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Malik Tillman, Brendan Aaronson, Antonee Robinson, Ricardo Pepi : quatre saisons à relancer

Malik Tillman, Brendan Aaronson, Antonee Robinson, Ricardo Pepi : quatre saisons à relancer, quatre matches déjà décisifs

Tillman, du rêve de Coupe du monde à la réalité crue de Leverkusen

Malik Tillman sort d’une Coupe du monde éclatante. Sous les ordres de Mauricio Pochettino, il a changé de dimension. Fini le meneur de jeu soyeux aperçu au PSV, collé dans le rôle classique du numéro 10. Le technicien argentin l’a déplacé plus bas, en numéro 8 moderne, agressif, obsédé par le pressing et la progression du ballon.

Les gestes de classe n’ont pas disparu pour autant. Deux coups francs sublimes ont marqué le tournoi et sont déjà rangés dans la mémoire collective de l’USMNT. Mais la sélection n’efface pas tout. Le retour en club raconte une autre histoire.

Le Bayer Leverkusen que Tillman retrouve n’a plus grand-chose à voir avec celui qu’il avait rejoint douze mois plus tôt. À l’époque, le club surfait encore sur l’exploit d’avoir mis fin à l’hégémonie du Bayern Munich en Bundesliga et se préparait à la Ligue des champions. Aujourd’hui, le décor est beaucoup plus terne : saison ratée, dynamique brisée, et une simple qualification pour la Ligue Europa comme maigre consolation.

Dans ce contexte morose, Tillman n’a pas pesé autant qu’espéré : six buts et une seule passe décisive sur l’ensemble de l’exercice avec les Allemands. Trop peu pour un joueur censé incarner une nouvelle étape de leur projet.

La donne change avec l’arrivée de Carles Martínez Novell. Le technicien, révélé à Toulouse, s’est bâti une réputation d’entraîneur capable de faire beaucoup avec peu. Profil en ascension, football offensif, idées claires : le choix colle à un club qui cherche à se relancer sans renier son identité.

Pour Tillman, c’est une seconde chance. Il peut s’installer comme numéro 8 façon Pochettino, ou retrouver un rôle de pur numéro 10, plus proche de la surface. Les deux options existent dans le système de Martínez Novell. Et face à Elversberg, promu en Bundesliga, le rendez-vous ressemble à une opportunité idéale pour enfin aligner son talent international avec son rendement en club.

Aaronson, l’infatigable qui doit enfin peser dans les chiffres

Brendan Aaronson intrigue. Il court, presse, répète les efforts. Il progresse aussi dans la dernière passe. Mais une impression persiste : à 33 buts et 31 passes décisives en 268 matches de championnat, son influence statistique reste en retrait par rapport à son volume de jeu.

Malgré ces limites, il a gagné la confiance de Daniel Farke à Leeds. Après avoir traversé des périodes compliquées à Elland Road, il s’est imposé dans le plan de jeu. Cette saison, tout indique qu’il sera un titulaire à part entière.

Son premier match a donné le ton : aligné côté gauche lors du succès 1-0 contre Nottingham Forest, il n’a pas créé la moindre occasion, mais a compensé par une activité défensive impressionnante. Sept interventions défensives, quatorze sprints, six ballons récupérés. Un match typique d’Aaronson : généreux, discipliné, utile.

Reste la question essentielle : l’impact offensif. Leeds a attiré Harry Wilson pour animer le couloir droit et alléger la pression sur Aaronson, qui n’est pas un créateur naturel. Ce renfort aide, mais ne règle pas tout. Dans le dernier tiers, il manque encore une étincelle.

Face à Brentford, équipe organisée et difficile à déséquilibrer, ce manque peut coûter cher. À Aaronson de prouver qu’il peut faire plus que courir et harceler. Il doit commencer à influer sur le tableau d’affichage, pas seulement sur les statistiques de pressing.

Robinson, liberté offensive mais soirée cauchemar face à Palmer

Les débuts d’Alvaro Arbeloa sur le banc de Fulham ont offert un spectacle aussi désordonné que captivant. Défaite 3-2 contre Chelsea, mais un contenu offensif prometteur. L’effectif regorge de jeunes joueurs créatifs, et l’ancien latéral du Real Madrid semble décidé à les laisser s’exprimer.

Son idée est claire : chaos contrôlé dans le dernier tiers, latéraux très hauts, prise de risques permanente. Un cadre idéal pour Antonee Robinson, dont la marque de fabrique reste sa capacité à se projeter et à créer depuis le couloir.

Contre Chelsea, cela s’est vu. Robinson a tenté, beaucoup. Il a même joué plus de passes cassant les lignes que le milieu offensif gauche Cesar Palacios. Son rôle dans la construction et la progression du ballon a été évident.

Mais l’autre versant du poste de latéral a fait mal. Cole Palmer lui a mené la vie dure, quasiment du début à la fin. Dribbles, déplacements, prises de balle entre les lignes : l’ailier de Chelsea a signé un récital, et Robinson n’a jamais vraiment réussi à le contenir. Fulham a amusé, mais Fulham a perdu.

Le latéral américain doit maintenant réagir, surtout défensivement. Sunderland arrive au bon moment. Les Black Cats sortent d’une saison improbable, ponctuée par une qualification européenne qui va leur imposer un calendrier chargé avec la Ligue Europa. Une équipe talentueuse, mais qui risque de jongler avec la gestion des efforts. Typiquement le genre d’adversaire prenable pour un Fulham ambitieux.

Pour Robinson, l’objectif est simple : conserver son audace offensive, mais retrouver de la solidité derrière. Sans ça, le projet d’Arbeloa restera spectaculaire… et trop fragile.

Pepi, le buteur qui tourne en rond

Ricardo Pepi, lui, a raté le coche au plus mauvais moment. Avant la Coupe du monde, il semblait en duel ouvert avec Folarin Balogun pour le poste de numéro 9 titulaire. Au final, 200 minutes de jeu environ, aucun but, aucune passe décisive. Pour un joueur présenté comme prêt à exploser sur la scène mondiale, la déception est lourde.

Les mois suivants n’ont pas vraiment clarifié son horizon. En janvier, une arrivée en Premier League était annoncée comme imminente. Puis une fracture du bras a tout freiné. De retour avec le PSV, il a retrouvé le chemin des filets, mais sans décrocher ce fameux « palier supérieur » que son entourage lui promet.

L’été n’a pas apporté de solution. Aucun transfert majeur, aucune porte vraiment ouverte. Et pourtant, les buts reviennent : Pepi a marqué lors de ses deux dernières rencontres. Il avance, mais donne l’impression de courir sur place.

Pour le PSV, l’équation est plus simple. Peu importe le contexte, il reste l’attaquant de référence. Le club doit défendre son titre national et préparer une campagne de Ligue des champions exigeante. Avant les grands soirs européens, il y a un passage obligé : Utrecht, à domicile.

Pepi a déjà inscrit deux buts en trois matches de championnat. S’il prolonge cette série, la saison pourrait basculer de « frustrante » à « fondatrice ». La question n’est plus de savoir s’il peut marquer. Elle est de savoir si, cette fois, ses buts suffiront à le propulser au niveau auquel on l’attend depuis des mois.