Albion remporte une victoire stratégique contre Bologna
Privé de deux ailiers majeurs, Albion devait réinventer sa manière d’attaquer. La réponse est venue des couloirs. Et d’un jeune milieu qui n’a pas tremblé.
Au terme d’un match longtemps verrouillé, Jack Hinshelwood a offert une victoire 1-0 contre Bologna à l’Amex, grâce à un but inscrit à la 59e minute. Un geste simple, décisif, qui valide un travail collectif bien plus élaboré qu’il n’y paraît.
Une première période figée
Pendant 45 minutes, le stade a surtout vu une équipe d’Albion dominer le ballon sans vraiment savoir quoi en faire. Beaucoup de possession, peu de tranchant. Le jeu restait devant le bloc italien, rarement derrière.
Sur le côté gauche, Maxim De Cuyper a pourtant donné les premiers signaux. Aligné en tandem avec Ferdi Kadioglu, il a pris ses responsabilités. Deux frappes pour démarrer la rencontre, deux arrêts pour Lukasz Skorupski. Le Belge a aussi glissé une passe astucieuse qui a permis à Kadioglu de se projeter dans une zone dangereuse, avant qu’Hinshelwood ne voie une volée repoussée après un bon ballon d’Olivier Boscagli.
Malgré ces éclairs, il manquait quelque chose. Une pointe, un geste juste dans les 20 derniers mètres. Sans Kaoru Mitoma ni Yakuba Minteh, ajouté à une liste de blessés déjà bien remplie, Albion cherchait encore comment faire mal sans vrais ailiers de métier.
Derrière, au moins, la base tenait. Bart Verbruggen s’est montré solide, avec une première parade nette sur une tentative de Nicolo Carbiaghi. Devant lui, Luka Vuskovic et Boscagli ont formé une charnière stable, sereine, qui a donné un cadre rassurant à cette dernière répétition avant la reprise.
Rutter dynamite le couloir, Hinshelwood conclut
Tout a changé au retour des vestiaires. Le rythme s’est élevé d’un cran, des deux côtés. Et Albion a enfin trouvé de la profondeur sur les ailes.
Georginio Rutter a incarné ce basculement. Utilisé dans un rôle hybride de numéro 9 ou de faux neuf, il a multiplié les courses sur le flanc gauche, collé à la ligne de touche avant de repiquer vers l’intérieur. Une séquence a tout déclenché : gros travail pour conserver le ballon côté gauche, accélération vers l’axe, faute obtenue… puis action qui s’enchaîne.
Sur le but, le mouvement illustre parfaitement la nouvelle dynamique. Rutter glisse un ballon tendu devant le but. Diego Gomez le laisse filer. Personne ne le touche. Le cuir arrive jusqu’à Mats Wieffer, lancé plein axe à l’entrée de la surface. Son tir ras de terre, presque une passe guidée plus qu’une frappe, trouve Hinshelwood, resté haut et à l’affût. Déviation, filet qui tremble. Il jette un regard vers le juge de ligne, espérant ne pas être signalé hors-jeu. Le drapeau reste baissé. 1-0.
En quelques minutes, Albion a commencé à transpercer les côtés de Bologna, souvent par les zones occupées par Kadioglu et Gomez. Le bloc italien, jusque-là compact, a reculé.
Wieffer, encore lui, a servi Gomez dans le dos de la défense pour un centre en retrait parfait. Hinshelwood, cette fois, a envoyé le ballon au-dessus. L’intention, elle, était nette : Albion arrivait enfin à casser la ligne des latéraux adverses.
Gomez s’est ensuite mué en passeur pour Kadioglu, dont la tentative a heurté le poteau. Les espaces s’ouvraient, les occasions se succédaient. Le couloir n’était plus un simple point de passage, mais une arme.
Des ailes recomposées, des options affirmées
La question des couloirs était au cœur de cette rencontre. Sans Mitoma ni Minteh, Albion devait prouver qu’il pouvait générer du danger autrement. Ce match a offert quelques réponses.
De Cuyper, utilisé haut à gauche, a proposé un profil différent : moins dribbleur pur, plus créateur de décalages et de centres travaillés. Son activité et sa qualité de passe laissent penser qu’il pourrait être chargé d’apporter une menace alternative sur ce côté.
La série de changements après l’heure de jeu a aussi apporté des indices. L’entrée d’ailiers plus « classiques » comme Ibrahim Osman et Zadok Yohanna a redonné de la largeur et de la vitesse. Les deux ont montré des choses intéressantes, cherchant constamment à provoquer et à étirer la défense.
Derrière, Verbruggen a confirmé. Une nouvelle parade sur Carbiaghi en seconde période a verrouillé un deuxième clean sheet de suite pour conclure la préparation. Rien de spectaculaire, mais du sérieux, encore.
Une dernière répétition riche en signaux
Ce succès étriqué contre Bologna ne restera pas comme un feu d’artifice offensif. Il raconte autre chose : la capacité d’Albion à ajuster son plan de jeu sans ses ailiers vedettes, à déplacer le danger, à faire émerger d’autres profils.
Hinshelwood marque, Wieffer organise, Gomez et Kadioglu touchent les montants, De Cuyper se projette, la défense tient. La structure semble en place.
Reste une interrogation, désormais : ce visage plus patient, plus construit sur les côtés, tiendra-t-il quand la vraie compétition reprendra, notamment lors du déplacement à Tromso ?




