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USA – Pérou : enjeux et attentes pour Pochettino et Menezes

À Orlando, ce ne sera pas qu’un simple amical. Pour les USA, ce match contre le Pérou s’inscrit déjà dans une ligne droite menant à 2030. Pour le Pérou, il ressemble à un examen de passage après une Coupe du monde manquée et un début d’ère Mano Menezes encore fragile.

Sur le papier, les États-Unis partent favoris. Sur le terrain, l’histoire pourrait être plus serrée. Et probablement riche en buts.

Les USA en mode reconstruction, mais pas en roue libre

Les États-Unis sortent d’une Coupe du monde à domicile globalement réussie, terminée en huitièmes de finale. Au-delà du résultat brut, ils ont laissé l’impression d’une équipe ambitieuse, portée vers l’avant, capable de marquer à tout moment.

Mauricio Pochettino ne s’attarde pas sur le passé. Il a déjà ouvert le chantier suivant. Pour cette fenêtre internationale, il a convoqué 28 joueurs… et tourné le dos à plusieurs cadres. Pas de Christian Pulisic, pas de Weston McKennie, pas de Folarin Balogun. Des choix assumés, dictés par une idée claire : tester la nouvelle vague.

Huit joueurs vivent leur première convocation en A, tous âgés de 21 ans ou moins. Un vestiaire rajeuni, une hiérarchie bousculée, mais une ligne directrice intacte : jouer haut, jouer vite, jouer pour marquer.

Les chiffres de la Coupe du monde résument bien ce visage : 11 buts inscrits en cinq matches, soit 2,2 par rencontre, mais aussi huit buts encaissés (1,6 par match). Une équipe spectaculaire, parfois ouverte, rarement neutre.

La composition probable en dit long sur l’intention :

USA (probable) : Freese – Freeman, Richards, Miller, Robinson – Berhalter, Adams, Tillman – Reyna, Campbell – Pepi.

Avec Giovanni Reyna pour dicter le tempo entre les lignes, Malik Tillman pour se projeter et Ricardo Pepi pour conclure, tout indique que les Américains chercheront à frapper fort d’entrée.

Pérou : un nouveau cycle qui peine à décoller

En face, le Pérou avance à pas mesurés. Pas de Coupe du monde au dernier rendez-vous, un groupe à reconstruire, et un sélectionneur, Mano Menezes, chargé de relancer la machine. Pour l’instant, la dynamique reste timide : quatre matches sous ses ordres, une seule victoire.

La référence récente reste ce succès face à Haïti avant le Mondial, mais elle pèse peu face aux difficultés actuelles. La Bicolor a encaissé huit buts lors de ses cinq derniers matches, pour sept inscrits. Une équipe qui encaisse, mais qui ne renonce pas à attaquer.

Le signe le plus encourageant pour Menezes ? Ce but marqué contre l’Espagne, championne du monde en titre, juste avant le tournoi. La Roja n’a concédé qu’un seul but sur l’ensemble de la compétition. Le Pérou a été celui qui a brisé cette solidité. Une petite balise, mais une balise quand même.

La liste convoquée confirme une volonté de s’appuyer sur le vivier local : 16 joueurs évoluent dans le championnat péruvien. Un expatrié notable : Oliver Sonne, latéral de Burnley, intégré au groupe.

Pérou (probable) : Gallese – Sonne, Gruber, Garces, Lopez – Pretell, Noriega, Yotun – Vidales, Velez – Ugarriza.

Adrián Ugarriza sera l’homme à surveiller devant, épaulé par des milieux capables de se projeter. Avec Yoshimar Yotun pour organiser, le Pérou a de quoi sortir proprement le ballon… mais devra survivre à la pression américaine.

Une affiche portée vers le but

Tout pointe vers un match ouvert. Les deux équipes marquent. Les deux équipes concèdent. Et les confrontations récentes entre elles ont souvent offert des buts des deux côtés.

Les USA ont encaissé huit buts en cinq matches au Mondial, mais en ont inscrit 11. Le Pérou a marqué sept fois lors de ses cinq dernières sorties, tout en concédant huit buts. Les deux équipes ont vu les filets trembler des deux côtés dans trois de leurs cinq dernières rencontres respectives.

Les deux derniers duels directs ont offert au moins un but à chaque camp. La tendance est là : difficile d’imaginer une rencontre verrouillée.

Dans ce contexte, un scénario se détache :

  • Les USA dominent,
  • le Pérou trouve tout de même la faille,
  • le tableau d’affichage ne reste jamais longtemps figé.

Les USA aiment frapper tôt

Un autre trait fort des Américains sous Pochettino : l’entame. Lors de la Coupe du monde, ils ont marqué dans le premier quart d’heure lors de trois de leurs cinq matches. À domicile, portés par un public qui s’est pris au jeu, ils ont pris goût à ces départs canon.

Les chiffres confirment cette habitude : les USA ont marqué au moins une fois en première période lors de chacun de leurs cinq derniers matches. Dans trois de ces rencontres, ils menaient déjà à la pause.

Face à eux, un Pérou souvent pris à froid. Contre l’Espagne, la Bicolor a encaissé dès la deuxième minute et se retrouvait menée 2-0 à la mi-temps. Lors de leurs quatre derniers matches, les Péruviens ont toujours concédé au moins un but avant le repos. Ils étaient menés à la pause dans trois de ces quatre rencontres.

La combinaison est claire : une équipe américaine portée vers l’avant dès le coup d’envoi, un Pérou qui subit beaucoup dans les premières minutes. Sur 45 minutes, le rapport de force penche nettement vers les locaux.

Un écart réel, un score serré ?

Les classements confirment ce que l’on voit sur le terrain : les USA pointent au 16e rang mondial, le Pérou au 50e. Trois victoires sur les cinq derniers matches pour les Américains, un rythme plus poussif pour la Bicolor. Les États-Unis n’ont jamais perdu contre le Pérou. Les chiffres ne racontent pas tout, mais ils tracent un cadre.

Dans ce cadre, un scénario revient avec insistance : celui d’un succès américain par un but d’écart, 2-1 par exemple. Les hommes de Pochettino ont les armes pour faire plier la défense péruvienne, mais leur propre fragilité défensive laisse la porte ouverte à un but adverse.

Ricardo Pepi, en pointe, reste une menace constante dans la surface. Malik Tillman, capable de se projeter et de finir, représente une autre source de danger. En face, Adrián Ugarriza a les qualités pour profiter de la moindre faille dans l’arrière-garde américaine.

Les USA ont déjà battu le Pérou 2-1 par le passé. Un score qui colle parfaitement à l’écart entre les deux sélections aujourd’hui : un favori clair, mais pas intouchable.

Reste une question, qui dépasse ce simple match : cette nouvelle génération américaine, testée sans ses cadres, saura-t-elle transformer ces promesses offensives en véritable force collective d’ici 2030, ou restera-t-elle une équipe aussi brillante qu’irrégulière ?