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Kirsty Hanson : le transfert stratégique de Tottenham dans la WSL

Sous les projecteurs de la Women’s Super League, l’été a été marqué par l’arrivée de grandes stars venues de l’étranger. Pourtant, l’un des mouvements les plus malins du marché pourrait bien être celui qui a fait le moins de bruit : le transfert de Kirsty Hanson d’Aston Villa à Tottenham.

À 28 ans, l’attaquante écossaise sort de la meilleure saison de sa carrière. Troisième meilleure buteuse de WSL, elle a porté une équipe d’Aston Villa engluée dans le ventre mou, seulement neuvième au classement. Douze buts en 22 matches. Seules Khadija Shaw, élue joueuse de l’année par la PFA, et l’attaquante de l’Angleterre Alessia Russo ont fait mieux.

Pour Spurs, qui lanceront leur saison de WSL le 6 septembre à domicile face à West Ham, c’est un pari calculé. Et potentiellement décisif.

De Manchester United au déclic à Aston Villa

La trajectoire de Hanson n’a rien d’un conte de fées instantané. Sa carrière a vraiment explosé la saison dernière, mais la montée en puissance était déjà là, patiemment construite au fil de ses quatre années réussies à Aston Villa.

Avant cela, elle avait participé à la construction du projet professionnel de Manchester United chez les femmes, avant de voir son temps de jeu se réduire. Quand Villa la récupère en prêt en 2022, Hanson arrive en manque de confiance, en quête d’un nouvel élan.

La suite change tout : 26 buts en 100 apparitions, deux titres de joueuse de la saison. Le déclic est net.

« Je dois énormément à Villa. Ils savent que je suis partie en très bons termes. J’ai vraiment apprécié mon passage là-bas », confie-t-elle. « Tout le monde m’a aidée à retrouver confiance. J’espère pouvoir continuer à construire là-dessus, mais je ne me mets pas de pression. »

Quitter ce confort n’a pas été simple. « C’était évidemment une décision très difficile de quitter Villa, mais en regardant Spurs, on voyait leur ambition et le fait qu’ils progressent chaque saison. »

Un élément a pesé plus que les autres : le nom de l’entraîneur. « Quand ils ont nommé Martin [Ho] comme manager, pour moi c’était un gros signal, parce que c’est l’un des meilleurs coaches avec lesquels j’ai travaillé. »

Retrouvailles avec Martin Ho et défi XXL à Tottenham

Kirsty Hanson connaît bien Martin Ho. L’entraîneur l’a déjà dirigée lorsqu’il était adjoint à Manchester United entre 2020 et 2023. Cette fois, il a fait d’elle une cible prioritaire du mercato, et le club l’a soutenu en déboursant une indemnité non dévoilée pour la recruter.

« Je sais qu’il tire le meilleur de moi grâce aux détails qu’il met dans son travail. Je pense vraiment que ça va me pousser encore plus loin dans ma carrière », explique l’Écossaise.

Le message est clair : Tottenham ne veut plus se contenter de regarder les autres jouer le haut de tableau. Cinquièmes la saison passée, les Londoniens visent désormais le top 3 de la WSL et un billet pour la Women’s Champions League.

Les signatures de l’été le confirment. En plus de Hanson, Spurs ont attiré la meilleure buteuse de West Ham, Shekiera Martinez, la défenseure française Alice Sombath en provenance de Lyon, et la milieu créative Victoria Pelova, arrachée au rival Arsenal.

La concurrence sera féroce pour une place dans le onze. Hanson ne s’en cache pas, elle en a besoin.

« Je suis désormais à l’aise en WSL, mais je ne me vois toujours pas comme l’une des meilleures. Je suis très critique envers moi-même », reconnaît-elle. « Ça va être dur. Je ne m’attends à rien. Mon objectif principal, c’est juste d’être meilleure, parce que j’ai encore tellement de paliers à franchir. Martin le sait aussi. »

Elle arrive dans un vestiaire dense, et ça l’enthousiasme autant que ça la stimule. « Je connaissais le niveau des joueuses déjà présentes. Je suis tellement excitée à l’idée d’apprendre d’elles. Je suis aussi là pour aider les autres, comme je l’ai fait dans chaque club. »

Puis elle résume son profil sans détour : « Je ne suis peut-être pas la plus talentueuse, mais j’ai beaucoup de combativité et de faim. Je suis prête à traverser un mur de briques pour mon équipe. J’espère que je leur ai déjà montré ça. »

Statistiques, volume de jeu et maturité

Les chiffres confirment ce que le terrain laissait deviner. La saison dernière, Hanson a inscrit 43 % des buts d’Aston Villa en championnat. Elle affichait aussi le meilleur ratio de tirs cadrés (50 %) parmi les cinq meilleures buteuses de la ligue.

Elle ne se contentait pas de finir les actions. Seules deux de ses coéquipières ont créé plus d’occasions qu’elle (16), et elle a été la joueuse de Villa la plus présente dans la surface adverse. Son activité sans ballon impressionne tout autant : elle figure parmi les meilleures de son poste en nombre d’actions défensives, tacles et interceptions compris.

Sur le terrain, elle pèse. Partout.

En dehors, elle a aussi changé. Hanson parle d’une joueuse plus complète, plus posée, armée d’un diplôme en entraînement sportif qu’elle espère valoriser à l’avenir.

Interrogée sur les domaines où elle a le plus progressé, elle détaille : « Je sais quoi faire à différents moments du match. Je sais comment calmer les joueuses. » Puis elle fait le lien avec son passé commun avec Martin Ho : « À l’époque où je travaillais avec Martin, j’étais plus jeune et je n’aurais pas été capable de gérer ça autant. Maintenant, j’ai vraiment beaucoup mûri. »

Cette maturité tombe au bon moment. Tottenham a durci sa préparation estivale, et Hanson a tout de suite senti le changement de dimension.

« Les entraînements ont été vraiment durs. C’est probablement l’une des préparations les plus difficiles que j’ai faites. Martin nous met au défi, il essaie de nous pousser dans nos retranchements », raconte-t-elle. « C’est exactement ce que je voulais, parce que j’avais besoin d’un défi. Je ne veux pas juste être recrutée parce qu’on pense que je suis bonne, je veux qu’on m’améliore. »

Ambition affichée, concurrence assumée, coach connu et reconnu, statistiques de top buteuse : sur le papier, tout s’aligne. Reste une question, la seule qui comptera vraiment à la fin de la saison : cette signature discrète fera-t-elle de Tottenham une équipe de Champions League, ou restera-t-elle le coup de génie sous-estimé d’un mercato déjà bouclé ?