Xavi révèle ses tentatives de rapatrier Neymar, Pedro et Messi
Xavi Hernández n’a pas seulement voulu reconstruire Barcelone. Il a tenté un retour en arrière spectaculaire. Dans un entretien avec la légende brésilienne Romário, l’ancien entraîneur du Barça a révélé qu’il avait essayé de rapatrier Neymar, Pedro et Lionel Messi pendant son passage sur le banc catalan.
« J’ai réussi à faire revenir Dani Alves et j’ai essayé de faire revenir Neymar, Pedro et Messi quand j’étais entraîneur », explique Xavi. Le plan était clair : entourer une nouvelle génération de cracks avec des figures majeures de l’âge d’or blaugrana.
Mais la réalité économique a tout fracassé.
Le mur des finances et un président accusé
Pour Neymar et Pedro, la réponse a été nette : impossible. « Pedro et Neymar n’ont pas pu revenir à cause de la situation financière, et Messi parce que le président actuel du Barça ne le voulait pas », détaille Xavi. Il assure pourtant qu’une fenêtre s’était ouverte pour Neymar : « Il y a eu une opportunité avec Neymar, mais ça ne s’est pas fait non plus. Ça ne s’est pas fait à cause de notre situation financière très difficile. Le Fair-Play financier nous limitait énormément, et puis il y avait les fameux salaires. »
Le décor est planté : un club étranglé, une masse salariale hors de contrôle, un cadre réglementaire étouffant. Selon Xavi, au moment où il arrive en novembre 2021, le Barça est « au plus bas de son histoire », miné par une saison 2019–20 sans trophée et des comptes en lambeaux.
C’est aussi sur le dossier Messi que l’ancien milieu de terrain cogne à nouveau sur Joan Laporta. Il affirme avoir tout fait pour orchestrer le retour du numéro 10 après la Coupe du monde 2022. « J’ai essayé de le faire signer pour le Barça. J’ai parlé avec lui pendant cinq mois ; tout était prêt, mais le président actuel du Barça a dit non. »
Une version qu’il avait déjà avancée : selon lui, le président aurait entamé les discussions avec le père de Messi, avec l’aval de LaLiga, avant de tout faire capoter. Laporta nie ces accusations. Le résultat, lui, est connu : Messi quitte le Paris Saint-Germain libre et s’engage avec Inter Miami, refermant la porte à ce qui aurait été l’un des retours les plus retentissants de l’histoire du football.
De l’utopie des retours au pari sur les jeunes
Faute de pouvoir faire revenir les héros d’hier, Xavi s’est résolu à bâtir avec ceux de demain. Il insiste d’ailleurs sur l’empreinte qu’il revendique dans l’effectif actuel, aujourd’hui dirigé par Hansi Flick.
Le technicien allemand récolte les louanges après un triplé national dès sa première saison et une défense solide du titre en Liga. Mais Xavi rappelle que nombre de joueurs qui brillent aujourd’hui ont éclaté sous ses ordres : Raphinha, Pedri, Lamine Yamal, entre autres.
« Nous avons laissé un héritage de jeunes joueurs qui sont aujourd’hui l’ossature de cette équipe, affirme-t-il. Nous avons posé de bonnes bases sur lesquelles Flick, avec son excellent travail, est en train de construire. »
Il revendique notamment le recrutement de Raphinha : « Je l’ai signé. J’ai dit au club de le recruter. Je le voulais déjà quand j’étais au Portugal. Je lui ai donné beaucoup de confiance. S’il n’avait pas été performant, je l’aurais laissé partir. » Xavi raconte même une discussion clé avec le Brésilien, frustré à ses débuts : il lui demande de rester calme, lui rappelle qu’il n’en est qu’au début de son histoire au club. Aujourd’hui, dit-il, « il s’épanouit vraiment. C’est un leader. »
Lamine Yamal, l’héritier désigné ?
Quand il parle de Lamine Yamal, Xavi change encore de registre. Les mots deviennent plus lourds, presque solennels. « Yamal peut être comparé à Messi. C’est l’un des élus ; tout dépend de lui, de sa mentalité et de son envie d’écrire l’histoire. Il peut être le meilleur au monde. Il est déjà parmi eux. »
Pour Xavi, Messi reste pourtant intouchable. « Messi était le meilleur. Il n’y aura jamais personne de meilleur que lui », insiste-t-il, rappelant l’impression laissée par l’Argentin dès l’adolescence : « À 16 ans, il était déjà complètement différent. » Il décrit un joueur « très humble et travailleur » et assure entretenir toujours « une très bonne relation » avec lui.
Entre le rêve avorté d’un Barça réunissant Messi, Neymar et Pedro, et la réalité d’un club contraint de se réinventer autour de jeunes talents, le récit de Xavi ressemble à une grande bifurcation. Une voie, celle de la nostalgie, s’est refermée. L’autre, celle de la reconstruction, est désormais entre les mains de cette génération qu’il revendique avoir lancée.
La question, désormais, ne porte plus sur ce qu’aurait pu être le Barça de Xavi avec Messi, Neymar et Pedro. Elle est simple, brutale : jusqu’où ira ce Barça bâti sur les épaules de Raphinha, Pedri et Lamine Yamal ?




