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Manchester City face à Crystal Palace : un match sous tension

Sous les projecteurs de Selhurst Park, Manchester City arrive en terrain conquis. Onze déplacements de rang en championnat sans la moindre défaite sur la pelouse de Crystal Palace : le décor est planté pour un vendredi soir qui sent fort le piège… mais que les champions autoproclamés des soirées télévisées connaissent par cœur.

Coup d’envoi à 20h, Premier League, ambiance compacte dans le sud de Londres. Palace joue son premier match de championnat à domicile après avoir déjà goûté à l’Europe, City vient de renverser Bournemouth. Les trajectoires se croisent, les dynamiques s’opposent.

Palace en plein remue-ménage

Crystal Palace sort d’un 2-0 sec à Everton. Le score est lourd, le contenu moins. Onze tentatives, seulement trois cadrées, un poteau pour Jean-Philippe Mateta. Beaucoup d’intentions, peu d’efficacité. Et autour, un bruit de fond qui n’aide pas.

Mateta conteste la validité de son contrat et attire les regards ailleurs. Ismaila Sarr, lui, a alimenté les rumeurs en manquant deux jours d’entraînement avant le déplacement à Goodison Park, au point d’être écarté du groupe dans un contexte de marché des transferts bouillant. Pierre Sage a dû s’expliquer, défendre son vestiaire, gérer les dossiers en coulisses tout en préparant l’Europe.

Le technicien français débarque pourtant avec une aura forte : une saison 2025-26 splendide avec Lens, deuxième de Ligue 1 et vainqueur de la Coupe de France. Palace a remporté la Conference League la saison passée, s’est offert une place en phase de ligue de la Ligue Europa… mais l’intersaison a laissé un in-tray rempli à ras bord pour Sage.

Et ce premier rendez-vous à domicile en championnat ne lui laisse aucun répit.

Maresca plus au calme, City en mode reconstruction maîtrisée

En face, Enzo Maresca n’est en poste que depuis quelques semaines, mais il connaît déjà les couloirs du club pour avoir fait partie du staff. Il a pris le relais après l’annonce du départ de Pep Guardiola, cible de critiques à Leicester puis à Chelsea, mais sûr de lui et de sa méthode.

Son début de mandat n’a pourtant pas été lisse : une gifle 3-0 en Community Shield contre Arsenal, une prestation fade, des interrogations immédiates. La réponse est venue à Bournemouth : menés, les Citizens ont renversé le match pour s’imposer 2-1, grâce à un entrant décisif, Rayan Cherki, auteur de deux passes décisives.

Maresca a aussi surpris en alignant Marc Guehi, ancien capitaine de Palace, au milieu de terrain. Un clin d’œil appuyé à sa direction après le départ de Rodri, alors que Nico Gonzalez est annoncé sur le départ et que les sorties de Savio et Omar Marmoush ont déjà creusé l’effectif offensif. L’arrivée du jeune Ayyoub Bouaddi ne suffira pas à combler tous les manques. Il faudra d’autres renforts. En attendant, il faut bricoler… et gagner.

Une affiche qui promet des buts

Ce déplacement ne vient pas dans le vide. City reste sur huit victoires et trois nuls lors de ses onze derniers matchs de Premier League à Selhurst Park. Et les six dernières confrontations de championnat entre les deux équipes ont toutes accouché d’au moins trois buts. Le spectacle est devenu une habitude.

La supériorité de City, elle, s’est inscrite dans la durée. Même si Palace a frappé un grand coup en remportant la finale de FA Cup 2025 contre les Mancuniens, le championnat raconte une autre histoire : City sait voyager dans ce stade étroit, bruyant, où tant d’autres se sont cassé les dents.

Les parieurs ne s’y trompent pas : le scénario le plus attendu reste une victoire des Citizens dans un match ouvert, avec au moins trois buts au total. L’affiche du vendredi soir a tout pour tenir la promesse.

Haaland, bourreau attitré de Palace

Erling Haaland est resté muet contre Bournemouth, mais il a quand même cadré deux frappes. Le Norvégien ne laisse jamais longtemps la porte fermée. Et surtout, il adore Crystal Palace.

Huit buts en cinq apparitions de Premier League contre les Eagles. Il a marqué lors de chacune de ses quatre sorties à Selhurst Park. Le stade londonien est devenu l’un de ses terrains de chasse favoris.

Difficile d’ignorer une telle série. Dans un match où City devrait passer beaucoup de temps dans le camp adverse, Haaland reste l’option offensive numéro un, la cible prioritaire dans la surface, l’aimant à centres et à passes finales.

Cherki, Mitchell et les détails qui comptent

Si City garde la main sur ce genre d’affiche, c’est aussi grâce à ses dynamiteurs. Rayan Cherki a transformé le match à Bournemouth en sortant du banc, deux passes décisives, deux éclairs, et un rappel : ses 12 passes décisives en Premier League sont toutes venues dans le jeu, jamais sur coup de pied arrêté. Pur créateur d’open play.

À Selhurst Park, il devrait logiquement être récompensé par une place de titulaire dans le 4-2-3-1 pressenti, derrière Erling Haaland, avec Phil Foden et Antoine Semenyo pour compléter la ligne de trois. Un quatuor capable de déchirer les lignes en quelques touches.

Côté Palace, Tyrick Mitchell risque de vivre une soirée éreintante sur son côté gauche. Il a déjà commis deux fautes à Everton, et il devra composer avec les appels répétés de Semenyo, les décrochages de Cherki et les montées de Nunes ou Gvardiol selon l’animation. La ligne défensive Henderson – Canvot – Richards – Tomiyasu, soutenue par un milieu Kamada – Wharton, aura besoin d’un match presque parfait pour contenir la vague.

Compos probables et absents

Crystal Palace devra se passer de Chadi Riad (genou) et probablement d’Ismaila Sarr (adducteurs). Pierre Sage pourrait repartir sur un 3-4-2-1 avec Henderson dans le but, Canvot, Richards et Tomiyasu en défense, Munoz et Mitchell sur les côtés, Kamada et Wharton dans l’axe, Nketiah et Pino en soutien de Strand Larsen. Sur le banc, des options comme Mateta, Hughes ou McNeil, mais aussi une incertitude permanente autour des dossiers contractuels.

Manchester City, de son côté, attend le retour possible de Matheus Nunes dans le onze après son entrée contre Bournemouth. Ayyoub Bouaddi pourrait être disponible, Jeremy Doku reste absent (mollet), Elliot Anderson, touché par des crampes, est pressenti pour revenir. Donnarumma gardera les buts, avec Nunes, Dias, Guehi et Gvardiol derrière lui, Anderson et O’Reilly devant la défense, Cherki, Foden et Semenyo pour alimenter Haaland.

Une forteresse qui ne fait plus peur ?

Selhurst Park a longtemps été une forteresse inconfortable pour les cadors. Mais pour City, ce stade ressemble de plus en plus à une base avancée. Onze matchs de championnat sans défaite ici, huit succès, des buts, du contrôle.

Les Eagles ont déjà prouvé qu’ils pouvaient faire tomber les géants, en FA Cup notamment. Ils ont gagné l’Europe par la petite porte, avec cette Conference League transformée en tremplin. Mais avec un effectif agité par les rumeurs et un nouvel entraîneur encore en phase de construction, la marche City paraît terriblement haute.

La question n’est plus de savoir si Manchester City peut s’imposer. Elle est de savoir si Palace a encore en lui ce grain de folie capable de briser une série qui dure depuis trop longtemps.