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Liverpool tenu en échec par Forest : un début de saison compliqué

À Anfield, l’après-midi avait tout pour relancer une ère. Elle a surtout laissé un goût d’inachevé.

Liverpool a été tenu en échec 2-2 par Forest samedi, un nul arraché dans la douleur qui ne masque pas un début de saison poussif sous les ordres d’Andoni Iraola. L’équipe a montré du caractère pour revenir, oui. Mais pour Alexander Isak, ça ne suffit plus.

« Je pense qu’il n’y a pas de problème de combativité et de fait de ne jamais abandonner. On l’a montré la semaine dernière aussi », a lâché l’attaquant suédois au micro de TNT Sports. Le ton était franc, presque sec. Le message, limpide : la rage ne compensera pas indéfiniment les manques structurels.

Un début raté, une réaction trop fragile

Le match a démarré comme un écho des dernières semaines : brouillon, hésitant, sans vrai contrôle. L’équipe d’Iraola a mis du temps à trouver son rythme, et Forest n’a pas attendu. Profitant de la léthargie locale, Dan Ndoye a fait taire Anfield en ouvrant le score au milieu de la première période.

Liverpool a fini par se réveiller. Sur l’heure de jeu, Isak a conclu avec sang-froid pour égaliser, offrant enfin un peu d’élan à une tribune qui n’attendait que ça. Anfield s’est embrasé. Le momentum semblait changer de camp.

Mais la faille est revenue aussitôt. Morgan Gibbs-White a redonné l’avantage aux visiteurs sur penalty, refroidissant net l’enthousiasme né du but d’Isak. C’est précisément ce scénario qui irrite le Suédois.

« On a commencé le match assez mal aujourd’hui aussi. Quand on a pris de l’élan en marquant, c’est là qu’on doit être meilleurs, je pense, parce qu’encore aujourd’hui on encaisse assez vite après », a-t-il regretté. Revenir, puis s’effondrer derrière : une habitude qui commence à peser.

Isak, visage de la nouvelle ère… et poids sur les épaules

Recruté pour incarner le nouveau fer de lance offensif, Isak sait que les attentes sont immenses. Il ne se dérobe pas. Interrogé sur un sentiment de responsabilité accru cette saison, il a assumé : « Oui, bien sûr. C’est le boulot, au final, pour un attaquant. Évidemment, je suis très heureux de marquer le premier et j’espère que ça va continuer.

Pas de grands discours sur des records personnels ou des objectifs chiffrés. Il a coupé court : « Pas vraiment. Je pense que chaque attaquant veut marquer à chaque match qu’il joue. » Le message est simple : il veut marquer souvent, mais ça n’a de sens que si l’équipe suit.

Pour l’instant, la mécanique collective grince encore.

Iraola, pressing haut et transition douloureuse

Le passage de l’ancien régime à la patte Iraola reste au centre des discussions sur les bords de la Mersey. Le technicien espagnol, qui s’est fait un nom à Bournemouth et au Rayo Vallecano, impose un football intense, exigeant, basé sur une discipline tactique rigoureuse. Sur le papier, un plan clair. Sur le terrain, une équipe encore en rodage.

Les premiers matches de Premier League montrent une formation qui peine à enchaîner les séquences maîtrisées, surtout après avoir recollé au score. La transition est réelle, la pression aussi, car Liverpool attend plus qu’un simple « bon travail à l’entraînement ».

Isak, lui, garde la foi : « Ça se passe bien. Il faut toujours du temps pour s’habituer à un nouveau style de jeu et à un nouveau manager. Mais on travaille vraiment dur pour essayer de jouer le jeu qu’il veut qu’on joue et je pense que quand on commencera à le faire mieux, je n’ai aucun doute que les résultats viendront.

Le discours est confiant, mais la réalité comptable reste têtue : Liverpool attend toujours sa première victoire en championnat sous Iraola.

Anfield, refuge et rappel à l’exigence

Dans ce tableau contrasté, un point lumineux : le retour à Anfield. Malgré les doutes, le stade a poussé, chanté, grondé, fidèle à sa réputation. Isak en a savouré chaque minute.

« C’était incroyable. Je pense que nos fans ont été incroyables. Très heureux d’être de retour ici à la maison et j’ai hâte d’y revenir encore », a-t-il confié, visiblement touché par l’accueil du Kop.

L’atmosphère reste un atout majeur. Mais elle ne suffira pas à protéger une défense trop souvent prise en défaut sur les transitions rapides. Tant que la ligne arrière restera aussi vulnérable, les efforts d’un secteur offensif pourtant talentueux risquent de se perdre.

Liverpool devra vite resserrer les rangs derrière. Dès le milieu de semaine, un déplacement à Ipswich Town attend les hommes d’Iraola. Un match loin d’Anfield, sans le cocon du Kop, où les réponses devront venir du terrain, pas des tribunes.