William Saliba entrevoit la sortie du tunnel avec Arsenal
Le sourire revient peu à peu sur le visage de William Saliba. Après des semaines de doute, de douleur et de frustration, le défenseur d’Arsenal commence enfin à voir la lumière au bout d’un long couloir médical. Pas de miracle, pas de raccourci. Juste un travail méthodique, quotidien, pour remettre d’aplomb un dos qui l’a lâché au pire moment.
Blessé lors de la demi-finale de Coupe du monde perdue par la France face à l’Espagne, le défenseur de 25 ans avait été mis à l’arrêt prolongé en juillet. La question de l’opération s’est posée. Elle a été écartée. À la place, Arsenal a opté pour un plan lourd, minutieux : massages quotidiens, séances de physiothérapie, travail adapté, sans brûler la moindre étape.
Le club londonien a choisi la prudence à l’extrême. Longtemps, Saliba n’a eu droit qu’au vélo. Désormais, il a enfin basculé vers la course. Un détail pour le grand public, un tournant pour un joueur qui, depuis des mois, vit au rythme de son dos.
Un corps martyrisé, un joueur au bord de la rupture
Les révélations de L’Équipe disent tout du calvaire traversé. En fin de saison dernière comme pendant la Coupe du monde, Saliba a carburé aux antalgiques. Sans eux, impossible de tenir. Avec eux, un prix à payer : jusqu’à deux jours après certains matches sans pouvoir se mouvoir normalement, le dos verrouillé, le corps vidé.
Son entourage l’admet sans détour : le défenseur est allé trop loin dans la douleur.
« Il sait qu’il doit prendre son temps. Il a trop souffert et veut revenir à 100 %. »
Le message est clair, presque solennel. Fini les bricolages, les infiltrations qui repoussent le problème sans le régler. Place à une vraie reconstruction.
Pendant cette trêve internationale, Saliba se repose en Île-de-France, loin des projecteurs, mais pas du plan établi par Arsenal. Le club ne veut plus le perdre à moitié, ni le récupérer à 60 %. Tout ou rien.
Arteta ferme la porte à la précipitation
Mikel Arteta a fixé le cadre dès l’été. Pas question de céder à l’impatience des supporters ni à la tentation de le relancer trop tôt.
« Il est en mode repos pour le moment, expliquait l’entraîneur d’Arsenal. Il devait quasiment tout arrêter, c’est une blessure aggravée, donc cela va prendre du temps pour guérir. Nous le savons. Dès que nous aurons plus de nouvelles, nous pourrons vous informer. »
Le discours tranche avec l’urgence permanente du très haut niveau. Arsenal sait ce que représente Saliba dans son projet. Justement pour cette raison, le club refuse de le griller. L’Espagnol protège son défenseur comme une pièce maîtresse qu’on refuse de sacrifier dans une course au titre qui s’annonce longue.
Un trou béant dans la défense des champions
Son absence se voit partout. Dans la composition d’équipe, bien sûr, où Arteta a dû recomposer une ligne arrière qui venait de lui offrir le titre. Ezri Konsa, recruté cet été, a été propulsé dans le rôle du pompier de luxe. Trois titularisations consécutives en Premier League aux côtés de Gabriel Magalhaes, et la mission de faire oublier l’un des meilleurs défenseurs du championnat.
Tâche impossible, ou presque. Car l’empreinte laissée par Saliba à l’Emirates Stadium est immense. Arrivé en 2019, il a déjà disputé 184 matches toutes compétitions confondues, conquis un titre de Premier League et deux Community Shields, tout en échouant en finale de Ligue des champions et de Carabao Cup.
Ce palmarès collectif s’accompagne d’une reconnaissance individuelle rare pour un défenseur. Présent dans le PFA Team of the Year quatre saisons de suite, nommé à deux reprises pour le Ballon d’Or, Saliba a imposé son nom parmi les références mondiales à son poste. Quand un tel joueur disparaît du onze, tout le bloc recule d’un cran.
Novembre en ligne de mire
La bonne nouvelle, c’est que le chemin se dégage. Si son corps encaisse sans réaction négative la montée en charge sur le terrain, Saliba vise un retour à la compétition en novembre. Rien n’est garanti, tout reste conditionné aux réponses de son dos, scrutées au jour le jour par le staff médical.
Arsenal ne prendra aucun risque. Le club veut un Saliba totalement opérationnel, pas un joueur qui enchaîne rechute sur rechute au cœur d’un automne déjà saturé de matches. Les prochaines semaines ressembleront à un test permanent : intensité progressive, jours de récupération, ajustements au moindre signal d’alerte.
D’ici là, Arteta continuera de s’appuyer sur Konsa et Gabriel pour tenir la baraque, alors que le calendrier se densifie et que chaque point compte déjà dans la lutte pour le titre.
Le vrai enjeu est là : au moment où la saison basculera vraiment, Arsenal pourra-t-il compter sur un William Saliba enfin libéré de ses chaînes physiques, ou devra-t-il encore composer sans son patron de l’arrière-garde ?



