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Manchester United triomphe pour son retour en Ligue des champions

Old Trafford a attendu 1 003 jours. Manchester United n’a pas traîné pour fêter son retour en Ligue des champions : un 4-0 sec, propre, sans bavure, face aux Azéris de Sabah, pour lancer une campagne européenne qui doit effacer bien des frustrations.

Pendant près d’une demi-heure, le match a pourtant vécu sur un fil. Du rythme, quelques imprécisions, un public partagé entre impatience et curiosité. Puis une passe ratée au milieu de terrain a tout fait basculer. United a jailli, a remonté le terrain, et Patrick Dorgu, titularisé au poste de latéral gauche, a pris son couloir. Centre tendu, à ras de terre, depuis la gauche. Matheus Cunha devance tout le monde et glisse le ballon au fond, hors de portée de Stas Pokatilov. 1-0, Old Trafford se lève pour de bon.

La pression ne retombe pas. Juste avant la pause, Bruno Fernandes punit à son tour. Le capitaine double la mise à la 42e minute, validant la mainmise progressive des hommes de Michael Carrick. Sabah recule, subit, et finit par céder encore une fois dans le temps additionnel de la première période.

Cette fois, la scène est pour Benjamin Sesko.

Sesko, retour en fanfare

Première titularisation depuis le 3 mai. 64 minutes dans les jambes. Et la confirmation que rien n’a rouillé chez l’attaquant slovène.

Juste avant la mi-temps, Bryan Mbeumo casse les lignes d’une passe parfaitement dosée. Sesko déclenche son appel, prend la profondeur au bon moment, se retrouve face à Pokatilov, le contourne, reste debout malgré le déséquilibre, et pousse le ballon dans le but vide. Geste simple, maîtrise totale. 3-0, affaire pliée avant le repos.

Sa célébration, ce saut vertical devenu sa marque de fabrique, déclenche un vacarme. Old Trafford n’a pas oublié ce qu’il apportait en fin de saison dernière, ni la frustration de l’avoir vu disparaître des radars après cette blessure au tibia aggravée lors du choc contre Liverpool, quand Ibrahima Konaté l’avait projeté dans les panneaux publicitaires. United avait alors choisi la patience, le laissant travailler à Carrington et renonçant à l’aligner lors des six amicaux estivaux.

Rentré en fin de match à Hull lors de la première journée, buteur de la tête à la 88e minute à Everton le week-end dernier, il ajoute un nouveau chapitre à sa montée en puissance. Deux buts en 117 minutes cette saison, soit un toutes les 58,5 minutes, après ses sept réalisations en 595 minutes sous Carrick la saison passée (un but toutes les 85 minutes). Tête à Goodison Park, sang-froid en un contre un ce soir : le registre s’élargit, les chiffres suivent.

Dorgu, latéral offensif assumé

La feuille de match avait surpris : Patrick Dorgu, aligné pour la première fois à gauche de la défense sous Carrick, en l’absence de Luke Shaw, ménagé avant le derby de Manchester. Jusqu’ici, le Danois avait toujours évolué plus haut sur le flanc, dans un rôle d’ailier.

Face à un adversaire comme Sabah, censé subir plus qu’attaquer, le pari avait tout du laboratoire idéal. Offensivement, Dorgu a répondu présent. Son centre décisif pour Cunha, venu depuis une position presque d’ailier gauche pendant que le Brésilien repiquait dans l’axe, a illustré cette permutation permanente qui a souvent désorienté la défense azérie.

Un peu plus tard, il trouve encore Sesko d’un nouveau centre depuis la même zone. La balle arrive légèrement derrière l’attaquant, qui tente une talonnade acrobatique. Le ballon frôle le poteau. L’idée était là, le geste presque aussi.

Derrière, le tableau est moins lisse. Carrick garde des réserves sur la solidité défensive de Dorgu, et quelques actions lui ont donné raison. Sur un duel, Akim Zedadka le déborde trop facilement, obligeant Lisandro Martinez à venir couvrir en urgence. Sur une autre séquence, Dorgu ne parvient pas à empêcher un centre de Kaheem Parris, repris de la tête par Joy-Lance Mickels dans le petit filet.

Le constat est clair : Dorgu ressemble à un latéral pour les soirées où United passera plus de temps à attaquer qu’à défendre. Dans une saison où Luke Shaw ne pourra enchaîner trois matches par semaine, ce profil pourrait devenir précieux… à condition de trouver l’équilibre.

Old Trafford retrouve sa musique européenne

La dernière fois que la Ligue des champions avait résonné à Old Trafford, en décembre 2023, Bayern Munich était venu s’imposer 1-0 et fermer la porte à toute aventure européenne avant Noël. Une campagne ratée sous Erik ten Hag, conclue à la dernière place d’un groupe avec Bayern, Copenhagen et Galatasaray, une seule victoire, un nul, quatre défaites, et une impression persistante de gâchis.

Ce soir, le décor était le même, mais l’atmosphère radicalement différente. 73 685 spectateurs, une impatience presque physique, et un adversaire largement à la portée de United. Sabah ne devait pas poser de problème, et n’en a pas posé. United a déroulé, a pris le large rapidement, et s’est même offert un luxe inédit cette saison : un clean sheet.

La soirée aurait pu être parfaite sans cette frayeur dans le temps additionnel, quand Orphe Mbina a placé une tête juste au-dessus de la barre. Mais le tableau d’affichage est resté figé : 4-0. Les combinaisons sur les deuxième et troisième buts ont rappelé ce que cette équipe peut produire quand les circuits s’enchaînent : cinq joueurs ou plus impliqués dans chaque mouvement, du rythme, des angles de passe, des décalages nets.

Avec ce premier succès, United se rapproche déjà du maigre total de points de sa dernière participation. Les projections sont simples : la saison passée, 10 points sur 24 garantissaient la qualification en huitièmes, neuf suffisaient parfois avec une bonne différence de buts. Deux victoires supplémentaires sur les sept matches restants pourraient déjà ouvrir la porte du printemps européen.

Carrick, lui, a apprécié la copie. Il a parlé d’une prestation aboutie, « individuellement, collectivement », du coup d’envoi au coup de sifflet final, saluant autant les titulaires que les entrants, le clean sheet, les buts et le contenu. Il a aussi insisté sur l’importance de ne pas encaisser, rappelant que son équipe avait concédé des buts de différentes manières ces dernières semaines, et que ce socle défensif conditionnerait l’élan de la saison.

La marge au score lui a permis de lancer deux produits de l’académie, Shea Lacey et Harry Amass, pour leurs premières minutes européennes. Un symbole : la soirée n’a pas seulement servi à soigner les statistiques, elle a aussi offert un aperçu du futur.

Un vrai test en approche

Sabah constituait une mise en bouche. Les choses sérieuses arrivent vite.

Au programme, un déplacement à Atletico Madrid, battu 2-1 par United en préparation cet été, puis une double confrontation avec Como, vainqueur 4-1 de RB Leipzig ce soir en Italie, après la trêve internationale de septembre-octobre. Deux adversaires autrement plus armés pour tester la solidité de ce nouveau United.

Entre-temps, il y aura le derby de Manchester, et la gestion du cas Luke Shaw, dont la capacité à enchaîner sera scrutée. Dorgu, lui, vient de poser sa candidature pour devenir son premier relais offensif sur le côté gauche.

United a retrouvé la Ligue des champions avec fracas. Reste à savoir si cette entrée en scène n’est qu’un feu d’artifice de septembre… ou le début d’une campagne qui compte enfin sur la scène européenne.