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Tyrhys Dolan : un défi face au Real Madrid en Liga

Tyrhys Dolan se prépare à ce qui ressemble déjà à un examen de passage. Samedi soir (20h30, heure britannique), le RCDE Stadium accueillera le Real Madrid de José Mourinho pour son entrée en lice en Liga, et l’ailier d’Espanyol sait exactement ce qui l’attend.

De Blackburn à la lumière de la Liga

Formé et révélé à Blackburn Rovers, où il est resté cinq ans, le Mancunien a pris un virage radical l’été dernier en rejoignant Barcelone et Espanyol. Un pari loin de ses repères, mais qui commence à porter ses fruits.

Pour sa deuxième saison en Espagne, Dolan a frappé fort dès la première journée : un but lors du succès 3-0 contre Levante. Une entame idéale, presque trompeuse tant le défi qui arrive maintenant se situe à un autre étage.

Car cette fois, c’est le Real Madrid qui débarque.

Affronter le Real sans se renier

À 24 ans, Dolan refuse pourtant de se laisser submerger par l’ampleur de l’affiche. Le discours est clair : pas question de changer de visage sous prétexte que l’adversaire s’appelle Real Madrid.

« Ce sont les matchs que tu veux jouer », insiste-t-il. Ceux que les supporters attendent, ceux sur lesquels tous les regards se braquent. Mais pour lui, la clé reste la même : ne pas se dénaturer.

Face à un Real Madrid dirigé par José Mourinho, entraîneur au statut quasi mythique et obsédé par la victoire, Dolan sait que rien ne sera bradé. « Ils ne vont pas venir en pensant que ce sera facile contre nous. Ils vont amener leur meilleur niveau », prévient-il.

Duel d’Anglais sous le soleil catalan

La soirée aura aussi des airs de rendez-vous entre compatriotes. Dolan pourrait croiser sur la pelouse Jude Bellingham et Trent Alexander-Arnold. Une petite enclave anglaise au cœur de Barcelone.

Mais pas question de transformer le match en réunion amicale. « Quand c’est le travail, c’est le travail », tranche-t-il. Le plaisir de se mesurer à « des top talents » et à d’autres joueurs anglais viendra après. Avant, tout est centré sur un objectif simple : prendre les trois points.

Ne pas laisser l’émotion déborder

Le piège, Dolan le connaît : se laisser happer par le prestige, par les caméras, par l’adrénaline. Il veut l’éviter à tout prix.

« Tu ne veux pas trop monter un match en épingle, parce qu’une fois que tu y es, les émotions peuvent te dévorer », explique-t-il. Alors, il s’accroche à ce qui l’a construit depuis son arrivée en Espagne : une routine, un cadre mental, des habitudes qu’il refuse de bousculer.

« Tu te concentres sur toi-même autant que possible et tu t’assures d’être préparé du mieux que tu peux. J’aime rester dans la même routine et le même état d’esprit. »

Un exil qui l’a transformé

Son aventure à Espanyol ne se résume pas à un simple changement de championnat. Dolan le reconnaît : sa première saison en Espagne a été un choc, autant humain que sportif.

Quitter la Championship, s’éloigner de la famille et des amis, découvrir une nouvelle culture, apprendre une nouvelle langue… Autant de pas en avant qui l’ont obligé à se débrouiller seul, à grandir vite.

« Ça m’a énormément fait mûrir, en dehors du terrain et sur le terrain aussi », confie-t-il.

Sur le plan footballistique, il mesure le bond effectué. Le niveau de la Liga l’a forcé à affiner son jeu : meilleure prise de décision, centres plus précis, palette de passes décisives élargie. « J’ai appris et ajouté tellement d’outils à mon jeu depuis que j’ai rejoint Espanyol », résume-t-il.

De nouveau venu à leader assumé

Avec plus de 30 apparitions la saison passée, Dolan n’est plus le garçon qui débarquait en terre inconnue. Le regard sur lui a changé. Le sien aussi.

« Je ressens beaucoup plus de responsabilités dans l’équipe cette année », assure-t-il. Il se voit désormais comme l’un de ceux « qui vont faire la différence ».

Au début, tout était flou. « Quand tu arrives, tout est nouveau et tu ne sais pas vraiment comment gérer. Tu te laisses porter. » Ce temps-là est terminé.

Aujourd’hui, il parle de « maison ». Il a son public, une base de supporters qui l’a adopté. Dans le vestiaire, les coéquipiers sont devenus des amis, plus des inconnus avec qui il partage simplement un maillot.

Samedi, face au Real Madrid, cette nouvelle version de Tyrhys Dolan passera un test grandeur nature. Pas seulement pour voir s’il peut briller contre une armada menée par Mourinho. Mais pour confirmer qu’il n’est plus simplement un Anglais en exil en Liga, et bien l’un des hommes forts d’Espanyol.