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Kristaps Porziņģis : Les Warriors envisagent un transfert face au POTS

Les Golden State Warriors ouvrent la porte à un possible départ de Kristaps Porziņģis. Selon Shams Charania (ESPN), la franchise étudie des scénarios de transfert impliquant l’intérieur letton, au moment même où sa carrière se retrouve suspendue à une question de santé lourde : la récidive d’un syndrome de tachycardie orthostatique posturale, plus connu sous l’acronyme POTS.

Un All-Star à l’arrêt, miné par le POTS

Porziņģis est éloigné du groupe depuis plusieurs semaines. Le 14 octobre, Golden State avait annoncé qu’il serait « absent pour une durée indéterminée », évoquant alors une « raison liée à la santé » sans davantage de détails. Le voile s’est levé avec le rapport de mercredi : il s’agit bien de symptômes récurrents du POTS, et le joueur réfléchit désormais à son avenir dans le basket de haut niveau.

Le POTS, décrit par la Cleveland Clinic comme un trouble qui accélère anormalement le rythme cardiaque lors du passage de la position assise ou allongée à la station debout, se manifeste de façon très variable d’un patient à l’autre. Chez Porziņģis, les effets se traduisent surtout par des difficultés respiratoires et une fatigue marquée. Diagnostiqué en 2025, il vit avec cette ombre médicale dans le dos depuis plusieurs saisons.

Cette pathologie avait déjà lourdement pesé sur lui lors des demi-finales de Conférence Est 2024-25 face aux New York Knicks, sous le maillot des Boston Celtics. Sur cette série en six matchs, l’intérieur de 2,18 m n’avait joué en moyenne que 15,5 minutes. Après le match 5, l’entraîneur Joe Mazzulla avait lâché une phrase glaçante pour un compétiteur de ce calibre : s’il n’avait pas disputé la seconde mi-temps, c’est parce qu’« il ne pouvait pas respirer ». La défense du titre des Celtics s’était arrêtée là.

Un message frontal sur sa santé

La semaine dernière, Porziņģis a pris la parole sur les réseaux sociaux, pour reprendre la main sur le récit de sa santé. Un ton direct, parfois désabusé, mais lucide.

« Bonjour les gens, je travaille avec des médecins et des experts pour trouver comment revenir complètement à une bonne santé le plus vite possible », a écrit l’ancien All-Star et champion NBA. Il a assuré « aller de mieux en mieux », tout en reconnaissant la frustration accumulée : ces soucis de santé difficiles à cerner s’ajoutent à une carrière déjà marquée par les blessures. « Ça s’est clairement accumulé, mais on va s’en sortir. La santé, c’est la richesse. Merci pour tout le soutien. »

Dans un second message, il a tenu à couper court aux rumeurs et spéculations sauvages : « J’apprécie tous les docteurs d’internet qui essaient de diagnostiquer et d’aider, mais je suis entre les meilleures mains. Donc tout le monde peut se détendre maintenant… et je n’ai pas le VIH ni le SIDA. » Une mise au point brutale, mais révélatrice de la pression et du bruit qui entourent sa situation.

Une carrière brillante, sans cesse relancée

Le parcours de Porziņģis n’a jamais été linéaire. Drafté en 4e position en 2015 par les New York Knicks après un passage à Sevilla en Espagne, il s’est imposé très vite comme un phénomène atypique : 2,18 m, une envergure interminable, un tir extérieur de haut niveau, un profil de « unicorn » qui devait redéfinir le poste d’intérieur moderne.

Les blessures ont freiné l’élan. Il manque toute la saison 2018-19 en raison d’une rupture du ligament croisé antérieur. À partir de là, sa carrière prend la forme d’un tour de ligue : Dallas Mavericks, Washington Wizards, Boston Celtics, Atlanta Hawks, puis Golden State Warriors. À chaque étape, le même scénario : des séquences où son talent saute aux yeux, puis un corps qui dit stop.

Sur dix saisons, il a disputé 533 matchs, pour des moyennes de 19,5 points, 7,6 rebonds et 1,9 passe décisive. Des chiffres de joueur majeur, pas de rôle player de complément. La saison dernière, partagée entre les Hawks et les Warriors, il n’a joué que 32 rencontres, pour 16,7 points, 5,2 rebonds et 2,5 passes de moyenne. C’est, hors saison blanche 2018-19, son plus faible total de matchs, et sa plus petite production au scoring depuis sa saison rookie 2015-16.

Les Warriors face à un dilemme

Dans ce contexte, la réflexion des Warriors dépasse largement le simple calcul sportif. L’organisation doit composer avec un joueur dont l’impact, quand il est sur le parquet, reste élevé, mais dont la disponibilité est devenue un point d’interrogation permanent. Explorer des options de transfert, c’est tenter de sécuriser l’avenir de la franchise, tout en sachant que la valeur de Porziņģis est intimement liée à une donnée qu’aucun front office ne maîtrise : sa santé.

Pour le Letton, l’enjeu est encore plus grand. Il ne s’agit plus seulement de retrouver son niveau All-Star ou de s’intégrer dans un nouveau système. Il s’agit de savoir si son corps lui permettra de continuer à vivre le quotidien exigeant d’une saison NBA, avec ses voyages, son intensité, ses back-to-back, ou si le POTS finira par imposer sa loi.

Les Warriors peuvent encore ajuster leur effectif. Les autres franchises peuvent tenter un pari. Mais la vraie décision, la plus lourde, se joue ailleurs : dans le camp de Kristaps Porziņģis, face à une question simple et terrible à la fois. Jusqu’où vaut-il la peine de pousser son corps pour rester sur un parquet NBA ?