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L’Afrique du Sud menace l’Australie mais perd Nortje

L’Afrique du Sud menace l’Australie… mais perd Nortje en route

L’Afrique du Sud tient l’Australie à la gorge à Gqeberha. Mais le prix à payer pourrait être lourd : terminer ce deuxième Test avec un lanceur rapide en moins.

Anrich Nortje, symbole du retour en grâce du secteur pace sud-africain, a quitté le terrain en boitant au cours de la première session du quatrième jour, touché à l’aine droite, trois balles seulement après le début de son quatrième over. Quelques minutes plus tard, Cricket South Africa confirmait qu’il ne reviendrait pas sur le terrain au moins jusqu’à la fin de la première manche australienne. Une phrase froide pour une perte immense.

Un coup d’arrêt brutal, car jusqu’ici Nortje incarnait parfaitement la furie sud-africaine. Sous un ciel venteux à Gqeberha, les rapides locaux ont pilonné le top order australien. Le n°4, Marnus Labuschagne, a ainsi mordu la poussière sur une séquence qui résume l’intensité du matin : Nortje trouve l’extérieur de la batte, Simon Harmer se jette à la troisième slip et claque une prise spectaculaire. L’Australie est alors en lambeaux à 45 pour 4. Le plan fonctionne. Le public sent le sang.

Cette domination ne sort pas de nulle part. À Durban, pour son retour en Test – et même en first-class – après plus de trois ans et demi d’absence, Nortje avait enchaîné 40 overs. Un volume énorme pour un corps qui n’avait plus connu ce niveau d’exigence depuis longtemps. La question planait déjà : pourrait-il enchaîner avec un si court laps de récupération ? Il avait rassuré tout le monde à l’entraînement, envoyant des missiles deux jours avant ce deuxième Test. Le match, lui, vient de rappeler la dure loi des calendriers serrés.

Autour de lui, le reste de l’attaque a pourtant répondu présent. L’Afrique du Sud a choisi pour ce match une formule plus agressive qu’à Kingsmead : un pacer de plus, avec le retour de Kagiso Rabada à la place de Keshav Maharaj. Marco Jansen, lui, a frappé très fort, signant quatre wickets avant le déjeuner du quatrième jour. Wiaan Mulder apporte son volume d’overs et Harmer assure le rôle de spinner principal, même sur une surface que le capitaine Temba Bavuma juge encore peu propice à la rotation.

Le Décor Est Posé

Le décor est posé : une attaque rapide qui démolit l’Australie, un spinner de contrôle, un allrounder pour colmater, et désormais un trou béant laissé par la sortie de Nortje. Car un enjeu tactique majeur se profile : le follow-on.

Si les Sud-Africains parviennent à balayer l’Australie assez vite, ils auront la possibilité d’imposer à nouveau le bâton aux visiteurs, sans laisser de répit à leurs propres lanceurs. Une arme tranchante… mais à double tranchant, surtout avec un rapide en moins. Bavuma, lui, avait déjà préparé ses hommes à ce scénario d’usure dès la fin du troisième jour : deux jours potentiels à passer dans le champ pour arracher l’égalisation dans la série. Avant le début du jeu mercredi, il a répété la ligne de conduite.

Il ne cache pas que l’option du follow-on séduit, mais il sait que la marge d’erreur est mince. La balle neuve, combinée au vent, reste leur meilleure alliée. Le pitch, lui, tient encore, n’offre pas les fissures habituelles de quatrième jour qui propulsent les spinners au centre de la scène. Tout repose donc sur la capacité de Rabada, Jansen, Mulder et, dans une moindre mesure, Harmer, à tenir la cadence.

Le problème, c’est que le réservoir de rapides sud-africains ressemble de plus en plus à une infirmerie. Rabada a déjà manqué le début de la série pour une blessure aux ischio-jambiers. Lungi Ngidi est sur la touche. Ottneil Baartman et Kwena Maphaka soignent eux aussi des soucis aux ischios. Dans le groupe actuel, Dane Paterson et Gerald Coetzee attendent en réserve, prêts à être appelés si la série se transforme en test de profondeur de banc.

Nortje, lui, est le dernier nom à s’ajouter à cette liste inquiétante. Son retour avait été raconté comme une histoire de persévérance, d’un joueur dont le rêve de Test n’avait jamais disparu malgré les années loin du format. Le voilà de nouveau arrêté, au moment même où son équipe domine un géant mondial et se donne le droit de rêver à une égalisation de série.

L’Afrique du Sud tient l’Australie, l’étouffe, l’attaque sans relâche. La question est désormais simple, presque cruelle : cette attaque peut-elle continuer à frapper aussi fort avec un bras en moins ?