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Konstantelias électrise Dortmund et inquiète après une blessure

Le Signal Iduna Park tenait son nouveau chouchou. Il l’a perdu en 54 minutes.

« Ce sont deux garçons qui peuvent et vont nous donner une dimension différente ici, et ils l’ont montré aujourd’hui », lâchait Niko Kovac au micro de Sky après la victoire 2-0 de Borussia Dortmund contre Hamburger SV, samedi soir. Sur leurs débuts en Bundesliga, Giannis Konstantelias et Konstantinos Karetsas ont enflammé le stade et offert au BVB ce qui lui avait tant manqué ces derniers temps à domicile : du football spectaculaire, mais au service du collectif, et surtout gagnant dès la première journée.

Le coach l’avait annoncé avant le coup d’envoi : « Le profil de ces joueurs donne ce que beaucoup réclament : des choses spectaculaires. Nous avons encore amélioré cela cette année. J’espère que ces garçons, techniquement très forts, montreront leurs qualités. » Promesse tenue. Et très vite.

Une nouvelle dimension entre les lignes

La différence, elle saute aux yeux : les deux recrues grecques, venues de championnats européens plus modestes, savent faire tout ce que faisait Julian Brandt, parti à Ajax Amsterdam. Elles ajoutent surtout un ingrédient que l’Allemand offrait moins : la capacité à créer de la vitesse… sans élan.

Konstantelias et Karetsas changent un match à partir d’une position statique. Ils déclenchent, d’un contrôle ou d’un crochet, des situations qu’ils inventent eux-mêmes. Plus proactifs que leur prédécesseur, ils brillent surtout dans ces espaces entre les lignes où ils transforment des ballons neutres en actions brûlantes.

Face à Hambourg, la première période a ressemblé à une démonstration. Les deux Grecs ont dicté le tempo offensif de Dortmund, encore plus Konstantelias, déjà très intéressant une semaine plus tôt en Supercoupe contre Bayern Munich (1-2). Son contrôle de balle à pleine vitesse intrigue, son agilité fascine, la fluidité de ses mouvements désarme les défenseurs.

Avec ballon, il séduit. Sans ballon, il surprend. Son agressivité à la perte a fait rugir le stade, notamment sur un ballon gratté au milieu de terrain après une demi-heure, accueilli par une ovation.

Puis est venu le geste qui a fait exploser le Signal Iduna Park.

Juste avant la pause, Konstantelias signe le 2-0 et son premier but en Bundesliga sous le maillot noir et jaune. Waldemar Anton ne cachait pas son enthousiasme sur Sky : « Première mi-temps top, c’était parfait. On a appliqué tout ce qu’on voulait mettre en place. » La frappe du Grec a été légèrement déviée par un défenseur hambourgeois, mais l’inspiration reste brillante : un tir sans regarder, destiné au premier poteau, qui trompe tout le monde.

En une centaine de minutes seulement avec Dortmund, Konstantelias s’est déjà installé dans le cœur des supporters. On l’imaginait déjà prendre de plus en plus de place dans le jeu des prochaines semaines. Le réveil a été brutal.

De l’extase à l’angoisse

La soirée a basculé en quelques secondes. Juste après avoir frôlé le doublé, Konstantelias se tord le genou sur un mouvement malheureux dans un duel. Il s’écroule. Le silence remplace les chants.

Il tente de continuer, puis doit céder sa place à la 54e minute, le visage fermé, comme s’il comprenait déjà. Sur le banc, les regards se croisent, inquiets.

« Bien sûr, nous devons être un peu prudents sur ce que nous communiquons aujourd’hui. Mais nous sommes clairement préoccupés par une blessure plus grave », admet le directeur sportif Ole Book sur Sky. À la question d’une possible rupture des ligaments croisés, il répond sans détour : « Cette crainte existe. »

Niko Kovac ne dit pas autre chose après la rencontre : « Nous devons parler de quelque chose de plus sérieux. Nous ferons les examens dimanche. Mais au moins, ça ne sonne pas bien d’après ce que le médecin m’a dit. »

Si les examens confirment le scénario noir et que Konstantelias est écarté pour des mois, la claque serait immense. Pour le joueur, lancé à pleine vitesse. Pour Dortmund, qui venait de découvrir à quel point il pouvait transformer son attaque.

Le constat est déjà visible : sans lui, tout devient plus laborieux. En seconde période, le BVB a nettement moins dominé. Hambourg s’est réveillé, certes, mais la sortie du Grec a surtout retiré une énorme dose de mobilité et d’inventivité au jeu offensif.

Le capitaine du HSV, Nicolai Remberg, l’a parfaitement résumé sur Sky : « Quand Dortmund joue de droite à gauche, dans les espaces entre les lignes, tu passes ton temps à courir et tu n’arrives pas à enclencher le pressing. C’était notre problème. » Au cœur de ce problème, deux noms : Giannis Konstantelias et Konstantinos Karetsas.

Le duo grec, moteur du nouveau BVB

Les deux compatriotes ont rendu la vie infernale à Hambourg. Ils ont constamment permuté, se sont trouvés entre les lignes, ont accéléré le jeu en un ou deux touches, toujours avec une maîtrise technique presque insolente.

« Brutal », a résumé Waldemar Anton pour qualifier leur prestation. « La mobilité qu’ils ont, leur dangerosité, c’est une grande qualité à cet âge-là et nous en avons besoin pour l’avenir. Je suis content qu’ils soient avec nous. »

Après un tel aperçu, l’idée de voir Karetsas privé de son partenaire idéal pendant une longue période a de quoi frustrer tout le monde. Et elle pose une question brûlante à Dortmund : comment remplacer Konstantelias si le verdict est terrible ?

Ole Book ne cachait pas sa peine : « J’ai eu une énorme peine pour le garçon. Il a eu une grande présence dès le premier jour, aussi dans le vestiaire. On l’aime déjà beaucoup. Quand tu fais une première mi-temps comme ça, que tu dois sortir et qu’on craint quelque chose de sérieux, c’est incroyablement rageant. »

Sabitzer, Inacio, Beier… et l’ombre de Sancho

Samedi, Kovac a choisi la solution la plus naturelle en termes d’équilibre : Marcel Sabitzer est entré à la place de Konstantelias. L’Autrichien a apporté du sérieux, du contrôle, mais pas la même folie. Le profil n’est pas le même, le jeu non plus.

Sur le papier, Samuele Inacio ressemble davantage au remplaçant idéal. Sauf que le jeune de 18 ans s’est fait remarquer pour de mauvaises raisons : une entrée, un carton rouge éclair, et une sortie tout aussi rapide contre Hambourg. Un talent immense, mais est-il déjà prêt à assumer ce rôle au niveau exigé ?

Maximilian Beier offre une option plus expérimentée, mais son utilisation modifierait encore le plan initial de Kovac, qui comptait l’installer sur un côté. Le déplacer dans l’axe pour combler le vide laisserait un trou sur l’aile. Chaque solution en ouvre une autre.

Et le temps presse. Le mercato d’été ferme mardi 1er septembre à 20h. Trois jours à peine pour réagir, si Dortmund décide d’agir. Le directeur général sportif Lars Ricken garde officiellement son calme : « Selon la gravité de la blessure, nous alignerons nos prochains pas. Mais une chose est sûre : sur les trois prochains jours, nous ne prévoyons rien. »

Une phrase qui n’exclut rien. Au contraire.

Surtout qu’une piste évidente se retrouve soudain sur la table.

Said El Mala, priorité du BVB avant l’arrivée de Konstantelias, a prolongé à 1. FC Köln et n’est plus accessible. Un autre nom revient donc naturellement : Jadon Sancho.

Le profil colle. Même capacité à créer du danger depuis l’arrêt, même talent pour casser un bloc à lui seul, même propension à faire lever le stade. Les rumeurs d’un troisième retour de l’Anglais à Dortmund ont alimenté le marché ces derniers mois, avant de s’éteindre avec les signatures de Karetsas et Konstantelias.

Sancho reste pourtant libre depuis la fin de son contrat à Manchester United. À 26 ans, il n’a toujours pas trouvé de club et serait disponible sans indemnité de transfert. Le risque financier serait limité, même si l’ailier devrait accepter une baisse de salaire importante pour revenir une troisième fois au BVB. Reste une interrogation sportive : peut-il retrouver le niveau qui a fait de lui une star à Dortmund ? Ses prêts récents à Chelsea et Aston Villa ont laissé un goût amer.

Dortmund vient de découvrir un nouveau magicien grec. Il pourrait le perdre avant même que la saison ne démarre vraiment. La direction osera-t-elle alors se tourner de nouveau vers son ancien prodige anglais pour ne pas laisser ce vide s’installer au cœur de son projet offensif ?