau cycle des deux côtés

St James’ Park, 16h30

Matthias Jaissle a beaucoup séduit depuis son arrivée à Newcastle. Mais on lui a arraché le cœur de son équipe. Tonali et Bruno Guimaraes sont partis, emportant avec eux une bonne partie de l’âme du milieu de terrain. Anthony Gordon n’est plus là, Kieran Trippier non plus. L’expérience, l’impact, la méchanceté sportive : tout cela s’est évaporé.

Les Magpies peuvent encore faire une saison solide, mais leurs supporters semblent lucides sur la réalité du moment.

En face, Liverpool avance avec Andoni Iraola. La pré-saison a révélé des failles défensives et un déficit physique, l’équipe ayant parfois semblé incapable de tenir le rythme plus d’une demi-heure. Devant, en revanche, les armes ne manquent pas.

Alexander Isak, désormais côté Liverpool, sera accueilli bruyamment par St James’ Park – et pas chaleureusement. Sutton est persuadé qu’il brillera cette saison, dès dimanche.

Il voit Liverpool s’imposer 3-1.

Liam éprouve une certaine compassion pour les fans de Newcastle. Le rachat a laissé espérer une ascension fulgurante qui ne s’est jamais vraiment concrétisée. Les départs majeurs de cet été interrogent, et l’ambiance à St James’ Park sera scrutée : quand le stade explose, il est unique, mais le moindre changement de climat s’y ressent immédiatement.

Pour Liverpool, il imagine un visage totalement différent de celui de la saison dernière. Si Isak démarre fort et si Florian Wirtz répond présent, il voit les Reds redevenir une bête dangereuse. Il mise sur un succès 2-1 de Liverpool.

L’IA, elle, se montre plus prudente : 1-1.

Fulham – Chelsea : Alonso pour repartir de l’avant

Craven Cottage, 20h00

Fulham aborde la saison avec des doutes lourds comme des nuages d’orage. Marco Silva est parti, Harry Wilson aussi, tout comme Raul Jimenez, qui avait tenu la ligne d’attaque. Le club a choisi Alvaro Arbeloa pour prendre la relève, avec un virage très net vers la jeunesse.

Gonzalo Garcia et Cesar Palacios arrivent de Real Madrid, le Suédois Jonah Kusi-Asare débarque de Bayern Munich. Prometteur sur le papier, incertain sur le terrain. Sous Silva, Fulham respirait la stabilité et ne s’approchait jamais vraiment de la zone rouge. Sutton craint que cette sécurité disparaisse et s’attend à une saison bien plus compliquée.

Chelsea, de son côté, ouvre un nouveau chapitre avec Xabi Alonso. Personne ne l’imagine reproduire le bond spectaculaire de l’ère Antonio Conte, quand les Blues étaient passés de la 10e à la 1re place. L’effectif n’a pas la même force. Mais les signaux sont positifs : Cole Palmer reste un atout majeur, Morgan Rogers représente une recrue excitante, et Alonso lui-même apporte une énergie neuve.

Sutton mise sur un démarrage réussi : victoire 2-0 de Chelsea.

Liam rêve de découvrir Craven Cottage et sa fameuse « piscine à l’infini », qu’il espère voir un jour en sollicitant son ami Felix White. Il constate que Fulham échappe habituellement à la lutte pour le maintien, mais prévient : cette fois, le club pourrait bien se retrouver à scruter de près la ligne du 18e. Son prono : 2-0 pour Chelsea.

L’IA voit un peu plus de résistance de la part de Fulham, mais le même vainqueur : 2-1 pour Chelsea.

La saison des pronostics recommence, les humains ont repris place autour de la table, l’IA est déjà installée en tête de gondole. Reste une question, brutale : qui mènera vraiment la danse en mai, les cerveaux… ou les algorithmes ?