Tottenham brille avec Savio et une victoire écrasante
Tottenham a pris son temps, mais une fois la porte entrouverte, tout a cédé. Juste avant la pause, en l’espace de trois minutes, Mike Moore puis Dominic Solanke ont plié l’affaire et offert aux Spurs un avantage de 2-0 à la mi-temps. Deux coups de poignard au moment où Charlton commençait à croire qu’il tiendrait jusqu’au repos.
La seconde période, elle, a tourné à la démonstration. Kevin Danso, tout juste entré en jeu, a marqué avec son tout premier ballon à la 67e minute, coup de tête rageur sur un coup franc parfaitement déposé par Mateus Fernandes. 3-0, et Charlton avait définitivement lâché la corde.
Savio, 85 millions et un premier frisson
Réclamé à grands cris par les tribunes, Savio a fait son entrée sous une ovation. Quelques minutes plus tard, le Brésilien a justifié chaque centime de son transfert. Un contrôle, une prise de balle vers l’intérieur, une frappe sèche et tendue depuis l’entrée de la surface : son premier but avec Tottenham, un tir bas et puissant, a fait exploser les supporters.
L’ailier n’en est pas resté là. Sur une nouvelle incursion, sa frappe a été déviée par Ben Davies et a terminé au fond, portant le score à 5-0. Le but a été attribué au Gallois, mais toute l’action portait la signature de Savio, déjà décisif et terriblement incisif. Roberto De Zerbi avait réclamé plus de « finition » à son nouveau joyau offensif. Il a été servi.
Charlton a fini par sauver l’honneur en fin de rencontre, Jones venant priver Antonin Kinsky d’un clean sheet que le gardien aurait mérité au vu de ses deux belles parades, une dans chaque mi-temps. Rageant pour lui, anecdotique pour le tableau d’affichage.
Moore allume la mèche, Solanke impose sa loi
Avant le show Savio, un autre talent avait déjà retourné la soirée. Mikey Moore a débloqué la situation avec un éclair de génie. Force dans les duels, toucher de balle court et précis, le jeune attaquant a éliminé, insisté, provoqué. Son but a libéré Tottenham et il n’a plus jamais levé le pied. Constamment entre les lignes, il a été la menace offensive la plus constante des Spurs.
Juste derrière, Dominic Solanke a fait parler son sens du but. Dos au but, protection de balle, petit tournant, finition clinique : son but juste avant la pause a récompensé un travail de sape intelligent. Il a multiplié les fautes provoquées en décrochant, offrant de l’air à son équipe et des situations arrêtées dangereuses. Quand De Zerbi estimera qu’il est à 100 % physiquement, difficile d’imaginer quelqu’un d’autre en pointe.
Fernandes, le métronome discret, et un Danso clinique
Au milieu, Mateus Fernandes a peu à peu pris la main. Pour sa première titularisation, le milieu à 85 millions a parfois été brouillon en début de match, mais une fois lancé, il a dicté le tempo. Sorties de balle propres, capacité à se retourner sous pression, accélérations dans l’axe : il a donné de la verticalité au jeu. Son ballon piqué pour Kevin Danso sur coup franc, parfaitement dosé, a offert au défenseur la possibilité de marquer sur son premier ballon.
Danso, lui, a payé son but au prix fort en prenant un coup à la tête, mais sa soirée restera marquée par cette entrée immédiate et décisive. Seul regret pour lui et pour la défense : ce but encaissé en fin de match, qui fait sauter la feuille blanche.
Une défense sereine, un Davies récompensé
Derrière, Tottenham a rarement tremblé. Ben Davies a vécu une soirée tranquille, sérieuse, sans fioritures. Peu inquiété par Charlton, il a finalement trouvé le chemin des filets d’une manière assez heureuse, en déviant la frappe de Savio dans son propre but… mais du bon côté. Un but presque involontaire, mais qui scelle un match maîtrisé.
À ses côtés, Jan Paul van Hecke a imprimé le rythme depuis l’arrière. Véritable chef d’orchestre de la relance, il n’a raté que six de ses 96 passes et personne n’a trouvé davantage le dernier tiers du terrain que le défenseur néerlandais. Remplacé en milieu de seconde période, il avait déjà posé sa patte sur la rencontre.
Sur les côtés, Archie Gray a multiplié les efforts pour accompagner Moore, sans toujours trouver la justesse dans le dernier geste. Face à Millenic Alli, il a parfois semblé hésitant en un contre un, mais Charlton a rarement réussi à l’isoler dans des zones vraiment dangereuses, surtout après l’ouverture du score. À gauche, Destiny Udogie a signé sa première titularisation de la saison, important pour retrouver du rythme. De plus en plus offensif au fil des minutes, il a rappelé sa capacité à percuter.
Un milieu qui monte en puissance, des options partout
Rodrigo Bentancur a connu un début de match un peu nerveux, avec quelques interventions approximatives, avant de monter en puissance. Une fois Tottenham installé dans le camp adverse, l’Uruguayen a imposé sa loi au milieu : tacles propres, sérénité sous pression, influence grandissante sur la circulation de balle.
Lucas Bergvall, lui, avait besoin de se racheter après une prestation compliquée face à Brentford. Plus à l’aise ballon au pied, plus confiant, il a profité de cette rencontre pour retrouver des sensations et du volume de jeu.
Mathys Tel a été omniprésent dans les circuits offensifs, sans parvenir à convertir ses efforts en but. Beaucoup de courses, des appels, de la disponibilité, mais la petite étincelle lui a manqué au moment de conclure, alors que Tottenham déroulait en seconde période.
L’entrée de Pedro Porro a ajouté une autre dimension au jeu des Spurs. Sa présence change le visage du couloir, avec plus de tranchant, plus de variété. Pour De Zerbi, pouvoir alterner entre le travail infatigable de Gray et la qualité offensive de Porro est un luxe.
Tottenham a terminé la soirée avec un score lourd, des certitudes renforcées et un nouveau chouchou en la personne de Savio. Si ce match n’était qu’une rampe de lancement, la suite de la saison promet d’être tout sauf tranquille pour la concurrence.



