Waterford renverse Shelbourne et atteint la finale de la FAI Cup
Waterford a fait plus que valider son billet pour la finale de la Club Orange FAI Cup face à Derry City. En s’imposant 3-2 sur la pelouse de Shelbourne, le club a verrouillé son maintien en Premier Division et éteint le mince espoir de voir Drogheda United provoquer un barrage grâce à un improbable renversement à huit buts.
Il y a eu des sueurs froides, pourtant. Et un début de soirée qui sentait la mauvaise blague.
McInroy allume la mèche
Pendant huit minutes, Shelbourne a cru pouvoir gâcher la fête des visiteurs. Capitaine et métronome des Reds, Kerr McInroy a ouvert le score avec un bijou qui a instantanément fait grimper le volume à Tolka Park.
Tout était parti d’une séquence patiente : John Martin lance Daniel Kelly, John Mahon semble avoir contenu l’ailier, mais le ballon file jusqu’à James Norris sur la gauche. Le latéral ne panique pas, revient en retrait à l’entrée de la surface. McInroy ouvre le pied, fouette sa frappe et décroche un tir aussi précis que violent, logé dans le petit filet à gauche de Stephen McMullan, impuissant.
Shelbourne tient son avantage, Waterford vacille, mais ne rompt pas.
Les Blues répondent d’ailleurs presque aussitôt. Tommy Lonergan remise de la tête pour Conan Noonan, qui envoie une volée plongeante superbe. Eddie Beach, vigilant, s’envole et détourne. Sur le contre qui suit, Martin, oublié au second poteau sur un centre de Norris, gâche une énorme occasion en trouvant directement McMullan de la tête.
La punition aurait pu tomber encore plus vite. Seán Moore se retrouve seul, servi par un ballon venu de la droite signé Evan Caffrey. La défense à trois de Waterford s’ouvre, le but est grand ouvert, mais l’attaquant enroule… à côté du poteau. Un soupir dans le stade, un avertissement de plus pour les visiteurs.
Waterford s’accroche, puis frappe
Shelbourne joue, Shelbourne domine, Shelbourne rate. Et Waterford finit par s’inviter à la table.
Sur un centre de Jorgen Vollas, tout le monde s’emmêle au cœur de la surface. Le ballon traîne, rebondit, devient brûlant. Evan McLaughlin, lui, ne se pose pas de questions : il se jette et pousse le cuir au fond depuis deux mètres. Un but brouillon, presque volé, mais un but qui change tout. Les Blues reviennent de nulle part, 1-1, et le doute s’installe dans les rangs locaux.
Shelbourne a pourtant une nouvelle balle pour reprendre l’avantage. Kelly se joue de son vis-à-vis, repique et dépose un centre en retrait parfait. Le ballon arrive au second poteau, Moore se présente, mais semble se retenir au moment de conclure, laissant filer une occasion en or.
Au retour des vestiaires, la sanction tombe.
Six minutes après la pause, Waterford renverse le match. Un ballon anodin de Benny Couto le long de la ligne se transforme en munition. Lonergan le récupère, se retourne, résiste et enroule un centre parfait. Dans la surface, Pádraig Amond jaillit, catapulte une tête puissante et trompe Beach. 2-1 pour Waterford, grâce à ce spécialiste du jeu aérien qui fait encore la différence.
Le vent tourne. Les Blues, désormais libérés, frôlent même le break. Sur un centre de Vollas, Mahon se jette et décroche une tête plongeante pure. Beach se détend de tout son long et sort une parade splendide pour maintenir Shelbourne en vie.
Réaction de Shels, Lunney rallume l’espoir
Dos au mur, l’entraîneur de Shelbourne, John Russell, abat ses cartes. Entrées de Mipo Odubeko et Seán Boyd, passage à quatre attaquants. Une prise de risque totale, mais nécessaire.
Le choix paye. À mi-parcours de la seconde période, Seán Moore combine avec Jack Henry-Francis sur le côté. Ce dernier temporise, regarde l’axe et glisse en retrait pour JJ Lunney. Le milieu ne force pas, ouvre son pied et place le ballon au ras du poteau. Caressé plus que frappé, le tir finit au fond. 2-2, Shelbourne repart de l’avant, le stade se réveille.
Boyd, fraîchement entré, croit déjà tenir son moment. Kelly s’arrache pour aller chercher un centre très profond depuis la droite, McMullan est mal placé, mais la tête de Boyd manque le cadre. Une nouvelle occasion qui s’envole.
Le gardien de Waterford se rattrape ensuite en repoussant une frappe tendue d’Odubeko, décochée à une vingtaine de mètres et filant vers le petit filet. Les Reds poussent, assiègent, sans trouver la faille.
Waterford plie, mais répond par à-coups. Le travail des remplaçants Luke Heeney et Dean McMenamy offre une ouverture à Noah Mawene, qui tente une frappe enroulée depuis l’entrée de la surface. Le ballon lèche la lucarne sans la trouver.
Lonergan, buteur et meilleur scoreur
La dernière balle du match appartient pourtant au joueur de la soirée.
À trois minutes de la fin du temps réglementaire, Joe Ashton, tout juste entré à la place de Vollas, déborde et centre au second poteau. Tommy Lonergan se faufile dans le dos de la défense, se libère de son marquage et place une tête clinique. Beach est battu, Shelbourne est à terre, Waterford mène 3-2.
Ce but n’est pas qu’une délivrance collective. Il offre aussi à Lonergan le titre de meilleur buteur de la Premier Division avec 16 réalisations. Une récompense logique pour un attaquant qui a porté son équipe dans les moments chauds.
Shelbourne aura tenté jusqu’au bout, sans jamais recoller. Waterford, lui, quitte le championnat avec la certitude de rester parmi l’élite et la perspective alléchante d’une finale de coupe contre Derry City.
Maintien assuré, confiance gonflée, buteur en feu : la saison de Waterford n’est pas terminée. Elle pourrait même prendre une toute autre dimension dans quelques jours.




