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Everton laissé filer la victoire contre Lille avant Crystal Palace

Le Hill Dickinson Stadium a retrouvé sa sirène d’alerte et ses grands soirs. Pour leur dernier match de préparation avant l’ouverture de la Premier League contre Crystal Palace, Everton a laissé filer une victoire qui lui tendait les bras face au LOSC Lille. Un nul arraché par les Français sur la toute dernière action, alors que les hommes de David Moyes avaient dominé, mené, puis géré. Jusqu’à la 92e minute.

Une entame pleine de bruit et de promesses

Au coup d’envoi, Moyes ne s’est pas caché : onze très costauds pour ce dernier test. Jordan Pickford, à peine revenu jeudi, directement titularisé. Devant lui, un bloc solide, et au milieu une paire Hayden Hackney – Harrison Armstrong, avec Kiernan Dewsbury‑Hall pour dicter le tempo. Sur les côtés, Tyler Dibling et Iliman Ndiaye pour faire reculer Lille. Thierno Barry préféré à Beto en pointe. Sur le banc, la curiosité du jour : Brennan Johnson.

La sirène retentit, Lille engage, mais c’est Everton qui s’installe tout de suite. Le ballon circule vite, les courses s’enchaînent. Barry est trouvé dans la surface sur une belle ouverture, sa frappe est contrée. Dibling, lui, fait déjà lever les tribunes : petit pont sur son vis-à-vis, mais il glisse au moment de conclure.

Pendant près de sept minutes, les Nordistes n’aperçoivent pas la moitié de terrain des Toffees. Quand ils la franchissent enfin, Merlin Röhl – très actif – déclenche la première frappe cadrée et force un bel arrêt. Everton répond immédiatement : contre éclair, Ndiaye renverse pour Dibling, crochet intérieur, frappe puissante… Ozer s’envole et sauve Lille.

Le match perd un peu de rythme quand Olivier Giroud, 39 ans, s’effondre en se tenant le genou. L’attaquant tente de continuer, insiste, puis doit céder sa place à Diaouane. Everton, lui, ne lâche pas la pression. Ndiaye combine avec Dewsbury‑Hall, il faut un tacle désespéré pour empêcher le ballon d’arriver jusqu’à Barry.

Ndiaye multiplie les accélérations. Il s’infiltre entre deux défenseurs, sert encore Dibling, mais le jeune ailier frappe trop mollement. Quelques minutes plus tard, Dibling dépose un centre parfait sur Dewsbury‑Hall, qui ne parvient pas à maîtriser le ballon dans la surface. Le public gronde, mais applaudit la mentalité : le gamin n’a peur de personne.

Barry et Ndiaye se trouvent bien, une talonnade subtile du Sénégalais est interceptée de justesse. Puis Ndiaye repique dans l’axe, frappe, le ballon est dévié par Dewsbury‑Hall. Everton pousse, Lille subit.

Le penalty de Ndiaye, puis l’alerte Bentaleb

La récompense tombe sur un ballon long de Vitaliy Mykolenko. Le latéral ukrainien lobe la défense vers Dewsbury‑Hall, qui file dans la surface et se fait faucher. L’arbitre n’hésite pas, penalty évident.

Ndiaye se présente, inspire profondément, fixe son choix. Il ouvre son pied, envoie le ballon dans le coin, le gardien part de l’autre côté. 1-0, stade soulagé, logique respectée.

Lille réagit enfin. Sur l’engagement, une ouverture inspirée de Nabil Bentaleb trouve son attaquant, Pickford doit s’employer. La pression lilloise se prolonge : Bentaleb, encore lui, envoie une frappe rasante qui frôle le poteau, Pickford est battu du regard. C’est la dernière vraie frayeur avant la pause.

Armstrong manque le break, Lille s’accroche

Au retour des vestiaires, aucun changement pour Everton. Lille, en revanche, lance Ayyoub Bouaddi, milieu décidé à se montrer malgré son statut de joueur sur le départ.

Le second acte démarre doucement, jusqu’à une action qui restera dans la tête d’Harrison Armstrong. Barry glisse un ballon parfait dans sa course, Armstrong semble largement hors-jeu, mais le drapeau reste baissé. Il se retourne, pique le ballon… au-dessus. Quand il comprend qu’il était en jeu, il se prend la tête entre les mains. Occasion énorme gâchée.

Bouaddi répond par la vitesse. Il transperce le milieu, centre fort, Jarrad Branthwaite repousse d’un dégagement précieux. Lille commence à prendre la main dans le jeu. Everton souffre un peu, mais trouve encore des brèches. Armstrong déborde, Dewsbury‑Hall reçoit le ballon dans la surface, arme sa frappe… et s’écroule. L’arbitre ne bronche pas. Le ralenti montrera pourtant un tirage de maillot évident.

Sur un nouveau raid d’Armstrong côté droit, Everton obtient un coup franc et Moyes en profite pour bouleverser son équipe : sept changements d’un coup. Brennan Johnson fait enfin ses premiers pas, accompagné notamment de Beto. Hackney, Röhl, Dewsbury‑Hall et Mykolenko restent sur le terrain. Mykolenko, d’ailleurs, se distingue encore en repoussant de la tête un centre très dangereux.

Les Toffees reculent un peu après ce grand chambardement, mais restent menaçants. Michael Keane envoie un long ballon dans le dos de la défense, Johnson part seul, mais son premier contrôle est trop long et permet le retour du défenseur. Frustrant pour une première situation idéale.

Tyrique George, lui, apporte de la folie. Il slalome entre trois joueurs, sert Johnson dans la surface, la frappe est propre, Ozer la détourne au-dessus. Sur le corner qui suit, Beto s’élève et catapulte une tête vers le but, le gardien sort encore une main ferme. Everton pousse pour tuer le match.

Travers en sauveur, puis le coup de massue Haraldsson

Un moment de pure panique fait frissonner le Hill Dickinson. Aleksandro se retourne et balance une passe en retrait beaucoup trop forte vers son propre gardien. Le ballon le lobe, rase le poteau et file finalement à côté. Le stade retient son souffle. Everton, lui, commence à perdre un peu le fil, les changements cassent le rythme.

Moyes continue de faire tourner : Aznou remplace Mykolenko, Alcaraz entre pour Dewsbury‑Hall. Alcaraz renverse le jeu vers George, qui utilise l’appel d’Aznou en soutien. Le jeune latéral centre fort devant le but, Johnson se jette… et ne parvient pas à couper la trajectoire. Encore une occasion nette qui s’envole.

Lille, piqué, se rebiffe. Les Français campent désormais dans les trente derniers mètres d’Everton. Mark Travers, entré en jeu, doit sortir deux parades décisives pour préserver l’avantage. Les Toffees jouent en contre, le match devient décousu, électrique. Les dix dernières minutes voient Moyes bondir sur sa ligne, haranguer, replacer, vivre chaque duel.

Everton construit alors une dernière offensive, patiente, collective. Le ballon circule d’un côté à l’autre, presque toute l’équipe participe. Nathan Patterson dépose un centre idéal, Röhl arme une volée… Bouaddi surgit et lui enlève le ballon des pieds au dernier instant. L’occasion de 2-0 s’envole encore.

Et puis, le coup de poignard. Le temps additionnel annoncé est dépassé depuis plus de deux minutes quand Lille part en contre. La défense bleue cafouille dans sa surface, le ballon traîne, personne ne parvient à dégager clairement. Haraldsson en profite et conclut au milieu du désordre. Égalisation sur la toute dernière action. Coup de sifflet final dans la foulée. Les tribunes grognent, les joueurs d’Everton accusent le coup.

Dewsbury‑Hall, patron discret et homme du match

Dans ce match riche en courses, en projections et en coups d’éclat, Iliman Ndiaye aurait pu rafler les louanges avec ses dribbles courts et ses décalages. Pourtant, c’est bien Kiernan Dewsbury‑Hall qui a tenu la baguette.

Toujours disponible, toujours juste, il a orienté le jeu, accéléré quand il le fallait, calmé quand Everton devait respirer. Son activité incessante a maintenu l’équipe dans le camp lillois pendant toute une première période maîtrisée. Et c’est lui qui arrache le penalty, sur une course tranchante dans la surface. Une prestation complète, qui justifie son titre de joueur du match.

Des ailes tranchantes, un milieu mieux armé

Ce nul concédé au bout du temps additionnel laisse un goût amer, mais l’après-midi a livré des signaux très clairs. Sur les côtés, Ndiaye à gauche et Dibling à droite ont constamment agressé les défenseurs lillois. Le premier par sa qualité technique et ses passes qui cassent les lignes, le second par son audace et sa volonté de provoquer. Röhl, avec ses courses en soutien, a souvent offert des solutions supplémentaires.

Quand George et Johnson sont entrés, Everton a continué à menacer sur les ailes. De quoi nourrir un vrai débat en interne sur l’utilité de dépenser encore lourd sur un profil de créateur offensif de plus.

Dans l’axe, la densité saute aux yeux. Hackney a parfaitement protégé la défense en sentinelle. Armstrong a livré une prestation complète, malgré son énorme raté, avec vision du jeu et qualité de passe. Ajoutez à cela Dewsbury‑Hall, les retours à venir de James Garner, l’intégration attendue de Christian Norgaard, et la concurrence promet d’être rude. Quel que soit le trio choisi, Everton semble mieux armé qu’il ne l’était la saison passée.

La victoire a échappé à Moyes dans les dernières secondes, mais l’essentiel est peut-être ailleurs : une équipe se dessine, les principes sont clairs, les options se multiplient. Reste une question, désormais : cette version d’Everton, plus vive, plus profonde, saura-t-elle transformer ces promesses en points dès la venue de Crystal Palace ?