Marco Jansen domine l’Australie, Travis Head résiste
L’Afrique du Sud a pris une main de fer sur ce Test grâce à un homme, un géant surtout : Marco Jansen. Cinq wickets le matin, un catch capital l’après-midi, et l’Australie a passé une grande partie de ce quatrième jour à suffoquer, d’abord pour éviter l’humiliation, ensuite pour simplement rester debout.
Face aux 428/9 déclarés des Sud-Africains, la réponse australienne a tourné au naufrage : 99 tout rond, ou presque. Pat Cummins et ses hommes se sont écroulés en 38,3 overs, à une unité seulement de la barre symbolique des 100. Suivi d’un follow-on imposé sans la moindre hésitation par Temba Bavuma. À la fermeture, les visiteurs sont 156/4, encore menés de 170 runs. Vivants, oui. Mais à la merci.
Jansen frappe d’entrée, l’Australie s’effondre
La matinée a été celle de Jansen, du premier au dernier souffle. Première balle de la journée, première explosion : Scott Boland, expédié. L’ascendant psychologique est immédiat. L’Australie, déjà sous pression, se retrouve d’un coup en état d’alerte maximale.
Travis Head, qui avait montré un peu de résistance, subit à son tour la loi du gaucher. Jansen le déloge, et la première manche australienne commence à ressembler à une chute libre. Marnus Labuschagne tente de colmater les brèches, de gratter chaque run, de survivre. Mais même lui se heurte à un moment de pur génie défensif sud-africain : Simon Harmer se détend dans le gully, une seule main, un plongeon sur sa gauche, et Labuschagne doit partir. Une prise de celles qui brisent le moral autant que le score.
Steve Smith et Matt Renshaw, eux, décident de serrer les dents. Quinze overs à jouer les roc, à repousser l’inévitable, à essayer au moins d’atteindre le déjeuner sans casse supplémentaire. Le plan tient. Jusqu’à ce que Jansen revienne. Over décisif, double sanction : Renshaw, puis Alex Carey. Deux wickets en un souffle, et l’Australie replonge.
La deuxième session ne laisse aucune place au suspense. Beau Webster cède en slashant une balle large, dehors de l’off-stump, pour offrir à Jansen son cinquième wicket de la manche. Smith, dernier rempart de stature, tombe peu après, victime de Wiaan Mulder, qui se charge ensuite de refermer le rideau en faisant tomber Pat Cummins. 99 au tableau, 428/9 en face. Bavuma n’a même pas besoin de réfléchir : follow-on immédiat. Kagiso Rabada, lui, entre dans la danse et enlève Nic Maddinson dès le troisième over de la deuxième manche. L’Australie vacille à nouveau.
Labuschagne et Head relèvent la tête
Cette fois, pourtant, pas de réédition de l’effondrement. Labuschagne et Head s’arc-boutent, refusent le scénario écrit d’avance. Ils s’installent, usent le cuir, grignotent le déficit. Près de 30 overs ensemble, 92 runs ajoutés. Le stade sent que quelque chose change, au moins dans le ton.
Labuschagne bénéficie même d’un sursis : un appel LBW très serré, une révision vidéo, et la décision qui bascule en sa faveur. Il souffle. Il remercie presque le ciel. Mais il se précipite ensuite. Décision hasardeuse : il charge Harmer, tente le gros coup, et se retrouve à envoyer une balle mal contrôlée dans les airs. Qui d’autre que Jansen pour la punir ? Le géant sprinte en arrière, couvre une immense portion de terrain, et sécurise la prise. L’Australie perd son pilier, l’Afrique du Sud récupère la main.
Matt Renshaw tente bien de reconstruire avec Head, de repartir sur une base patiente. Rabada coupe court à l’idée. Angle depuis around the wicket, balle qui rentre, le batteur laisse passer… et voit ses stumps voler. Erreur de jugement fatale.
Head tient, Jansen plane, l’Afrique du Sud sent la série
Ironie cruelle, Scott Boland débute la journée batte en main, et la termine dans la même posture. Un tailender transformé en sentinelle, obligé de survivre à chaque fin de session pour maintenir un mince fil d’espoir.
Head, lui, s’offre un cinquante discret, presque gêné, tant le contexte reste sombre. Pas de célébration excessive, juste un hochement de tête, un regard vers le tableau d’affichage, puis retour au travail. À la pause, il est toujours là, 87* sur 138 balles, dernier symbole d’une résistance australienne qui refuse de céder totalement.
L’écart, pourtant, reste massif : 170 runs de retard avant le cinquième jour. L’Afrique du Sud n’a plus qu’une mission simple, brutale, claire : envoyer six bonnes balles par over jusqu’au bout, et arracher la parité dans la série. L’Australie, elle, s’accroche à Travis Head comme à une bouée.
Reste une question, et une seule : son courage suffira-t-il à repousser encore une journée la marée verte qui déferle autour de lui ?




