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Yaxel Lendeborg : un rookie qui défie Luka Doncic

LOS ANGELES – Nuit d’ouverture, défaite cinglante, et un rookie qui sort du cadre poli habituel de la NBA. Pour son tout premier match professionnel, Yaxel Lendeborg n’a pas seulement découvert la vitesse et la dureté du jeu. Il a aussi décidé de s’attaquer frontalement à l’une de ses superstars : Luka Doncic.

Un baptême du feu… face à Luka

Privés de Jimmy Butler et Moses Moody, les Golden State Warriors ont lancé Lendeborg dans le cinq majeur, aligné sur l’aile avec une mission claire : défendre sur Doncic. Pour un premier soir, le défi frôle l’irréel.

Sur le parquet, pourtant, le rookie tient le choc. Selon les données de suivi, Doncic ne rentre qu’un tir sur six face à lui en un-contre-un. Physique, agressif, Lendeborg ne se cache pas. Mais pendant que le duel individuel se construit, le tableau d’affichage, lui, se dérègle complètement : 32 points encaissés dans le premier quart-temps, 34 dans le deuxième, 36 dans le troisième. Los Angeles déroule, creuse jusqu’à 35 points d’avance et plie la rencontre bien avant le money-time. Score final : 127-105 pour les Lakers.

La soirée aurait pu en rester à ce contraste classique entre performance individuelle encourageante et naufrage collectif. Elle va prendre une autre tournure.

Le déclic : une faute, un pump fake, et la mèche s’allume

Fin de deuxième quart-temps. Après plusieurs possessions rugueuses entre les deux hommes, Doncic obtient une faute sur un pump fake près du sommet de la raquette. Le contact est sifflé, la star se relève, chambre le rookie. Lendeborg explose.

Il ne lui reproche pas tant l’action que le fond de scène permanent : les protestations répétées de Doncic auprès des arbitres. À chaud, il lâche qu’il a « perdu tout respect » pour le Slovène à cause de ce qu’il perçoit comme du « chouinage » incessant pour obtenir des coups de sifflet. Sur le parquet, les caméras le surprennent en train de qualifier le move de Doncic de « weak ass s--- », pendant que le meneur des Lakers rit, applaudit, et que coéquipiers et arbitres s’interposent pour éviter que le duel verbal ne dégénère.

Golden State choisit alors de calmer le jeu et de sortir brièvement Lendeborg. Mauvais timing : sur l’action suivante, Doncic sanctionne d’un jumper, puis pointe du doigt le rookie assis sur le banc. Steve Kerr, loin de protéger son jeune joueur, le renvoie aussitôt au front. Le duel reprend, la tension monte encore d’un cran.

Trash-talk, technique et tir du milieu de terrain

Doncic assure ensuite qu’il n’a pas voulu répondre, qu’il ne cherche pas les fautes techniques cette saison. Sur le terrain, la ligne est fine. À 31 secondes de la pause, la star des Lakers réclame l’isolation. Face à lui, Lendeborg reste droit, défend sans commettre de faute, force un step-back raté. Défense parfaite.

Golden State part en transition. Lendeborg continue de hurler en direction de Doncic, lui répète qu’il « ne peut pas marquer sur lui ». Il insiste, ponctue de quelques insultes. L’arbitre James Capers stoppe le jeu, sanctionne le rookie d’une faute technique. Lendeborg l’admettra : il a passé la soirée à lui dire qu’il « sucait » et qu’il n’arrivait pas à scorer sur lui.

Le dernier mot de la mi-temps revient pourtant à Doncic. Buzzer. Un tir du milieu de terrain, 48 pieds, planche, ficelle. L’écart grimpe à 14 points. La salle explose. Le Slovène se tourne vers Lendeborg, le plus proche défenseur, pointe du doigt, éclate de rire. Image forte : le vétéran superstar qui rappelle au rookie qui tient vraiment la lumière.

Sur le banc, Steve Kerr fulmine. Pour lui, si Lendeborg prend une technique pour ses mots, le geste de Doncic après son tir aurait dû être sanctionné aussi. « Ils se chauffaient tous les deux », regrette-t-il, estimant que le déséquilibre de traitement n’a pas de sens.

Un rookie sans filtre, assumé par le vestiaire

Lendeborg n’en est pas à son premier coup de franchise. Le soir de la draft, il avait déjà fait parler de lui en expliquant qu’il « détestait » Steph Curry plus jeune, parce qu’il était fan de Kyrie Irving. Pas le genre à réciter le discours convenu du nouveau venu intimidé.

À San Francisco, cette personnalité ne dérange pas. Elle séduit même. Kerr et le staff louent son état de préparation pour le niveau NBA. Preuve de confiance, il devient le premier rookie à débuter un match d’ouverture pour les Warriors depuis James Wiseman en 2020. Il répond avec 12 points en 29 minutes. Pas de quoi renverser un match, mais suffisamment pour montrer qu’il peut peser.

Ce qui marque davantage, ce sont ses quatre fautes et surtout sa réaction à chaque coup de sifflet. Il transforme sa frustration en défi personnel. Draymond Green, mentor autoproclamé des jeunes voix fortes du vestiaire, valide totalement l’attitude. Pour lui, il n’y a aucune raison de se prosterner devant les « intouchables » de la ligue. Pas de courbette, pas de révérence obligatoire. Un message clair : Lendeborg n’a pas à apprendre à respecter, il doit apprendre à revenir encore plus fort.

Première leçon de NBA, prochaine manche déjà cochée

Au-delà du score, cette nuit d’ouverture a offert au rookie un aperçu brutal de ce qu’est la NBA moderne à ses yeux : du contact, des flops, du foul baiting, des bras levés vers les arbitres à chaque action litigieuse. Il parle d’un « premier match intéressant ». Le mot est faible.

Le calendrier, lui, ne laisse aucun répit. Warriors et Lakers se retrouvent dès le 30 octobre à San Francisco. Même affiche, mêmes acteurs, même tension annoncée. Lendeborg aura alors une question simple à régler : après avoir perdu tout respect pour Luka Doncic, que fera-t-il quand il se retrouvera à nouveau seul face à lui, sous les projecteurs du Chase Center ?