
Juventus s'effondre en prolongation face à Galatasaray en Ligue des Champions
À l’Allianz Stadium, Juventus a cru tenir une qualification tranquille avant de s’effondrer en prolongation face à Galatasaray (3-2 a.p., 3-0 après 90 minutes) en 1/16e de finale de l’UEFA Champions League 2025. Devant 3-0 à l’issue du temps réglementaire, l’équipe de Luciano Spalletti a été renversée par le réalisme tardif des hommes d’Okan Buruk, portés par Victor Osimhen et Barış Alper Yılmaz. Dans un duel entre le 13e (13 points, +4) et le 20e (10 points, -2) du classement général de la compétition, ce scénario change brutalement la dynamique européenne des deux clubs.
Première période : Juventus prend l’ascendant
La rencontre s’ouvre dans un climat déjà tendu, symbolisé par l’avertissement infligé avant le coup d’envoi à Carlo Pinsoglio sur le banc de Juventus pour contestation (-5'). Sur le terrain, Galatasaray se signale le premier dans le registre de l’engagement, avec un carton jaune pour Victor Osimhen sur une faute à la 14'.
Juventus répond dans le même ton : Lloyd Kelly est averti à la 25', suivi de Kenan Yıldız à la 31', tous deux pour faute. Roland Sallai est à son tour sanctionné côté turc à la 33', preuve d’un combat physique permanent au milieu et dans les duels.
La bascule intervient à la 37' : un penalty est accordé à Juventus et transformé par Manuel Locatelli. Le milieu italien ouvre le score et permet aux Bianconeri de virer en tête à la pause (1-0), dans une première période marquée davantage par les contacts et les cartons que par les occasions décisives explicitement recensées.
Seconde période et prolongation : de la maîtrise au naufrage
Au retour des vestiaires, le tournant disciplinaire arrive très vite. À la 48', une intervention de Lloyd Kelly est revue à la VAR pour une possible aggravation de sanction. Une minute plus tard, à la 49', le défenseur de Juventus reçoit un carton rouge pour faute. Réduits à dix, les hommes de Luciano Spalletti se retrouvent à défendre leur avantage en infériorité numérique.
Okan Buruk réagit immédiatement à l’heure de jeu : à la 59', Noa Lang cède sa place à Leroy Sané, puis Roland Sallai est remplacé par Sacha Boey. Galatasaray se réorganise, Boey apportant de la fraîcheur défensive côté droit, Sané de la percussion offensive. Gabriel Sara est averti pour fautes répétées à la 60', signe que les Stambouliotes poussent mais doivent aussi casser les transitions.
Spalletti ajuste à son tour à la 67' : Francisco Conceição sort, remplacé par Edon Zhegrova, tandis que Jonathan David laisse sa place à Jérémie Boga. Juventus tente ainsi de conserver de la vitesse devant malgré l’infériorité. Le choix paie rapidement : à la 70', Federico Gatti double la mise d’un but inscrit sur une action où Pierre Kalulu est crédité de la passe décisive.
Galatasaray poursuit sa série de changements offensifs et techniques : Gabriel Sara est remplacé par İlkay Gündoğan à la 71', puis Khéphren Thuram cède sa place à Vasilije Adžić à la 77' côté Juventus, Luciano Spalletti cherchant à garder de la maîtrise au milieu. À la 82', Weston McKennie inscrit le troisième but bianconero, servi par Teun Koopmeiners. À 3-0, malgré le rouge, Juventus semble avoir plié le dossier.
En fin de temps réglementaire, Okan Buruk lance encore l’artillerie : Mario Lemina sort pour Mauro Icardi à la 87', Ismail Jakobs est remplacé par Eren Elmalı dans le même temps, renforçant à la fois le front offensif et le couloir gauche. En prolongation, Spalletti continue de gérer les forces : Kenan Yıldız cède sa place à Fabio Miretti à la 103', pendant que Lucas Torreira est remplacé par Wilfried Singo côté turc.
C’est là que tout bascule. À la 105', Victor Osimhen réduit le score pour Galatasaray, servi par Barış Alper Yılmaz. Juventus tente encore de se réajuster : Manuel Locatelli est remplacé par Filip Kostić à la 109', et Pierre Kalulu laisse sa place à Loïs Openda, un choix très offensif pour un joueur initialement défenseur, véritable pari de Spalletti pour garder une menace en profondeur malgré la fatigue. Galatasaray, de son côté, voit son gardien Uğurcan Çakır averti pour gain de temps à la 111', ce qui traduit aussi une volonté de gérer le rythme alors que l’espoir renaît.
La punition tombe à la 119' : Barış Alper Yılmaz, déjà passeur, marque à son tour, servi cette fois par Wilfried Singo, entré un peu plus tôt. Galatasaray revient à 3-2 sur l’ensemble du match en prolongation (0-2 sur cette période), renversant complètement la dynamique d’une Juventus en supériorité au score mais en infériorité numérique et mentale.
Lecture statistique : possession turque, volume italien
Les chiffres confirment un affrontement de styles. Galatasaray a contrôlé 53 % du ballon, avec 576 passes tentées et 480 réussies (83 %), contre 498 passes pour Juventus, dont 395 précises (79 %). Les Turcs ont donc davantage fait circuler, mais ce sont les Italiens qui ont le plus frappé.
Juventus termine avec 28 tirs, dont 9 cadrés, contre 16 tentatives et 8 cadrées pour Galatasaray. L’indicateur d’expected goals est éloquent : 5,06 xG pour Juventus contre 2,01 pour Galatasaray. Les Bianconeri ont produit un volume offensif massif, sans réussir à tuer définitivement le suspense. Les deux gardiens réalisent 6 arrêts chacun, ce qui illustre un match ouvert dans les deux surfaces.
Sur le plan disciplinaire, Juventus commet 17 fautes contre 14 pour Galatasaray. Les Italiens récoltent 3 jaunes et 1 rouge (Kelly), tandis que Galatasaray reçoit 4 avertissements (Osimhen, Sallai, Gabriel Sara, Uğurcan Çakır). L’intensité et la nervosité ont clairement pesé sur le scénario, notamment avec l’exclusion de Kelly qui a conditionné toute la seconde période.
Classement et dynamiques
Au coup d’envoi, Juventus occupait la 13e place du tableau général de la Champions League, avec 13 points, une différence de buts de +4 et une série solide (DWWWD), invaincue à domicile (2 victoires, 2 nuls, 9 buts marqués, 5 encaissés). Galatasaray, 20e avec 10 points et un goal-average de -2, arrivait avec une forme plus irrégulière (LDLLW) et une fragilité à l’extérieur (3 défaites en 4 déplacements, 4 buts marqués, 8 concédés).
Juventus confirme sa capacité à marquer (14 buts en 8 matches avant cette affiche) mais laisse entrevoir des failles de gestion en supériorité au score et en infériorité numérique. Galatasaray, malgré un bilan global négatif en buts (9 pour, 11 contre avant ce duel), montre une résilience remarquable et une capacité à frapper tard, des atouts précieux pour la suite de son parcours européen dans ces play-offs de 1/16e de finale.




