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Jalaj Saxena brille avec 5 wickets pour Kerala

Sous un ciel noir et bas, Kerala a rugi. La pluie menaçait, les nuages pesaient sur le Greenfield Stadium de Thiruvananthapuram, mais ce sont les bails qui ont volé les premiers. Quand le dernier wicket d’Odisha est tombé, mercredi après-midi, le tableau d’affichage racontait une histoire sans appel : victoire par une manche et 36 points, sept points précieux dans l’escarcelle à domicile.

Il n’y avait pourtant besoin que d’un peu plus de 23 overs pour boucler l’affaire. Odisha, renvoyé pour 143, n’a jamais vraiment respiré. Au centre du tourbillon, un homme de 39 ans, au sourire discret et au bras toujours aussi lourd de menace : Jalaj Saxena.

Jalaj, le maître des cinq-wickets

Le vétéran off-spinner a transformé une matinée grise en journée historique. 5/34 en 18 overs, la ligne de stats est sèche, implacable. Mais derrière ces chiffres, il y a une trajectoire qui force le respect. C’était son 35e cinq-wicket haul en Ranji Trophy. Un cap symbolique qui le place aux côtés d’un monument : Bishan Singh Bedi, cinquième total de cinq-fors de l’histoire de la compétition.

Odisha est ainsi devenu la 20e équipe de Ranji contre laquelle Jalaj prend au moins cinq wickets. Une collection patiemment bâtie, adversaire après adversaire, saison après saison. Lui, pourtant, ne s’attarde pas sur les chiffres. Interrogé sur ce record, il hausse les épaules, demande presque innocemment qui détient le sommet absolu. Il connaît la réponse : Rajinder Goel, 59 cinq-fors, un Everest pour tout lanceur de première classe.

Rien de clinquant dans sa recette, mais une obsession tranquille pour le jeu. Il le dit simplement : il aime enfiler le blanc, tenir sur quatre jours, s’user pour l’équipe. L’intersaison, il l’a passée à renforcer son dos, son gainage, à préparer le corps aux longs sorts. Mercredi, tout s’est aligné. Odisha déjà en difficulté, quatre wickets à terre en arrivant sur la dernière journée. Le plan ? Basique sur le papier : poser la balle dans les bonnes zones. Sur ce terrain, c’était suffisant pour que le pitch fasse le reste.

La balle a accroché, les battes ont douté, et l’expérience a parlé. Over après over, Jalaj a étranglé toute velléité de résistance. Et quand vient le moment de savourer, il se dérobe, renvoie le mérite au collectif. « C’est un effort d’équipe », répète-t-il. La partition avait en effet été lancée plus tôt par les batteurs, avec les centuries de Sachin Baby et Mohammed Azharuddeen, qui ont offert à Kerala une avance écrasante et la liberté de lâcher les chiens.

Un vétéran qui refuse le crépuscule

À 39 ans, beaucoup rangent les crampons ou glissent doucement vers l’ombre. Jalaj, lui, grimpe encore l’échelle. Il parle de « long terme », de « prochain niveau ». Pour lui, jouer le Ranji Trophy n’a de sens que s’il y a un horizon au-delà. Il l’assume : progresser, viser plus haut, reste son moteur.

Et il n’est pas seul à rêver. Il cite Sachin Baby, Mohammed Azharuddeen, leurs ambitions d’IPL, de sélection nationale. Dans ce vestiaire, l’appétit n’a rien d’abstrait. Il se nourrit de journées comme celle-ci, où un ancien montre la voie par l’exemple plus que par les mots.

Son état d’esprit peut devenir contagieux, surtout pour la jeune garde. On pense à Vaisakh Chandran, off-spinner lui aussi, revenu en first-class lors du match précédent contre Jharkhand. Jalaj aime ce bowling en tandem, cette conversation silencieuse entre deux lanceurs qui se répondent d’un bout à l’autre du pitch. Il voit en Vaisakh un talent, un apprenant avide. C’est aussi là que se joue l’héritage : dans la transmission, pas seulement dans les colonnes de statistiques.

Un cadeau de Dussehra, Bengal en ligne de mire

Le timing, pour Kerala, ne pouvait pas être meilleur. Dans un État où la fête emplit l’air, ce succès a des allures de cadeau de Dussehra. Un triomphe net, à domicile, construit sur une performance collective et scellé par la main sûre de son vétéran.

La suite arrive vite. Bengal pointe déjà à l’horizon. Pas de grandes déclarations, pas de projections tapageuses dans la bouche de Jalaj. Il préfère le vieux mantra des vestiaires : un match après l’autre, rien de plus.

Mais après une telle démonstration, une question s’impose presque d’elle-même : combien de temps encore ce joueur, qui refuse obstinément le déclin, va-t-il continuer à réécrire la carte du Ranji Trophy, wicket après wicket, saison après saison ?