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Canelo Alvarez : retour triomphal et reconquête de la ceinture WBC

Un an après la gifle reçue face à Terence Crawford, beaucoup se demandaient quel Canelo Alvarez remonterait sur le ring. À Riyad, la réponse a claqué comme un direct du droit : le Mexicain a repris la ceinture WBC des super-moyens en domptant Christian Mbilli, jusque-là invaincu, sur décision unanime.

Ce n’était pas un retour en douceur. Face à lui, un champion en pleine ascension, agressif, sans complexe. Mbilli a tenté d’imposer sa loi dès les premiers rounds. Volume, pression, enchaînements courts mais répétés : il a poussé Canelo dans les cordes, l’a obligé à travailler en reculant, l’a bousculé dans les six premières reprises.

Le décor était planté. Le combat, lui, a basculé à partir du sixième round.

Quand l’expérience prend le dessus

Canelo a alors resserré le jeu. Moins de déplacements inutiles, plus de précision. Il a commencé à ouvrir des brèches avec un uppercut du droit chirurgical, qui servait de passerelle à un cross du même bras, sec, violent. Sur les cordes, il n’était plus acculé : il attendait. Il attirait Mbilli, le piégeait, le punissait en contre.

Les uppercuts ont peu à peu calmé l’ardeur du Franco-Camerounais. Mbilli, jusque-là en rafales, s’est mis à réfléchir davantage, à hésiter une demi-seconde de trop. Contre un homme comme Canelo, cette demi-seconde coûte cher.

Dans le huitième round, Alvarez a signé l’une de ses plus belles séquences de la soirée : combinaison de quatre coups, terminée par un lourd direct du droit à la tête. Mbilli a répondu en avançant, fidèle à son identité de bagarreur. Puis le combat a connu un tournant arbitral : l’arbitre a retiré un point au champion pour un coup derrière la tête. Un rappel au règlement qui n’a pas suffi à enrayer la montée en puissance du Mexicain.

Mbilli devait inverser la dynamique. C’est l’inverse qui s’est produit. Canelo est sorti des cordes, a repris le centre du ring, et a commencé à marteler son adversaire avec son crochet du droit. Le rapport de force s’est inversé, lentement mais sûrement.

Une fin de combat sous contrôle

Dans la dernière reprise, Mbilli a encore trouvé une belle ouverture, un coup propre, net. Mais il a reculé aussitôt. Canelo, sûr de lui, l’a même invité à revenir, bras tendu, geste clair. Mbilli n’a pas mordu à l’hameçon.

Le Français a tout de même placé un gros direct du droit en fin de round, comme pour rappeler qu’il n’était jamais complètement sorti du combat. Canelo, lui, a répondu par un autre droit, puissant, pour fermer la soirée comme il l’avait gérée : en patron.

Les cartes ont confirmé cette impression de maîtrise progressive : 115-112, 116-111 et 117-110, décision unanime. Le Mexicain redevient champion WBC des super-moyens, ajoutant un nouveau chapitre à une carrière déjà monumentale : 68 combats professionnels, des titres empilés dans plusieurs catégories, et toujours la même faim.

Au micro, Alvarez a laissé parler l’émotion. Il a rappelé ses 21 ans de carrière professionnelle, son premier titre conquis il y a 16 ans, et ce nouveau sacre qui a le goût du recommencement. Il a salué la force de Mbilli, tout en soulignant la difficulté de l’atteindre proprement. Satisfait de sa copie, il a promis de continuer à apprendre, à travailler, avant de s’accorder seulement quelques semaines de repos.

À 34 ans, il ne parle pas de fin. Il parle encore de progrès.

Munguia frôle le naufrage, puis renverse Zon

Sur la même soirée, Jaime Munguia a vécu une défense de titre WBA des super-moyens bien plus tourmentée. Face au gaucher Nikita Zon, boxeur aussi gênant que déterminé, le Mexicain a flirté avec la catastrophe avant de retourner la situation pour s’imposer lui aussi aux points, sur décision unanime.

Zon a très vite trouvé la distance avec son bras arrière. Ses lourds directs du gauche ont régulièrement percuté la garde et le visage de Munguia, qu’il a souvent coincé dans les cordes et dans les coins. Le champion encaissait, reculait, subissait le rythme.

Le sixième round a failli tout faire basculer. Zon a déclenché un long uppercut du gauche qui a violemment secoué Munguia. Groggy, le Mexicain a battu en retraite, poursuivi par une avalanche de coups. Le challenger a tout tenté pour forcer l’arrêt, sans réussir à faire plier le champion, héroïque dans sa résistance.

Quand Zon a commencé à puiser dans ses réserves, Munguia a enfin pris la main. Plus lucide en fin de combat, il a haussé le volume, pris l’initiative, et clairement dominé les dernières reprises. Les juges l’ont récompensé : 116-112, 117-111, 117-111. Frayeur passée, ceinture conservée.

Espinoza, la coupure qui arrête tout

Chez les plumes, Rafael Espinoza n’a pas eu besoin de forcer autant. Le grand Mexicain a conservé son titre WBO en écartant sans difficulté son adversaire de remplacement, Ricardo Blandon.

Un cross propre, plein fer, est venu s’écraser sur le haut du crâne du Nicaraguayen, ouvrant une vilaine entaille le long de la paupière. Le médecin a jeté un œil, un seul a suffi : arrêt immédiat au troisième round. Combat terminé, titre préservé, soirée express pour Espinoza.

À Riyad, les ceintures sont restées autour des hanches des champions. Mais dans le regard de Canelo, ce n’était pas une simple défense de plus. C’était une reconquête. Et la question s’impose déjà : qui osera vraiment lui contester à nouveau ce trône des super-moyens ?