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Anthony Joshua choisit Ben Davison pour son combat contre Tyson Fury

Anthony Joshua a tranché. Pour son choc de décembre contre Tyson Fury, le Britannique revient à une vieille connaissance : Ben Davison. Un choix sportif, bien sûr, mais aussi un choix chargé de tension, presque de trahison aux yeux du clan Fury.

Davison, l’homme qui connaît les deux camps

Ben Davison est dans une position rare, presque inconfortable : il a déjà dirigé les coins de Tyson Fury et d’Anthony Joshua. C’est lui qui a accompagné Fury dans son retour après sa longue absence, jusqu’à cette première confrontation épique contre Deontay Wilder en 2018. Une période marquée par un Fury invaincu, redevenu un poids lourd majeur sous sa houlette.

Ces derniers mois, Davison avait aussi travaillé avec Joshua, avant qu’AJ ne décide de se tourner vers des entraîneurs issus du camp d’Oleksandr Usyk pour ses deux derniers combats. Une nouvelle page, pensait-on. Elle n’aura duré qu’un temps.

Joshua a finalement choisi de se réunir avec Davison. Cette fois, le technicien sera en face de Fury, pour la première fois dans un combat. Le scénario était trop beau pour ne pas déclencher une réaction : Fury l’a aussitôt qualifié de « traître ». Le ton est donné.

Hearn calme le jeu : un retour, pas un coup de poker

Eddie Hearn, promoteur de Joshua, assure pourtant que ce rapprochement n’est pas un coup monté contre Fury, mais la continuité d’un lien jamais rompu.

« Ben est un excellent entraîneur. Même lors du dernier combat et de celui d’avant, il travaillait toujours avec Ben Davison en coulisses », a-t-il expliqué à Sky Sports News.

Joshua n’a donc pas redécouvert Davison, il l’a simplement remis au centre du dispositif.

Que Davison connaisse Fury par cœur est un atout évident. Hearn le reconnaît, sans en faire le cœur du dossier : ce n’est pas, selon lui, la raison déterminante. Pour Joshua, il s’agit surtout d’un ajustement de camp, d’une pièce maîtresse repositionnée au bon endroit.

Davison sera le head trainer pour ce combat. Joshua, lui, ne tourne pas le dos à tout ce qu’il a construit récemment : il continue de travailler avec les membres de l’équipe d’Usyk, dont Iegor Golub, intégrés progressivement à son staff.

Depuis l’ère Rob McCracken, Joshua a enchaîné les voix principales dans son coin : Robert Garcia, puis Derrick James, puis Davison, avant d’intégrer Golub. Une valse qui interroge, mais Hearn balaie l’idée d’un entourage instable.

Pour lui, Joshua sait où il va. Il ne cherche pas à tout révolutionner, mais à affiner, à corriger des détails, à polir une stratégie. L’objectif, Hearn le résume sans détour : « Il sait ce qu’il doit faire. Au final, c’est placer un direct en plein menton et l’éteindre net. C’est le plan. » Le reste n’est qu’une question de méthode, travaillée « avec sérieux » avec Davison et le reste de l’équipe.

Nelson dubitatif : trop de changements, trop vite ?

Tout le monde ne partage pas ce calme apparent. Johnny Nelson, ancien champion du monde et consultant pour Sky Sports, regarde ce retour vers Davison avec un sourcil levé.

Il rappelle que Davison a récemment essuyé de vives critiques pour la gestion de certains de ses boxeurs. Malgré cela, Joshua semble se sentir en phase avec son discours, avec sa façon de voir la boxe. Nelson raconte avoir vu Tyson et Shane Fury le croiser en le traitant de « traître », sous le regard amusé de Davison. L’anecdote en dit long sur l’ambiance autour de ce combat.

Nelson, lui, reste surpris. Il n’aime pas voir un boxeur changer sans cesse de tête d’affiche dans son coin. À ses yeux, une carrière de haut niveau repose sur un lien solide avec l’entraîneur : relation, confiance, croyance totale. Quand le coach dit « saute », le boxeur saute, sans discuter. Les allers-retours permanents brouillent ce rapport, estime-t-il.

Il peine donc à comprendre cette succession de changements. Mais il concède une chose essentielle : c’est la décision de Joshua, prise pour une raison précise, connue de lui seul et de son entourage. Et c’est sur le ring, en décembre, que ce choix parlera vraiment.

Dans un combat où chaque détail comptera, la voix qui guidera Joshua dans le coin pourrait bien peser aussi lourd qu’un direct du droit.