Juventus : Simone Inzaghi en ligne de mire pour l’après-Spalletti
La saison vient à peine de démarrer que l’ombre du doute plane déjà sur le banc de la Juventus. Luciano Spalletti, arrivé pour relancer un géant malmené ces dernières années, se retrouve sous pression après un début poussif en Serie A : 11 points seulement en sept journées, trois victoires, deux nuls, deux défaites. Trop léger pour un club qui se veut candidat au titre.
À Vigo, sur la pelouse de l’Estadio Balaídos, le visage fermé de Spalletti avant le coup d’envoi de la rencontre de phase de ligue en UEFA Europa League contre le Celta a résumé l’atmosphère du moment. La Juve cherche encore son identité, ses certitudes, son mordant. Et, en coulisse, les scénarios d’avenir commencent déjà à s’écrire.
Spalletti protégé… pour l’instant
Selon plusieurs sources, les dirigeants bianconeri et la propriété ne veulent pas d’un changement brutal en pleine saison. Spalletti dispose d’un contrat longue durée à l’Allianz Stadium, jusqu’en 2028, et le club ne souhaite ni déclencher une tempête sportive ni assumer un nouveau lourd coût financier.
Cette ligne de conduite a toutefois une limite très claire : les résultats. Si la trajectoire ne se redresse pas dans les prochains mois, la protection actuelle pourrait voler en éclats. Le vestiaire, l’ambiance dans le stade, la pression du classement : tout peut accélérer une décision que personne ne veut prendre trop tôt, mais que la Juventus ne pourra pas esquiver éternellement.
Pioli et Conte, options de secours pour un intérim
En cas de rupture en cours de saison, la Juventus se tournerait vers une solution de transition. Deux noms reviennent avec insistance : Stefano Pioli et Antonio Conte.
Pioli, libre, incarne l’entraîneur capable de stabiliser un groupe, de remettre de l’ordre et une structure claire en peu de temps. Conte, lui, représente le choc émotionnel absolu. Son passage à la tête de la Juve a marqué l’ère moderne du club, et son retour sur le banc de la SSC Napoli a rappelé à quel point il sait rallumer une flamme dans un environnement exigeant.
Ces pistes, toutefois, s’inscriraient surtout dans une logique de « pompier de service » en cours de saison. La vraie révolution, si elle doit avoir lieu, se prépare déjà pour 2027-2028.
Simone Inzaghi, le projet pour 2027-2028
C’est là qu’entre en scène Simone Inzaghi. D’après La Gazzetta dello Sport, l’ancien entraîneur de l’Inter, aujourd’hui sur le banc d’Al Hilal, figure parmi les principaux candidats pour prendre les rênes de la Juventus à partir de la saison 2027-2028.
Le profil séduit. Inzaghi connaît la Serie A dans ses moindres détails, a déjà géré la pression d’un grand d’Italie et dispose d’un palmarès qui parle pour lui. Avec l’Inter, il a conquis le Scudetto en 2023-2024, soulevé deux fois la Coppa Italia, remporté à trois reprises la Supercoppa Italiana et disputé deux finales de Champions League, en 2023 puis en 2025. Un CV qui pèse lourd dans les bureaux turinois.
On lui reconnaît aussi une vraie capacité à faire progresser ses joueurs et à façonner des équipes compétitives sur plusieurs tableaux, sans renoncer au jeu. Exactement le type de profil que la Juventus recherche pour ouvrir un nouveau cycle, plus structuré, plus ambitieux, après des années de transitions inachevées.
L’objectif non négociable : la Champions League
Un point fixe domine toutes les discussions : la qualification pour la Champions League. C’est le minimum exigé à Spalletti pour sauver sa saison et, sans doute, son projet à Turin. En dessous de ce seuil, la Juventus ne se contenterait pas d’un simple ajustement. Le club envisagerait alors un changement de cap plus profond, avec un entraîneur de « projet » plutôt qu’un simple gestionnaire de crise.
Dans ce scénario, Inzaghi apparaît comme l’option idéale : expérience au plus haut niveau, connaissance du championnat, titres récents, et la sensation qu’il peut bâtir une équipe capable de rivaliser en Italie et en Europe sur la durée.
Pour l’instant, Spalletti est encore en poste, soutenu officiellement par sa direction. Mais chaque contre-performance, chaque point abandonné, donne un peu plus de relief à un nom qui, depuis Riyad jusqu’à Turin, commence déjà à résonner : celui de Simone Inzaghi.
Reste une question, brutale mais inévitable : la Juventus laissera-t-elle à Spalletti le temps d’éviter que ce scénario ne devienne réalité, ou le banc bianconero est-il déjà en train de glisser vers une nouvelle ère ?




