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Cyle Larin : le buteur qui transforme Southampton

À Southampton, un buteur marche sur l’eau. Et il ne vient ni de Premier League, ni d’un cador européen, mais de Brampton, Ontario. Cyle Larin a démarré sa saison comme une fusée, au point de s’installer seul en tête du classement des buteurs du Championship… et de devancer, en volume, tous les attaquants des cinq grands championnats européens.

Sept buts en sept matches de championnat. Une frappe toutes les 73 minutes. Mieux que Kylian Mbappé avec le Real Madrid, mieux qu’Erling Haaland avec Manchester City. Les chiffres claquent, mais ce que Larin impose sur la pelouse parle encore plus fort.

Le « Brampton bagsman » fait sa loi

À 31 ans, l’attaquant canadien n’est pas un phénomène sorti de nulle part. Il a bourlingué : États-Unis, Turquie, Belgique, Espagne, Pays-Bas. Une carrière de globe-trotter, souvent utile, rarement célébrée. C’est sur la côte sud de l’Angleterre qu’il est en train de se réinventer.

Arrivé en prêt de Mallorca début 2026, il n’a pas mis longtemps à se faire connaître à St Mary’s : un but au bout de trois minutes pour sa première apparition en Championship, puis huit réalisations en 16 rencontres sur la deuxième partie de saison. Déjà solide. Pas encore renversant.

Entre-temps, le scandale du Spygate a tout chamboulé. Southampton a écopé d’un retrait de points, a vu ses rêves de Premier League s’envoler, et Larin n’a pas pu mener le sprint final. Il a alors basculé sur un autre défi colossal : la Coupe du monde, à domicile avec le Canada.

Là encore, il a répondu présent. Deux buts, dont une égalisation tardive capitale contre la Bosnie-Herzégovine, et un rôle majeur dans la qualification des hommes de Jesse Marsch pour les huitièmes de finale, avant une élimination face au Maroc. Suffisant pour renforcer son statut de deuxième meilleur buteur de l’histoire de la sélection canadienne… et pour se voir remettre la clé de sa ville natale, Brampton, qu’il doit récupérer pendant la prochaine trêve internationale.

Un départ canon à Southampton

De retour en Angleterre, Larin a encore haussé le ton. Huit buts en neuf matches toutes compétitions confondues. Une efficacité qui donne une tout autre allure à une équipe qui, il y a peu, regardait le classement depuis la cave.

Southampton est passé de la dernière place, avec moins quatre points au compteur, au top 8 avec dix unités. Sans le retrait lié au Spygate, les Saints seraient tout simplement deuxièmes, à égalité avec West Ham, seulement devancés à la différence de buts. Dans cette remontée express, Larin est le visage le plus visible.

Son entraîneur, Tonda Eckert, n’a pas hésité à le qualifier de « meilleur attaquant du championnat ». Une déclaration forte dans une division où évoluent aussi Jarrod Bowen, Raul Jimenez, Mohamed Toure ou encore le prometteur Will Lankshear. Ce n’est pas seulement la parole d’un coach protecteur : les distinctions individuelles suivent. Larin vient de décrocher le trophée de joueur du mois d’août en Championship.

Et pourtant, le principal intéressé refuse de se mettre en avant tout seul. Après son doublé lors du large succès 4-1 contre Bristol City, il a insisté sur l’importance du collectif au micro de BBC Radio Solent. Pour lui, tout part du travail de ses partenaires et de la liberté que lui offre son entraîneur dans le dernier tiers. Il parle d’un début de saison, d’un long chemin à parcourir, de la nécessité de rester « la tête froide ». Le ton est posé, les statistiques, elles, sont bouillantes.

Des créateurs au service du tueur

Larin sait aussi pourquoi il flambe : autour de lui, les munitions arrivent en continu. Finn Azaz et Leo Scienza ont déjà cumulé cinq buts et six passes décisives depuis le coup d’envoi de la saison. Deux des meilleurs créateurs du championnat, mis au service d’un attaquant qui n’a jamais eu autant de responsabilités.

La saison dernière, il partageait encore les minutes en pointe avec Ross Stewart. Le départ du Scot vers Swansea a changé la donne. Larin est désormais l’option numéro un, celle qui commence les matches et sur laquelle repose l’essentiel du danger.

Eckert ne le laisse pourtant presque jamais aller au bout des 90 minutes. Le Canadien sort régulièrement en seconde période. C’est ce qui rend ses chiffres encore plus impressionnants : 1,23 but par 90 minutes, un but toutes les 73 minutes, 25 % de réussite devant le but avec sept réalisations sur 28 tirs. Dans tout le Championship, seul Mathias Kvistgaarden, de Norwich, affiche un meilleur ratio de buts par 90 minutes (1,27). Seul Bowen a tenté plus de frappes (29).

« Quand vous avez des footballeurs de la qualité de Larin, vous avez des buts », a résumé l’ancien milieu des Saints Jo Tessem sur BBC Radio Solent. Pour lui, ces joueurs-là répondent toujours présent dans les moments clés. Jusqu’ici, le Canadien coche toutes les cases.

Plus affûté, plus décisif

Tonda Eckert l’a d’ailleurs souligné : Larin est nettement plus affûté qu’au moment de son arrivée en janvier. Le travail physique porte ses fruits, sa mobilité a gagné un cran, ses appels pèsent davantage sur les défenses. Moins de temps passé à souffler, plus de temps passé à frapper.

Le « Brampton bagsman » n’est plus seulement un joli surnom. C’est devenu une étiquette que les défenses du Championship commencent à redouter. Il empile les buts, tire son équipe vers le haut, et redonne à Southampton une ambition qui semblait s’être évaporée dans les remous du Spygate.

La question, désormais, n’est plus de savoir s’il vit une bonne période. Elle est bien plus tranchante : jusqu’où Cyle Larin peut-il porter ces Saints dans une saison déjà marquée par sa signature ?