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Krépin Diatta : un choix controversé pour Everton

Krépin Diatta n’a pas encore posé un pied à Finch Farm qu’il suscite déjà un débat. Libre depuis la fin de son contrat avec Monaco, le Sénégalais figure parmi les cibles étudiées par Everton pour renforcer le côté droit de la défense. Sur le papier, l’opportunité est séduisante. Dans les tribunes de Goodison, certains lèvent pourtant déjà un sourcil.

D’ailier électrisant à latéral moderne

Diatta n’est pas un inconnu pour ceux qui suivent le football européen depuis quelques années. Il fut longtemps ce joueur « edge-of-the-seat », ce dribbleur qui faisait se lever les supporters, utilisé avant tout comme attaquant porté vers le but.

Avec le temps, son jeu a glissé plus bas sur le terrain. À Monaco, il s’est mué en latéral droit ou piston, un rôle où sa vitesse, son volume de course et son agressivité dans le duel ont pris une autre dimension. Exactement la zone que David Moyes veut remodeler après une saison où le poste de latéral droit a été un casse-tête permanent.

Seamus Coleman et Nathan Patterson ont enchaîné les pépins physiques, au point de pousser Jake O’Brien à dépanner plus souvent que prévu sur le flanc droit. Everton a besoin de jambes, de fiabilité, de concurrence. Diatta coche plusieurs cases.

Un « petit frère » de Sadio Mané… qui fait tiquer les Toffees

Là où le dossier se complique, ce n’est pas sur le terrain. C’est dans le symbole.

À Everton, une chose est devenue non négociable : comprendre ce que représente le club. Les premiers mots de Hayden Hackney en tant que nouveau joueur ont rassuré les supporters, tout comme l’attitude de Tyrique George, revenu à Hill Dickinson en affichant déjà une vraie connaissance de la culture bleu et blanche.

Diatta, lui, porte une autre histoire. Il a partagé le vestiaire du Sénégal avec Sadio Mané, icône de Liverpool. Et il ne s’en est jamais caché.

En février 2021, dans des propos relayés par Press Afrik, Diatta expliquait : « Je ne pense pas qu’on puisse me comparer à lui. Mais Sadio est un grand frère pour moi. Nous sommes très proches ; il m’inspire beaucoup et je prends exemple sur lui. C’est quelqu’un à qui je parle au quotidien. Je pense que c’est un exemple pour tous les jeunes joueurs sénégalais, évidemment. Il est un modèle pour tous les jeunes joueurs sénégalais. »

Des mots forts, sincères, logiques pour un compatriote. Mais pour une partie du public d’Everton, ils réveillent un vieux réflexe : difficile d’imaginer qu’un joueur aussi proche de Mané n’ait pas vibré devant ses exploits… y compris dans les derbies contre les Toffees.

Si cette relation est déjà connue, certains se demandent ce que d’autres déclarations pourraient encore ressortir. À Liverpool, on applaudirait. À Goodison, on s’interroge.

Une disponibilité globalement rassurante

Sur un autre plan, celui qui obsède tout autant les supporters d’Everton, la question de la disponibilité, le profil de Diatta est moins inquiétant qu’on pourrait le craindre.

Les fans du club savent ce que signifie bâtir une défense sur des joueurs souvent absents. Les dernières saisons l’ont rappelé avec insistance. Dans le cas de Diatta, l’historique médical est contrasté, mais pas rédhibitoire.

La grosse alerte remonte à 2021 : une rupture des ligaments croisés qui l’a tenu éloigné des terrains plus de 200 jours. Un coup d’arrêt majeur dans sa progression. Depuis, son corps a mieux répondu. La saison dernière, il n’a manqué que quatre matches à cause d’une blessure musculaire entre février et mars. Rien de comparable avec les longues indisponibilités qui ont plombé certains cadres d’Everton.

Pour un club qui cherche à réduire le risque sans pouvoir se payer le luxe des joueurs les plus chers du marché, ce genre de profil – un passé lourd, mais un présent plutôt stable – peut devenir un compromis acceptable.

Une concurrence déjà en place

Everton n’est pas seul sur le coup. Marseille prépare une offre pour le joueur de 27 ans, tandis qu’Ipswich Town suit également le dossier avec attention. Sur le marché, un latéral droit libre, expérimenté, capable de jouer plus haut et plus bas, attire forcément.

L’intérêt ne tombe pas du ciel. Diatta offre de la polyvalence, de la vitesse, et un vécu européen. Dans un effectif où chaque blessure au poste de latéral droit a semblé provoquer un effet domino la saison passée, son arrivée aurait du sens.

Reste cette zone grise, presque émotionnelle, autour de sa proximité avec une légende de Liverpool. Une « tache rouge » dans un CV qui, pour certains supporters, compte autant que des statistiques ou un bilan médical.

Moyes face à un choix de principe

Arne Slot, passé par Liverpool, a déjà expliqué pourquoi un joueur comme Jacob Murphy conviendrait à Everton. La réflexion vaut aussi pour Diatta : profil de couloir, capable de répéter les efforts, utile dans plusieurs systèmes. Le genre de joueur qui donne des solutions tactiques à un entraîneur.

David Moyes, lui, devra trancher. Accepter un passé aux accents rouges pour renforcer un secteur en souffrance ? Ou rester fidèle à une ligne plus identitaire, quitte à passer à côté d’une opportunité de marché rare pour un club dans la situation d’Everton ?

Diatta arriverait à Goodison avec un bagage technique intéressant, un historique médical gérable, mais aussi une histoire personnelle qui ne colle pas parfaitement à l’instinct d’un Kop bleu. C’est précisément ce type de dilemme qui façonne un mercato : jusqu’où un club prêt à se reconstruire est-il prêt à aller pour gagner, même si le renfort a, autrefois, applaudi de l’autre côté du Mersey ?