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Xavi devient sélectionneur des Pays-Bas : un héritier du football néerlandais

Les Pays-Bas ont tranché. Après la déception d’une Coupe du monde ratée et la démission de Ronald Koeman, la Fédération néerlandaise a choisi un nom fort, presque symbolique : Xavi Hernández devient le nouveau sélectionneur de l’Oranje.

À 46 ans, l’ancienne légende du Barça retrouve un banc deux ans après son départ de Barcelone en 2024. Il s’engage pour quatre ans avec les Pays-Bas, avec un mandat clair : mener la sélection jusqu’à l’Euro 2028 puis au Mondial 2030.

Un héritier du football néerlandais

Pour Xavi, ce n’est pas un simple poste. C’est un retour aux sources d’une partie de son identité footballistique.

« Je considère que c’est un immense honneur de devenir sélectionneur des Pays-Bas », a-t-il déclaré lors de sa nomination.

Formé à la Masia, nourri aux idées de Johan Cruyff et Rinus Michels, il revendique ce lien presque organique avec l’école néerlandaise.

« On peut dire que je suis en partie un fils du football néerlandais », a-t-il ajouté, citant aussi Louis van Gaal, sous les ordres duquel il a débuté au Barça, et Frank Rijkaard, autre influence majeure dans sa construction de joueur puis d’entraîneur.

Le clin d’œil de l’histoire est saisissant : Xavi avait déjà succédé à Ronald Koeman au Barça en 2021. Il avait alors redressé un club en crise et offert au Camp Nou un premier titre de champion d’Espagne depuis quatre ans dès la saison suivante.

Un Oranje en quête de relance

Cette fois, il arrive dans un contexte tout aussi délicat. Les Pays-Bas sortent d’un Mondial en demi-teinte en Amérique du Nord, terminé dès les huitièmes de finale face au Maroc. Trop tôt, trop fade pour une nation qui revendique une culture du jeu parmi les plus fortes au monde.

C’est précisément ce qui a attiré Xavi.

« Les Pays-Bas ont une riche culture footballistique et une vision claire qui me parle énormément : un football offensif, basé sur la possession, avec créativité, passion et conviction », a-t-il expliqué.

Gagner reste l’obsession, mais pas à n’importe quel prix. « L’objectif le plus important est et restera toujours de gagner, mais je préfère le faire d’une manière qui reflète ces caractéristiques et que les gens puissent apprécier. »

Le décor est posé : l’Oranje devra de nouveau séduire autant que gagner. Xavi affirme voir « un potentiel » et « une base solide sur laquelle construire ». Il dit attendre avec impatience de commencer ce défi « avec les joueurs, le staff et toutes les personnes au sein de la Fédération néerlandaise ».

De Al Sadd à l’Oranje, via le Barça

Après une carrière de joueur exceptionnelle avec Barcelone et la sélection espagnole – Coupe du monde 2010, Euros 2008 et 2012 –, Xavi s’était lancé dans le métier d’entraîneur en 2019 au Qatar, à Al Sadd. Il y empile les trophées, sept au total, et se forge une première expérience de gestion d’un vestiaire.

En 2021, il revient au Barça pour remplacer Koeman dans une période trouble de l’histoire récente du club. Il remet de l’ordre, impose ses idées, ramène la Liga en 2022-2023 et la Supercoupe d’Espagne en 2023.

La dynamique s’essouffle ensuite. La saison 2023-2024 se termine sans titre et le club décide de tourner la page en le remplaçant par Hansi Flick.

Depuis, Xavi s’était mis en retrait. Selon des sources citées par ESPN, plusieurs clubs et sélections l’avaient approché. Il avait d’abord privilégié une année sabbatique, aucune proposition ne correspondant vraiment à ce qu’il recherchait.

Ces derniers mois, il avait toutefois laissé filtrer son envie de découvrir le football de sélection. Les Pays-Bas lui offrent ce cadre, avec un projet qui colle à son ADN de jeu et une scène internationale où son idée du football sera scrutée à la loupe.

Le fils spirituel de Cruyff dirigera désormais l’Oranje. Reste à voir si cette alliance entre une idée, une nation et un homme suffira à ramener les Pays-Bas au sommet de l’Europe et du monde.