Anthony Davis brille à Washington lors de sa première
WASHINGTON — La première ovation est tombée avant même la fin du premier quart-temps. Le public debout, un chant qui descend des tribunes : « MVP, MVP ». Anthony Davis n’avait pas encore fini de déballer ses cartons dans la capitale qu’il venait déjà de s’y installer en patron.
Pour sa grande première avec Washington, la star intérieure a livré une démonstration : 34 points, 12 rebonds, une présence constante, et surtout une victoire fondatrice, 128-116, face à des Milwaukee Bucks en pleine reconstruction.
Deux trajectoires qui se croisent
Cette soirée d’ouverture avait des allures de carrefour pour les deux franchises. D’un côté, Washington, relancé à marche forcée : Anthony Davis et Trae Young récupérés la saison passée, le phénomène AJ Dybantsa choisi en numéro 1 de la draft. De l’autre, Milwaukee, qui a tourné la page Giannis Antetokounmpo en l’envoyant à Miami, récupérant notamment Tyler Herro et Jaime Jaquez Jr., et confiant le banc à Taylor Jenkins.
Deux projets opposés, deux dynamiques contraires. Et pourtant, pendant longtemps, ce sont bien les Bucks qui ont donné le ton.
Washington a commencé la rencontre la main froide, glaciaire même derrière l’arc : 4 réussites seulement sur ses 22 premières tentatives à trois points. Les tirs ouverts ricochent, les visages se crispent, l’euphorie du début laisse place à un grondement d’inquiétude. Milwaukee, plus propre, plus constant, s’installe en tête et contrôle le tempo une bonne partie du match.
AJ Dybantsa, annoncé comme la future attraction de la franchise, observe depuis le banc, touché à la cheville. Tout repose alors sur Davis. Il ne tremble pas.
Le basculement du quatrième quart-temps
Le match change de couleur au tournant du dernier quart. Washington, jusque-là frustré, commence à enfoncer la raquette, à courir, à attaquer le cercle sans relâche. Les tirs extérieurs ne rentrent pas ? Qu’importe. La solution viendra de l’intérieur.
La séquence clé porte la signature de Deandre Ayton. Un dunk rageur, ligne de fond, donne aux Wizards leur première avance sérieuse, 97-96, et allume la mèche d’un run dévastateur. En quelques minutes, Washington déroule un 21-4 qui renverse tout : 111-98 à 7’26 de la fin, la salle explose, Milwaukee vacille.
À partir de là, les Bucks ne reverront plus vraiment la lumière. Washington déroule, sûr de sa force retrouvée. Les chiffres racontent la suite : 63 % de réussite au tir pour les Wizards en deuxième mi-temps, un cinglant 77-60 infligé à Milwaukee après la pause. L’adresse qui fuyait à longue distance se transforme en avalanche près du cercle et sur demi-distance, sous l’impulsion d’un Davis injouable.
Davis, enfin sur le parquet, enfin au centre du projet
Ce match avait aussi des allures de réparation pour Washington. Quand la franchise avait arraché Anthony Davis la saison dernière, elle n’avait jamais pu l’aligner, freiné par les blessures. L’attente a été longue. En une soirée, elle a pris tout son sens.
Dominant des deux côtés du terrain, Davis a dicté les angles, imposé les mismatches, contrôlé le rebond. Chaque prise de balle semblait peser sur la défense des Bucks, contrainte de surcharger la raquette, ouvrant des lignes de passe pour les extérieurs.
À la mène, Trae Young a parfaitement orchestré ce réveil. 20 points, 13 passes décisives, un double-double propre, sans esbroufe. Quand Milwaukee se crispait, il trouvait Davis sur le pick-and-roll, Ayton dans le dos de la défense, ou un shooteur démarqué dans le corner. Sa gestion du dernier quart-temps a figé la tentative de retour adverse.
Les nouveaux Bucks déjà sous la loupe
En face, Milwaukee a montré des éclairs, mais aussi les cicatrices encore fraîches du départ de son ancien franchise player. Tyler Herro a pris le costume de scoreur principal, avec 24 points. Jaime Jaquez Jr. a apporté 22 unités, agressif, entreprenant, comme pour justifier immédiatement son arrivée.
Ces deux-là symbolisent le nouveau visage des Bucks : plus percutant sur les lignes extérieures, plus dépendant de la création de ses arrières, moins intimidant dans la peinture. Taylor Jenkins, pour sa première sur le banc de Milwaukee, a vu son équipe tenir la barre pendant trois quart-temps, avant de se faire submerger physiquement et défensivement.
Il y aura du travail. Ajuster les rotations, clarifier les hiérarchies, trouver qui prendra les tirs lourds quand le match bascule. Ce soir, Milwaukee a cédé au moment où Washington a haussé le ton.
Une capitale qui se prend à rêver
Au coup de sifflet final, la salle ne célébrait pas seulement une victoire d’ouverture. Elle saluait un symbole : pour la première fois depuis longtemps, Washington ressemble à une équipe qui sait où elle veut aller, et avec qui.
Anthony Davis rayonne, Trae Young dirige, Deandre Ayton pèse. AJ Dybantsa n’a même pas encore posé le pied sur le parquet. La marge de progression intrigue autant qu’elle excite.
Les prochains rendez-vous arrivent vite. Milwaukee accueillera Chicago vendredi, déjà avec l’obligation de montrer un visage plus solide dans le money-time. Washington, de son côté, restera à domicile pour recevoir Toronto le même soir.
Si la première impression compte, celle laissée par Anthony Davis et ces Wizards-là est claire : la capitale ne veut plus regarder la saison de loin. Elle veut y peser.




