Iraola défend Wirtz malgré les critiques
Pour Andoni Iraola, Florian Wirtz ne se lit pas sur une feuille de stats. Il se lit dans la manière dont Liverpool respire quand il est sur le terrain.
Le milieu offensif allemand a brillé lors de la victoire contre Atlético Madrid mercredi, dans le sillage de plusieurs prestations fortes en Ligue des champions la saison passée. Pourtant, en Premier League, le débat enfle : une seule passe décisive, aucun but, et un nombre de ballons perdus qui fait tiquer les critiques. Pas de quoi faire vaciller son entraîneur.
« Flo a très bien joué contre Atlético Madrid et je pense aussi qu’il a été malchanceux », a rappelé Iraola.
Il a encore en tête ce but contre Nottingham Forest, validé en direct puis annulé par la VAR. Des passes qui auraient dû se transformer en passes décisives n’ont pas été converties. Pour le Basque, c’est la preuve qu’on ne peut pas juger son meneur de jeu à travers une colonne de chiffres.
Il insiste sur l’essentiel : la performance, la fluidité collective, la capacité de Wirtz à faire mieux jouer les autres. « De nos jours, tout tourne autour des chiffres », regrette Iraola, qui refuse de pousser son joueur dans une obsession du but et de la passe décisive. Tant que Liverpool produit du jeu, peu lui importe que les buts viennent des milieux, comme ce fut le cas récemment.
Face à Atlético, Wirtz a offert une énorme occasion à Bradley Barcola. Iraola est convaincu que l’influence de son numéro clé va encore grimper à mesure qu’il apprendra à lire les appels de Barcola et de Victor Muñoz, tous deux fraîchement arrivés. Les ailes ont été profondément remodelées, les automatismes sont encore en chantier, mais le coach voit déjà une connexion naissante après seulement deux matchs de Barcola. Il ne s’alarme pas. Au contraire, il attend la suite.
Grealish, de retour pour guider la nouvelle garde d’Everton
À Everton, David Moyes ne veut plus seulement de Jack Grealish le dribbleur. Il veut Jack Grealish le mentor.
Revenu en prêt de Manchester City, l’ailier de 31 ans a changé le visage du match dès son entrée contre Manchester United dimanche dernier, sa première apparition depuis sa fracture du pied qui avait brisé son premier passage à Goodison Park. Malgré un temps de jeu famélique en préparation, il pourrait débuter à Tottenham samedi. Moyes, lui, veut en faire une référence pour Tyrique George et Tyler Dibling.
Le message est clair : Grealish doit assumer un costume de cadre. Le manager attend de lui qu’il montre, ballon au pied, ce que doit être un ailier de haut niveau, mais aussi qu’il transmette, qu’il enseigne. Il parle d’un joueur plus mûr, plus conscient du jeu, davantage tourné vers le collectif sans renier son style si particulier.
La pression est plus lourde cette saison. Il faut combler le vide laissé par Iliman Ndiaye. Pour Moyes, s’il y a bien un joueur capable de porter ce fardeau créatif, c’est Grealish. Il sait vivre avec les attentes, presque s’en nourrir. Ses trois premiers mois l’an dernier ont été décisifs dans plusieurs victoires, et Everton espère retrouver ce niveau.
Reste la gestion physique : six mois et demi sans compétition, aucun vrai match de préparation, seulement un quart d’heure lors du Community Shield. Grealish se remet en forme en jouant, plus qu’à l’entraînement. Moyes le sait, avance avec prudence, mais constate déjà que son numéro 10 « a l’air bien ». Tottenham saura vite si c’est suffisant.
João Pedro hissé au rang d’Haaland par Xabi Alonso
Xabi Alonso n’a pas cherché à tempérer. Pour lui, João Pedro se situe au niveau d’Erling Haaland. Rien que ça.
Le buteur de Chelsea, piqué par sa non-sélection avec le Brésil pour la Coupe du monde, a démarré la saison pied au plancher. Deux buts en trois rencontres de Premier League, un trio offensif prometteur avec Cole Palmer et Morgan Rogers, et un titre de joueur du mois en poche. Chelsea en est déjà à 16 buts toutes compétitions confondues.
Interrogé sur une éventuelle comparaison avec Haaland, Alonso a assumé. À ses yeux, João Pedro fait partie du cercle très fermé des top attaquants du championnat, aux côtés du Norvégien. L’Espagnol va plus loin encore en convoquant un autre nom : Karim Benzema. Il retrouve chez son avant-centre les mêmes qualités multiples, dans la surface et en dehors, à gauche, de la tête, dans la lecture du jeu. Un attaquant complet, jeune, encore perfectible, mais déjà bardé de qualités « absolument exceptionnelles ».
Chelsea reçoit Hull samedi après-midi et veut capitaliser sur la folle remontée en Carabao Cup contre Leeds (victoire 6-3 après avoir été mené 2-0). Dans les vestiaires à la pause, Alonso n’a pas ménagé son groupe, largement remanié pour l’occasion. Il s’est reproché de ne pas avoir su mieux les guider, puis a décidé de secouer tout le monde, « gentiment », comme il le dit. La réaction, elle, a été brutale sur le terrain.
Moisés Caicedo, lui, manquera encore à l’appel. Toujours sans titularisation cette saison, le milieu ne sera pas précipité. Alonso refuse de prendre le moindre risque avec un joueur appelé à structurer son équipe sur la durée.
De Zerbi assume le cas Richarlison, malgré la disette
Tottenham n’a toujours pas marqué en Premier League. Trois matchs, zéro but. Et Richarlison regarde tout ça depuis l’extérieur du groupe.
Roberto De Zerbi ne recule pourtant pas. Il assure ne pas regretter la gestion du dossier, même si les chiffres offensifs de son équipe font mal. Selon lui, l’attaquant brésilien s’est lui-même placé en marge en refusant de prolonger et en répétant son désir de partir. Résultat : pas de place dans l’effectif inscrit en championnat, alors que Tottenham n’a jamais enchaîné quatre rencontres sans marquer au début d’une saison.
De Zerbi parle d’une « conséquence » des choix de Richarlison sur les dernières six semaines. Un transfert avorté à Everton, qui se présente justement au Tottenham Hotspur Stadium samedi, n’a rien arrangé : les Spurs avaient déjà recruté ses remplaçants. Le Brésilien s’entraîne toujours avec le groupe, mais reste en dehors des plans de match. L’Italien jure que, si la décision venait de lui seul, il aurait des regrets. Là, il s’abrite derrière un processus plus large.
Le coach reconnaît pourtant que Tottenham serait « bien mieux » avec un Richarlison engagé, prêt à rester, voire à prolonger. Il rappelle son importance la saison passée, tout en soulignant qu’on ne peut pas effacer les 45 derniers jours.
L’attaque londonienne a été décimée : les trois meilleurs buteurs de la saison dernière ne sont plus là. Richarlison est écarté, João Palhinha est parti à Benfica, Cristian Romero a rejoint Atlético Madrid. Mykhailo Mudryk, prêté par Chelsea, s’est blessé à la cheville à l’entraînement, avec des ligaments touchés et environ six semaines d’absence. Une blessure que De Zerbi juge « évitable », liée à un enchaînement trop rapide après une longue coupure.
Pour se relancer, Tottenham a investi 75 millions sur Sávio, venu de Manchester City, et a attiré Omar Marmoush en prêt. L’Égyptien n’a inscrit que 10 buts en un an et demi à City, mais s’est montré bien plus prolifique à Eintracht Frankfurt. De Zerbi est convaincu qu’il peut hausser ses standards, qu’il doit viser aussi les « buts moches » et non plus seulement les chefs‑d’œuvre.
Au-delà des profils, le technicien pointe un mal plus profond : un manque de confiance, de liberté, de prise de risque. Il demande à ses joueurs de se comporter « comme une grande équipe », « comme de grands joueurs ». Lucas Bergvall, 20 ans, a lui choisi de rester et a signé un nouveau contrat après avoir été convaincu par De Zerbi. Un signe que certains croient encore au projet.
Manchester United frappe fort contre le marché noir
À Old Trafford, la bataille contre le marché noir a pris une tournure spectaculaire. Manchester United a retiré 685 abonnements à la suite d’une vaste enquête interne sur la revente illégale de billets.
La campagne de l’été a déclenché une vague de colère chez de nombreux supporters, certains se disant injustement menacés de sanctions. Le groupe The 1958 a appelé cette semaine les fans à « rester unis » face à ce qu’il décrit comme un « fiasco des interdictions d’abonnements », avec une mobilisation prévue avant le derby contre Manchester City dimanche.
Le club a publié un bilan chiffré avant le week‑end. Sur 1 617 comptes identifiés pour « activité inhabituelle », 685 ont été bannis, 464 ont reçu une sanction réduite ou un dernier avertissement. Dans le détail, 113 titulaires n’ont pas répondu aux demandes d’explications, 73 n’ont pas fait appel, et 499 suspensions ont été confirmées par une commission indépendante.
United explique avoir ciblé des réseaux structurés qui contrôlaient, vendaient et distribuaient des billets via des centaines de comptes, au détriment de l’accès équitable pour les « vrais » supporters. Les abonnements récupérés seront réattribués aux personnes inscrites sur la liste d’attente officielle. Une opération coup de poing, mais qui laisse une fracture avec une partie du public. Reste à voir comment l’ambiance à Old Trafford encaissera ce bras de fer.
Newcastle attend le bon moment pour lancer Fernandez-Pardo
À Newcastle, Matthias Jaissle avance pas à pas avec Matias Fernandez-Pardo. Le jeune attaquant de 21 ans, arrivé de Lille le dernier jour du mercato, grappille du temps de jeu en sortie de banc depuis deux rencontres.
Avant le déplacement à Leeds lundi, l’entraîneur a laissé entendre que le moment de sa première titularisation approchait. Il insiste toutefois sur la gestion de la charge de travail du joueur, qui profite enfin d’une semaine d’entraînement complète depuis son arrivée sur le Tyneside. Jaissle décidera au dernier moment, dimanche ou même lundi, s’il lance son nouveau numéro offensif d’entrée.
Autre motif de satisfaction : le retour progressif de Tino Livramento. Le latéral a disputé 45 minutes en Carabao Cup à Millwall, dans un contexte rugueux, et a tenu le choc. Jaissle savoure de le revoir « déjà à un haut niveau ». Un renfort de poids au moment où Newcastle cherche encore son rythme.
Bournemouth cherche enfin le déclic avant l’Europe
Marco Rose n’a pas de temps à perdre. Bournemouth va découvrir l’Europe avec un déplacement historique à la Real Sociedad en Ligue Europa jeudi, mais le coach sait qu’il lui faut d’abord une victoire en Premier League.
Son bilan ? Deux points sur neuf, des avances perdues à Manchester City (défaite 2-1), contre Everton (1-1) et face à Newcastle (2-2). Une seule éclaircie : un 4-0 net et sans bavure contre Lincoln City en Carabao Cup. Samedi, Brentford débarque sur la côte sud, et les chiffres ne plaident pas en faveur des Cherries : jamais la moindre victoire contre les Bees en Premier League, cinq défaites et trois nuls en huit confrontations.
Rose refuse de céder à la panique. Il martèle la nécessité de rester soudés, de continuer à croire au travail mis en place, de trouver le bon équilibre. Il voit dans ce match à domicile, porté par le public, une grande opportunité de briser la série. Pas une obligation abstraite, mais une chance concrète de « changer les choses » et d’inverser une dynamique qui ne reflète pas, selon lui, le contenu des prestations.
La campagne européenne approche, le club entre dans un territoire inconnu. La question est simple : Bournemouth va‑t‑il enfin apprendre à tuer ses matchs avant de se frotter au Real Sociedad, ou abordera‑t‑il ce rendez‑vous historique avec ce poids au pied ?




