Yamal et Oyarzabal brillent lors de la victoire de l’Espagne au Mondial
L’orage était annoncé. Il a éclaté à Atlanta. Sous pression après un 0-0 gris et sans idées contre le Cap-Vert, l’Espagne a répondu avec fracas en écrasant l’Arabie saoudite 4-0, portée par un Lamine Yamal incandescent et un Mikel Oyarzabal clinique.
Cette fois, La Roja a ressemblé à une équipe de Coupe du monde. Rapide, tranchante, impitoyable.
Yamal, 16 ans et déjà le visage d’une sélection
Titulaire après son entrée en jeu étincelante lors du premier match, Lamine Yamal n’a pas mis longtemps à secouer le stade. Quelques secondes de jeu, déjà un centre dangereux repoussé par Abdulelah Al Amri. Le ton était donné.
À la 11e minute, il ouvre le score. Une action qui ne restera pas dans les compilations esthétiques, mais qui en dit long sur le joueur qu’il devient. Arrivée au second poteau, angle fermé, centre bas et puissant de Mikel Oyarzabal : Yamal se jette, pique le ballon du bout du pied et le glisse au fond. Premier match comme titulaire en Coupe du monde, premier but.
Un détail qui change tout : au moment où il marque, l’Espagne a déjà enchaîné 39 passes. Personne n’avait fait mieux dans ce tournoi avant de trouver le chemin des filets. Le symbole d’une équipe qui retrouve son identité… et d’un prodige qui l’accélère.
Après la rencontre, il rappelle à quel point tout va vite pour lui. Il expliquera à DAZN qu’il regardait encore la Coupe du monde 2022 « depuis sa salle de classe ». Deux ans plus tard, il marque sur la scène mondiale, avec sa mère et sa famille dans les tribunes. Le rêve est devenu quotidien.
Dribbles, centres, frappes : Yamal a tout fait, tout de suite. Il a surtout tout fait vite. Il a donné le tempo, montré le chemin, tiré ses coéquipiers vers le haut. L’Espagne avait manqué d’étincelle contre le Cap-Vert. Elle en a trouvé une, sur son aile droite.
Oyarzabal, le doublé qui assomme l’Arabie saoudite
Si Yamal a allumé la mèche, Mikel Oyarzabal a fait exploser le match. En quatre minutes, l’attaquant a tué tout suspense.
À la 21e minute, il traîne au second poteau, là où les attaquants qui comptent savent qu’il faut être. Le ballon traîne, la défense saoudienne panique, Oyarzabal pousse au fond. But brouillon, mais but capital : 2-0, l’Arabie saoudite vacille.
Deux minutes plus tard, il frappe encore. Cette fois, le geste est plus net, plus maîtrisé. Ballon récupéré, appel court, finition propre à bout portant. 23e minute, 3-0. L’Espagne vient de devenir la première équipe depuis l’Allemagne en 2014 à inscrire trois buts dans les 25 premières minutes d’un match de Coupe du monde.
L’Arabie saoudite ne s’en relèvera pas.
Oyarzabal aurait même pu repartir avec le ballon du match. À la 36e minute, il profite d’une passe en retrait catastrophique de Mohammed Al Owais. Il frappe instantanément, sans contrôle. Le ballon lobe le gardien, mais rebondit sur le haut de la barre transversale. Le triplé s’envole pour quelques centimètres.
Luis de la Fuente, qui fêtait ses 65 ans, ne tentera pas le diable. Yamal et Oyarzabal restent aux vestiaires à la pause. Gestion parfaite : les deux hommes ont fait le travail, d’autres défis arrivent.
Le sélectionneur confiera à DAZN qu’Oyarzabal sortait d’un petit souci physique, « on ne peut pas tout dire », mais qu’il « livre toujours une performance exceptionnelle ». Ce soir-là, le terme n’est pas galvaudé.
Une Espagne plus verticale, plus agressive, plus elle-même
Ce match était un test de caractère autant que de jeu. Le nul contre le Cap-Vert avait laissé des traces. Dans le vestiaire, Luis de la Fuente et ses joueurs ont disséqué ce non-match. Une conclusion commune : il fallait plus de verticalité, plus d’intensité.
On a vu la réponse dès le coup d’envoi. L’Espagne a étouffé l’Arabie saoudite, l’a repoussée dans sa surface, l’a bombardée de centres et de frappes. Les séquences de passes n’étaient plus un exercice de style, mais un moyen de piéger l’adversaire et de le faire craquer.
De la Fuente parle d’« une première période exceptionnelle ». Difficile de le contredire. La seconde sera moins brillante, mais maîtrisée. L’Espagne relâche légèrement la pression, sans jamais perdre le contrôle.
Le quatrième but arrive à la 49e minute, sur un coup du sort. Corner prolongé au premier poteau, reprise de Marc Cucurella, arrêt réflexe d’Al Owais. Le ballon rebondit sur Hassan Al Tambakti et termine au fond. Un but contre son camp de plus dans un tournoi qui en accumule déjà un nombre record.
Le défenseur saoudien devient le huitième joueur à marquer contre son camp dans cette Coupe du monde, alors que la phase de groupes n’est même pas terminée. Statistique cruelle, mais fidèle à la soirée.
Torres privé de fête, l’Espagne en tête
L’Espagne croit même signer un cinquième but dans le temps additionnel. À la 90e+2, Ferran Torres coupe un centre de Fabian Ruiz et pousse le ballon au fond. La célébration est brève. L’assistance vidéo s’en mêle, les minutes s’étirent, le verdict tombe à la 90e+5 : hors-jeu, but refusé.
Rien ne viendra troubler davantage une soirée parfaitement maîtrisée.
Ce 4-0 propulse La Roja en tête du groupe H, en attendant le duel entre l’Uruguay et le Cap-Vert. L’Arabie saoudite, elle, glisse à la dernière place.
Dans les couloirs, Lamine Yamal résume l’état d’esprit du groupe : le premier match « n’était pas vraiment nous ». Ce 0-0 « a piqué », les a « fait beaucoup réfléchir » et les a aidés à aborder ce rendez-vous comme il le fallait. Mission accomplie. Il parle d’un plan clair : jouer une mi-temps, aider l’équipe, se reposer ensuite. Le 3-0 à la pause a rendu ce scénario possible.
Luis de la Fuente, lui, voit « un pas important pour ce qui arrive ». Il affirme que Yamal est désormais « en parfaite condition pour enchaîner des matches entiers », tout en savourant l’idée de le sortir tôt, « en le laissant avec faim ».
L’Espagne cherchait une réaction. Elle a trouvé bien plus : un match référence, un leader technique de 16 ans, un buteur retrouvé, et une certitude renouvelée avant d’affronter l’Uruguay, annoncé comme un combat d’un tout autre niveau.
La question n’est plus de savoir si La Roja est entrée dans sa Coupe du monde. Elle est simple, brutale, et plane déjà sur la suite du tournoi : avec un Yamal à ce niveau, jusqu’où peut-elle aller ?




