Antonelli décroche la pole à Austin et se rapproche du titre
Kimi Antonelli a choisi son moment. Au bout d’un Q3 tendu comme un fil, l’Italien a dégainé un tour d’anthologie pour s’offrir la pole position du Grand Prix des États‑Unis, au Circuit of the Americas, et repousser Max Verstappen de 0’’179. On ne l’attendait pas là, pas avec une Mercedes en retrait de Ferrari et Red Bull tout le week‑end. Il a retourné le scénario.
C’est sa première pole depuis le Grand Prix de Belgique. Elle tombe au meilleur moment : Antonelli peut être sacré dès dimanche. L’équation est simple sur le papier, beaucoup moins sur la piste : titre assuré s’il gagne, avec Lewis Hamilton cinquième ou pire et George Russell neuvième ou pire. Problème pour lui, la deuxième Mercedes s’est invitée dans l’histoire en signant le sixième temps. Si Russell tient ce rang en course, le duel pour la couronne filera jusqu’au Mexique.
Norris lance les hostilités, Alonso joue avec le feu
La qualification s’est ouverte sur un premier coup de griffe de Lando Norris. Le pilote McLaren a signé le meilleur temps de Q1, brisant la mainmise de Ferrari sur les essais. Devant, ça s’animait, mais l’enjeu se jouait surtout derrière, à la lisière du top 15.
Les deux Mercedes et Oscar Piastri ont tenté un pari mesuré : conserver un train de pneus tendres et boucler Q1 en mediums. Mission accomplie, passage en Q2 sans trembler.
Chez Alpine, la tension a grimpé d’un cran. Pierre Gasly a d’abord vu un chrono effacé pour avoir dépassé les limites de piste au virage 9. Il a dû tout recommencer. À la fin, les deux monoplaces bleues ont bondi hors de la zone d’élimination, mais la facture a été salée pour Esteban Ocon.
Le Français s’est retrouvé éliminé au Grand Prix à domicile de Haas, battu par Fernando Alonso de 2’’901 lorsque le drapeau à damier est tombé. Et ce alors que l’Espagnol venait tout juste de maîtriser un inquiétant départ de feu à l’arrière de son Aston Martin quelques instants plus tôt.
Lance Stroll n’a pas fait mieux que le 18e temps. Devant lui, les deux Williams de Carlos Sainz et Alex Albon, ce dernier furieux contre ce qu’il a qualifié de « s--- show » sur l’ensemble de la séance. Sergio Perez et Valtteri Bottas ont fermé la marche pour Cadillac.
Verstappen menace en Q2, Racing Bulls s’incruste
En Q2, Charles Leclerc a repris la main au sommet de la feuille des temps. Mais le vrai signal est venu de Max Verstappen. Avec un seul tour rapide, sur des pneus usés, le triple champion du monde s’est glissé au quatrième rang, à moins de trois dixièmes de la Ferrari chaussée de gommes neuves. Le message était clair : en Q3, il serait là.
Derrière les mastodontes, la bataille pour le top 10 a tourné au sprint final. Les Racing Bulls Arvid Lindblad et Liam Lawson ont attendu les dernières secondes pour arracher leur ticket pour Q3 et se glisser parmi les quatre grandes équipes. Cruel pour Gasly.
Le Français, poleman à Monza, a cru tenir sa place avant de se faire sortir pour 0’’022 par Lawson. Il termine 11e, juste devant Nico Hülkenberg, 12e malgré une aspiration généreuse de son coéquipier Audi Gabriel Bortoleto.
Oliver Bearman pensait avoir décroché le 13e temps pour Haas, mais un excès de zèle au virage 11 lui a valu une suppression de chrono et un recul au 16e rang. Bortoleto et Franco Colapinto ont chacun gagné une position, avant de retomber en fond de grille à cause de pénalités liées au changement d’éléments de groupe propulseur. Alonso, lui, a effacé les doutes nés de son début d’incendie en signant un tour solide pour se hisser 15e.
Un tour venu d’ailleurs : Antonelli fait plier Verstappen et Ferrari
Tout s’est joué en Q3. Quand le moment de vérité est arrivé, Kimi Antonelli a ressorti ce qui fait de lui le patron actuel du championnat : une capacité à trouver du temps là où les autres pensent avoir tout donné.
Ferrari et Verstappen semblaient tenir le statut de favoris logiques après les essais et les deux premières phases de qualification. Antonelli les a délogés. Son tour décisif a fixé une référence que personne n’a pu approcher sur la dernière tentative, alors que la plupart des pilotes peinaient à améliorer.
Verstappen a dû se contenter de la deuxième place, devant Isack Hadjar, brillant troisième dans la deuxième Red Bull. Leclerc, qui avait donné le ton plus tôt, n’a pas su transformer l’essai et ne partira que quatrième.
Juste derrière, Lewis Hamilton a limité la casse. Il s’élancera cinquième, après avoir trouvé une amélioration valide sur son dernier tour, là où beaucoup ont buté sur les limites de piste.
Lando Norris avait signé le sixième temps, mais un écart de quelques centimètres hors des lignes blanches lui a coûté son ultime tour. Sanction immédiate : chrono annulé, Russell récupère la sixième place sur la grille, Piastri remonte, et Norris glisse finalement au huitième rang. Pour le champion sortant, la soirée laisse un goût amer.
Arvid Lindblad a fermé la marche des pilotes ayant signé un temps en Q3. Il devra de toute façon reculer avec une pénalité pour changement d’éléments moteur. Liam Lawson, lui, a choisi de ne pas rouler en Q3, misant sur un capital pneus plus frais pour la course.
Dimanche, Antonelli s’élancera en pole, le titre à portée de main, Verstappen dans ses rétroviseurs et une meute prête à bondir. La question n’est plus de savoir s’il sera champion, mais si Austin deviendra le théâtre de son couronnement.



