Liverpool concède un nul amer contre l’Atlético en Youth League
Liverpool a lancé sa campagne de UEFA Youth League avec un goût amer en bouche. Deux buts d’avance, du contrôle, des promesses… et au bout, un nul 2-2 concédé à la dernière minute face à l’Atlético de Madrid, mercredi après-midi, sur la pelouse de l’Academy de Kirkby.
Les U19 de Rob Page pensaient avoir fait le plus dur. Un coup de tête de Mor Talla Ndiaye puis une belle finition de Josh Sonni-Lambie les avaient placés aux commandes, avant que la pression espagnole ne se transforme en punition dans le temps réglementaire.
Deux buts d’avance… puis la bascule
L’Atlético avait pourtant démarré fort. Les visiteurs se sont installés haut, ont imposé un gros rythme et obligé la défense des Reds à reculer. Dans ce début de match, le gardien Bailey Hall tient la baraque, multipliant les arrêts importants, pendant que Prince Cissé, dans l’axe, sauve une tentative sur sa ligne et sort un tacle décisif sur Miguel Llorente.
Puis Liverpool frappe. Sur un corner frappé par Joe Bradshaw, Ndiaye coupe la trajectoire au premier poteau et ouvre le score à la 27e minute. Un geste clinique qui change l’atmosphère à Kirkby.
Liverpool se libère. Bradshaw touche le poteau sur une autre tentative, Oliver O’Connor se balade d’un côté à l’autre – ailier gauche au coup d’envoi, puis aperçu latéral droit après la pause – et les Reds commencent à dicter le tempo.
Juste avant la mi-temps, la lumière vient d’Eden Luca. Le jeune milieu lève la tête, voit l’appel de Sonni-Lambie et le sert d’une passe lobée par-dessus la défense madrilène. Contrôle, finition nette du numéro 10 : 2-0, deux minutes avant la pause. Un modèle d’efficacité.
L’Atlético ne lâche pourtant rien. Les Espagnols reviennent des vestiaires avec la même agressivité, gagnent les duels, poussent Liverpool à défendre de plus en plus bas. La rencontre se durcit, les cartons jaunes pleuvent : quatre avertissements de chaque côté, symbole d’un vrai combat de Youth League.
La pression finit par payer. Entré en jeu, Joel Sanchez réduit l’écart d’une superbe frappe enroulée depuis l’entrée de la surface, à mi-chemin de la seconde période. Hall ne peut rien, et le doute s’installe chez les Reds.
Liverpool recule, subit les vagues. Et à la 90e minute, le scénario cauchemar se confirme : sur un corner mal dégagé, Adrian Lis-Zielinski profite du cafouillage pour égaliser. Deux points envolés, un sentiment de rendez-vous manqué pour un groupe qui s’est toujours qualifié pour les phases à élimination directe de la compétition.
Will Wright, retour dans le match et dans la bataille
Pour Will Wright, cette après-midi avait une saveur particulière, quel que soit le score final. C’est lors de cette même affiche, il y a un an, que l’attaquant, fraîchement arrivé de Salford City, s’était gravement blessé au genou. Une blessure qui l’avait tenu éloigné des terrains jusqu’au Nouvel An.
Depuis, Wright rattrape le temps perdu. Sa fin de saison dernière, pleine de buts, lui avait même valu une place sur le banc de l’équipe première sous Arne Slot. Face à l’Atlético, il retrouve le haut niveau européen de sa catégorie… et découvre de nouveau la rudesse du duel.
Peu protégé par l’arbitre, l’avant-centre de 18 ans se livre à un bras de fer permanent avec Lis-Zielinski, son vis-à-vis en défense centrale, presque son sosie physique. Un avant-goût des joutes qui l’attendent à l’échelon supérieur. Il se procure une belle occasion en début de rencontre, mais ce sont ses coéquipiers qui concrétisent.
Sonni-Lambie, installé en numéro 10, se charge de punir les Espagnols avant la pause. Bradshaw, lui, dynamite son couloir droit, provoque, frappe le poteau et dépose le corner sur la tête de Ndiaye pour l’ouverture du score. O’Connor complète le tableau en changeant de rôle sans broncher, preuve d’une polyvalence précieuse à ce niveau.
Eden Luca, record précoce et vraie présence
Eden Luca n’a pas eu besoin de toucher le ballon pour écrire une ligne dans l’histoire du club. Sa simple titularisation suffit : à 15 ans et 182 jours, il devient le plus jeune joueur de Liverpool à évoluer en UEFA Youth League, effaçant des tablettes Josh Abe, actuellement blessé.
Le nom circulait déjà parmi les supporters, porté par un but spectaculaire inscrit avec les U16 d’Angleterre et devenu viral sur les réseaux sociaux. Son profil intrigue encore plus : milieu de terrain complet, local, formé à l’Academy depuis l’âge de quatre ans, avec le numéro 8 dans le dos. Les comparaisons avec un ancien chouchou d’Anfield surgissent presque d’elles-mêmes. Même démarche, disent certains.
Mais sur la pelouse, Eden Luca trace sa propre route. D’abord discret, il monte en puissance à mesure que Liverpool prend la main sur le match. Sa passe lobée pour Sonni-Lambie sur le 2-0 illustre sa vision du jeu. Au-delà de la technique, c’est sa dimension physique qui marque les esprits : dans un milieu de terrain rugueux, où les duels s’enchaînent, il tient le choc.
Il finit par fatiguer logiquement en seconde période, mais ne dénote jamais. À 15 ans, il semble déjà à sa place dans une compétition relevée. Difficile de ne pas se demander jusqu’où il peut aller.
Prince Cissé, l’héritier qui défend
Le nom Cissé évoque des buts, des célébrations et un numéro 9 lancé à pleine vitesse. Prince Cissé, lui, a choisi l’autre côté du terrain. Là où son père Djibril s’est fait un nom en marquant, le fils se forge une réputation en empêchant les autres de le faire.
Après avoir été utilisé à plusieurs postes la saison passée en UEFA Youth League, le défenseur de 18 ans s’installe désormais dans l’axe. Face à l’Atlético, il tient un rôle majeur dans le premier quart d’heure madrilène. Sauvetage sur la ligne, tacle parfait sur Llorente : il repousse l’orage.
À ses côtés, Ndiaye complète une charnière solide. Le Sénégalais signe un match plein, entre sa présence défensive et ce coup de tête victorieux – ou qui aurait dû l’être – sur le corner de Bradshaw. Il ajoute une intervention de très haut niveau en seconde période pour couper une action dangereuse de l’Atlético.
Liverpool repart de ce premier rendez-vous européen avec un point, des regrets et beaucoup de matière à travailler. La qualification pour les phases finales reste à portée, mais ce genre de relâchement en fin de match ne pardonne pas longtemps à ce niveau. La prochaine fois, les jeunes Reds sauront-ils tenir jusqu’au bout ?



