Gattuso prône l'honnêteté et la rigueur à la Lazio
À Rome, Gennaro Gattuso ne joue pas un personnage. Il pose le décor, simplement, brutalement, comme à son habitude. À la veille de la réception de Parma, avec la possibilité de rester co-leader de Serie A aux côtés de l’Inter, l’entraîneur de la Lazio a rappelé ce qui compte vraiment pour lui : l’honnêteté… et la sacralité du terrain d’entraînement.
« Je préfère l’honnêteté intellectuelle. Si quelqu’un me dit qu’il a bu un verre de trop ou qu’il est sorti, ça va, mais je ne laisserai personne ruiner une séance d’entraînement », lâche-t-il, cité par *TuttoMercatoWeb*. Puis il insiste sur l’ouverture, sans faux-semblants : « La porte de mon bureau est toujours ouverte. »
La formule résume le personnage. Gattuso n’est pas là pour infantiliser son vestiaire, encore moins pour jouer au gendarme permanent. Il tolère les écarts tant qu’ils ne débordent pas sur le travail. La vie privée, oui. Le manque de professionnalisme, jamais.
Un leader façonné par la rigueur
Depuis son arrivée cet été sur le banc de la Lazio, l’ancien milieu de l’AC Milan a posé un cadre strict. Pas de compromis sur la discipline. Le message est passé très vite, et l’équipe en récolte déjà les fruits : les Romains abordent ce week-end sur la lancée d’un éclatant 3-0 sur le terrain de la Juventus, au Allianz Stadium, le 18 octobre dernier.
Ce soir-là à Turin, Gattuso avait célébré comme il jouait autrefois : poings serrés, regard incandescent, corps tendu vers ses joueurs. Une victoire manifeste, mais pas un point d’arrivée. Pour lui, c’est simplement la preuve que son exigence trouve un écho dans le vestiaire.
Gestion des blessés : prudence avant tout
Face aux journalistes, le technicien ne s’est pas contenté de parler d’attitude. Il a aussi détaillé l’état de ses blessés, un dossier qu’il traite avec la même intransigeance que la discipline : pas question de brûler les étapes.
Albert Gudmundsson reste la première interrogation offensive. « Pour Albert, nous espérons le voir courir sans douleur dans dix jours, et qu’il soit disponible avant Napoli », explique Gattuso. La nuance est claire : l’objectif existe, mais la priorité reste la disparition totale de la douleur avant tout retour.
Même prudence pour Nicolò Rovella et Adam Marušić. « Rovella et Marušić devraient faire des séances partielles avec nous dans quatre ou cinq jours s’il n’y a pas de problèmes, puis ils seront disponibles. » Le plan est tracé, conditionnel, sans promesse hasardeuse. Les deux joueurs, absents depuis plusieurs semaines, manqueront aussi le déplacement à Sassuolo, comme l’a confirmé le staff médical du club.
Lazio avance donc avec un groupe encore incomplet, mais avec une idée fixe : ne pas sacrifier la suite de la saison pour une présence anticipée sur une feuille de match.
Rester en haut, sans se croire arrivé
Le danger, maintenant, se situe ailleurs. Après avoir giflé la Juventus 3-0 à l’extérieur, la tentation serait de se regarder dans le miroir, de savourer. Gattuso, lui, voit surtout le piège. Parma arrive à Rome avec Alberto Gilardino sur le banc, un entraîneur qui connaît les soirées où l’outsider fait tomber le favori.
L’Italien ne se cache pas derrière les compliments. Il les démonte. « Si nous baissons d’un ton, Parma nous mettra une raclée dont on se souviendra », prévient-il. La phrase claque comme un avertissement à tout un vestiaire : le moindre relâchement, et l’euphorie de Turin peut se transformer en cauchemar à domicile.
La Lazio se présente donc à ce rendez-vous avec un statut à défendre et une identité en construction. Entre une discipline non négociable, une gestion méticuleuse des blessés et un discours sans filtre, Gattuso a déjà imprimé sa marque. Reste à savoir si ses joueurs, eux, sauront maintenir cette ligne de crête : vivre comme des hommes, travailler comme des obsédés de la performance, et rester, semaine après semaine, à la hauteur de l’ambition qu’il leur impose.



