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Benjamin Šeško complique le choix de Carrick avant le derby

À Old Trafford, Benjamin Šeško a marqué. Mais surtout, il a compliqué la vie de Michael Carrick avant le derby de Manchester.

Le Slovène a enchaîné après son but à Everton dimanche avec une nouvelle réalisation face à Sabah FK, champion d’Azerbaïdjan, dans une entrée en matière tranquille en UEFA Champions League conclue sur un 4-0 sans discussion. Un score large, une soirée maîtrisée… et une question brûlante pour dimanche contre Manchester City : peut-il encore rester sur le banc ?

Šeško, de l’infirmerie à la porte du onze

Šeško a dû prendre son mal en patience. Blessé début mai, il a manqué toute la présaison. Un été passé à regarder les autres courir, puis trois premières journées de Premier League à Hull City, Ipswich Town et Everton depuis le banc.

Il a fallu un but au Hill Dickinson Stadium pour débloquer la situation et lui offrir une place de titulaire contre Sabah. Il n’a pas laissé passer sa chance. Juste avant la pause, il part dans la profondeur, contrôle la passe de Bryan Mbeumo, élimine le gardien et conclut. Deuxième but en cinq jours. Old Trafford gronde, et pas seulement de soulagement.

Carrick le sort à la 63e minute pour Joshua Zirkzee. Gestion physique d’un joueur encore en phase de reprise ? Ou précaution avant City ? La réponse tombera dimanche, mais le message est déjà clair : Šeško frappe fort à la porte.

« Ce n’est pas une décision facile, bien sûr que non, mais c’est le genre de problème que je préfère avoir — des buts dans l’équipe et des garçons en forme », explique Carrick. « Parfois ce sera en débutant, parfois en finissant les matchs, et on a besoin de ça dans le groupe, de match en match, sur la saison. »

Au minimum, le Slovène a imposé un choix à son entraîneur. Et ce choix va forcément faire un malheureux.

Un vrai numéro 9 qui change le visage de l’attaque

La question est simple : qui sort si Šeško entre dans le onze pour le derby ?

Bryan Mbeumo reste sur un but solo de haut niveau à Everton. Matheus Cunha vient d’ouvrir son compteur face à Sabah. Marcus Rashford, resté sur le banc jeudi, a été le meilleur joueur de United le week-end dernier. Personne ne s’est disqualifié.

L’avantage de Šeško tient ailleurs. Il offre une autre palette. Un vrai point de fixation en numéro 9, une cible claire dans la surface quand le ballon arrive des côtés. Un profil que Rashford, Cunha ou Mbeumo n’apportent pas de la même manière.

Et il ne se contente pas de finir les actions. Peu après la pause, il déclenche un pressing, harcèle un défenseur de Sabah, lui arrache le ballon. Old Trafford explose presque autant que sur son but. Le public ne s’y trompe pas : ce genre d’effort compte dans le jugement.

« Il apporte clairement un type de menace différent », souligne Carrick. « C’est un peu ça, la beauté de la chose. On sait ce que Ben nous donne, et il n’y en a pas beaucoup qui offrent ce qu’il apporte en termes de gabarit, de puissance, de jeu sur la dernière ligne, de vitesse pour attaquer la profondeur. C’est une vraie menace. »

Le coach insiste aussi sur le chemin parcouru : « C’est super de le retrouver à ce niveau après tout le travail pour revenir en forme. Deux buts, de bonnes performances, de bonnes minutes pour lui. On est vraiment très contents de la manière dont il revient. »

Une soirée idéale en C1, mais des alertes sur le côté gauche

Pour le retour de Manchester United en Champions League, le scénario frôle le parfait. Première apparition dans la compétition depuis 2023, quatre buts, aucun encaissé, un adversaire Sabah FK, fondé il y a seulement neuf ans, totalement débordé.

« C’est exactement ce qu’on voulait », résume Carrick. « Une bonne performance, individuellement, collectivement, quasiment tout au long du match, du début à la fin. »

La soirée coche presque toutes les cases. Presque, car derrière le « problème de riche » Šeško, d’autres dossiers inquiètent.

Luke Shaw a démarré tous les matchs de Premier League la saison passée. Mais l’été a ravivé une question : son corps peut-il encaisser le supplément de rendez-vous européens ? Les premières réponses sont préoccupantes.

Sorti lors du nul 2-2 à Everton en raison de crampes, Shaw n’était pas à l’entraînement à Carrington mercredi. Version officielle : « journée de repos désignée ». Il n’apparaît pas non plus dans le groupe contre Sabah et bénéficie d’un nouveau jour off. Rien de dramatique en soi… si United disposait d’un remplaçant naturel et établi.

Patrick Dorgu, titularisé à gauche face à Sabah et passeur décisif pour l’ouverture du score de Cunha, a surtout été utilisé comme ailier depuis l’arrivée de Carrick. Noussair Mazraoui et Diogo Dalot peuvent dépanner côté gauche, mais préfèrent clairement la droite. Harry Amass, lui, est latéral gauche de métier… mais n’a que 19 ans. La tentative estivale pour recruter Lewis Hall à Newcastle United n’a rien donné.

Dès le début du mois de septembre, Carrick se voit donc contraint de gérer Shaw au match près, en pesant chaque risque. Il n’a qu’un souhait : récupérer son défenseur anglais pour le derby.

Un derby déjà faussé par le calendrier ?

Comme si cela ne suffisait pas, le calendrier ne joue pas en faveur de United. L’équipe d’Enzo Maresca bénéficie de deux jours de préparation supplémentaires avant le choc de dimanche. Carrick ne s’en est pas caché cette semaine : ce n’est « pas idéal ».

Au moins, cette large victoire européenne permet d’aborder le rendez-vous avec un peu de sérénité. Pas de prolongation, pas de stress, des cadres ménagés, des attaquants en confiance.

Šeško, lui, a marqué et posé sa candidature. Il a remis son nom au centre du tableau, à la veille du premier grand rendez-vous de la saison.

Dimanche, une autre question s’imposera : Carrick osera-t-il laisser sur le banc l’attaquant le plus en forme du moment pour affronter Manchester City ?