Affaire Óscar Freire : condamnation et violences conjugales
Óscar Freire, triple champion du monde sur route, a évité des poursuites plus lourdes dans une affaire de violences conjugales présumées impliquant son épouse, mais l’onde de choc reste forte en Espagne.
Selon la décision rendue lundi par un tribunal de la région de Cantabrie, l’ancien sprinteur espagnol a été condamné à neuf jours d’assignation à résidence. Le juge a également prononcé une ordonnance d’éloignement de six mois : interdiction de tout contact avec sa femme, interdiction de s’approcher à moins de 200 mètres d’elle, de son lieu de travail ou des endroits qu’elle fréquente.
Cette affaire, qui a éclaté au grand jour cette semaine, a immédiatement pris une dimension nationale. Le nom de Freire, associé pendant des années à ses trois titres mondiaux et à ses victoires de prestige, se retrouve désormais au cœur d’un dossier judiciaire marqué par un conflit conjugal présenté comme ancien et répété.
Selon l’avocate de la plaignante, la procédure a été accélérée. Les accusations les plus graves ont été retirées pour éviter de nouvelles souffrances émotionnelles à la victime et à sa famille. Le couple, qui a trois enfants, est en cours de divorce, d’après la radio Cadena SER.
La plainte a été déposée dimanche. La victime accuse Freire de violences conjugales, avec des faits d’agression, de menaces, de harcèlement et d’intimidation. Quelques heures après ce dépôt, l’ex-coureur a été interpellé.
Le dernier épisode en date se serait déroulé le 12 avril, pendant la messe dans une église locale, a expliqué l’avocate à l’agence Europa Press. D’après la plainte, les deux époux étaient assis séparément. Freire se serait levé pour venir s’asseoir à côté d’elle. Une dispute aurait alors éclaté.
La femme lui aurait indiqué que ce n’était ni le lieu ni le moment et se serait levée pour partir. Il lui aurait alors saisi le bras pour la forcer à se rasseoir à ses côtés, toujours selon le récit de la défense de la victime.
À la sortie de l’église, la situation se serait prolongée. La plaignante aurait tenté d’appeler le frère de l’ancien cycliste. Freire lui aurait arraché le téléphone des mains et aurait tenu, en public, des propos dénigrants à son encontre, relate encore l’avocate.
Les poursuites retenues se limitent à cet épisode précis. Mais la victime affirme qu’il ne s’agit que du dernier acte d’un schéma de violences physiques et psychologiques qui aurait marqué vingt ans de vie commune. Europa Press, qui dit avoir consulté les documents judiciaires, rapporte que la plaignante a détaillé d’autres scènes d'abus au cours de la relation, avant de renoncer à ces accusations supplémentaires.
Ce n’est pas la première fois que la vie familiale de Freire bascule dans la sphère publique. L’an dernier, il avait disparu plusieurs jours après une dispute familiale, n’étant retrouvé qu’après le signalement de sa disparition par son épouse auprès de la police locale.
Pour l’heure, aucune réaction publique de Freire n’a été rapportée. Dans un pays où le cyclisme a longtemps célébré ses exploits, c’est désormais la justice qui tient le premier rôle dans le récit autour de son nom.




