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État de la pelouse au Metropolitano : enjeux du quart de finale

Au Metropolitano, même la pelouse est entrée dans le match.

À la veille du quart de finale retour de Champions League entre l’Atlético et le FC Barcelona, les caméras ont surpris Hansi Flick en pleine discussion avec des officiels, doigt pointé vers le gazon du Metropolitano Stadium. Un geste simple, presque anodin, mais suffisant pour enflammer les spéculations : le Barça était-il en train de contester l’état du terrain avant un rendez-vous européen décisif ?

Selon le quotidien AS, les dirigeants blaugrana ont rapidement calmé le jeu. Aucun recours officiel n’a été déposé. Le club a toutefois confirmé que Flick avait bien fait part de ses observations aux représentants de l’UEFA, qui ont ensuite procédé à leurs contrôles habituels de la pelouse avant la rencontre. Rien d’exceptionnel sur le papier. Mais dans ce genre de soirée, le moindre détail prend une dimension stratégique.

En face, l’Atlético n’a pas laissé la moindre brèche dans le discours. Le club madrilène a rejeté toute insinuation laissant entendre que la surface posait problème avant ce deuxième acte. Au contraire : d’après le même rapport, les Colchoneros affirment que le gazon est en bon état, voire meilleur que celui observé un mois plus tôt. Les températures plus douces à Madrid ces dernières semaines auraient même aidé à stabiliser et améliorer la qualité du tapis vert du Metropolitano.

Si le sujet est aussi sensible, ce n’est pas un hasard. La pelouse était déjà au centre des conversations après la dernière visite du Barça, lors de la demi-finale aller de Copa del Rey. Sur l’ouverture du score, le ballon avait rebondi de manière inattendue devant Joan García, un épisode qui avait précédé la lourde déroute catalane, un 4-0 cinglant infligé par l’Atlético. Depuis, chaque rebond suspect, chaque irrégularité du terrain est scruté.

Cette nouvelle visite sera la troisième du Barça au Metropolitano cette saison. Et les souvenirs y sont contrastés pour l’équipe de Flick. Il y a eu la claque en Copa del Rey, ce 4-0 qui a laissé des traces. Mais aussi une réaction en Liga, avec une victoire 2-1 arrachée en fin de match grâce à un but tardif de Robert Lewandowski. La saison passée, les Catalans avaient déjà trouvé la clé dans ce même stade, s’imposant 4-2 en championnat puis 1-0 en coupe. Autant de repères qui expliquent sans doute pourquoi Flick a immédiatement remarqué la moindre différence sur la surface de jeu, surtout avant un rendez-vous à élimination directe.

Cette fois, l’enjeu dépasse largement le simple débat sur la hauteur de l’herbe. L’Atlético aborde ce quart de finale retour avec un avantage de 2-0 sur l’ensemble des deux matchs. Le Barça, lui, domine la Liga avec neuf points d’avance au sommet du classement, mais reste sous la menace d’une nouvelle élimination en coupe face au même adversaire. Une sortie de route de plus contre les hommes de Diego Simeone laisserait un goût particulièrement amer en Catalogne.

Le décor est planté : un stade hostile, un déficit à remonter, une pelouse passée au microscope et un entraîneur qui traque chaque détail. Reste à savoir si le Barça saura transformer cette obsession du terrain en carburant pour une remontada, ou si le Metropolitano restera, une fois encore, le théâtre de ses désillusions européennes.