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Tottenham s'écroule face à Brentford : Leçons et défis à relever

Tottenham n’a pas seulement perdu son premier match de la saison. Le club du nord de Londres a été balayé. Un 3-0 sec, net, brutal, infligé par Brentford au Gtech Community Stadium, qui ramène tout le monde sur terre après un été d’investissements massifs.

Un rappel à l’ordre, presque une gifle, pour un projet présenté comme relancé.

Un chantier exposé au grand jour

Le score ne ment pas. Brentford a pris Tottenham à la gorge dès les premières minutes, porté par l’intensité habituelle des Bees et un Keane Lewis-Potter intenable. Une fois devant, l’équipe de Thomas Frank n’a jamais desserré l’étau, profitant des mêmes failles défensives qui hantent les Spurs depuis plusieurs saisons.

Face à cette tempête, Tottenham a paru lent, émoussé, coupé en deux. Les lignes ne bougeaient pas ensemble, les duels étaient perdus un à un, et la confiance s’est évaporée très vite.

Roberto De Zerbi ne s’est pas caché après la rencontre. Il a reconnu une équipe dominée dans tous les secteurs qui comptent.

« Mauvais match. Nous avons perdu et souffert de la différence dans les duels. C’était la clé de ce match. Nous n’avons pas combattu de la bonne manière. Peut-être qu’il faut leur rendre hommage parce que c’est la meilleure qualité de Brentford », a-t-il expliqué à BBC Sport.

Le technicien italien a aussi pointé un problème de condition physique, avec plusieurs joueurs revenus tardivement après la Coupe du monde ou intégrés sur le fil du mercato : « Notre condition physique n’était pas au bon niveau pour tous les joueurs, car beaucoup sont arrivés plus tard et il y avait beaucoup de nouveaux dans l’effectif et dans le onze. Mais nous devons analyser ce match mieux que ça, parce que nous ne pouvons pas jouer de cette façon dans ce type de rencontre. »

Tonali, cible des critiques, bouclier du vestiaire

Dans ce naufrage, un nom ressort forcément : Sandro Tonali. Recruté pour environ 100 millions de livres, censé devenir le métronome et le leader du milieu, l’Italien a vécu une après-midi compliquée.

Perdu entre les lignes, souvent isolé, submergé par l’agressivité du milieu de Brentford, l’ancien de Newcastle n’a jamais réussi à prendre le contrôle du jeu. Autour de lui, ce n’était guère mieux : Andrew Robertson, Marcos Senesi et Jan Paul van Hecke, tous alignés pour leurs débuts, ont souffert eux aussi, exposant crûment le manque de cohésion d’un onze largement remanié.

Malgré tout, Tonali n’a pas cherché d’excuses. Au contraire, il a pris la parole pour protéger son entraîneur et rappeler le sens du projet.

« Il nous donne beaucoup – pas seulement à moi, mais à tous les joueurs. Il sait que ce sera un long processus, mais il est positif à 100 %. Il nous aime et est en train de recréer l’âme qui s’est un peu effritée ces dernières saisons. Positif sur nos qualités et sur le genre de personnes que nous sommes. Nous sommes des êtres humains, et il reconstruit peu à peu l’esprit qui s’était un peu effondré sur les deux dernières saisons », a-t-il confié à Sky Sport.

Les mots sont forts. Ils disent le malaise accumulé, mais aussi la volonté de repartir sur autre chose.

Tonali n’a pas éludé la frustration du moment : « C’est dur parce qu’on a perdu, mais c’est bien de voir que tout le monde se sent concerné, que tout le monde est sur la même longueur d’onde. Maintenant, il faut juste travailler ; la seule chose à faire, c’est rester unis. »

Un passé récent qui pèse lourd

Le contexte rend cette claque encore plus inquiétante. Tottenham sort de deux saisons conclues à la 17e place de Premier League. Deux exercices marqués par ce que le club lui-même qualifie de « mentalité de perdant », héritage que De Zerbi doit briser.

Pour l’instant, cette rupture ne se voit pas. Pas encore.

L’Italien ne se défausse pas, mais il ne maquille pas non plus l’ampleur du chantier : « Je suis surpris par le résultat et la performance. Je savais que nous n’étions pas dans la bonne condition. Nous ne pouvons pas trouver d’excuse. Je suis désolé pour le résultat et la performance. Nous commençons un nouveau projet et nous n’avons pas réussi à trouver le principe. »

Le mot est lâché : principe. Identité. Ce que Brentford a, et que Tottenham cherche encore.

Une saison déjà sous pression

Ce 3-0 inaugural ne condamne évidemment pas la saison des Spurs, mais il place d’emblée la barre très haut en termes d’exigence. Le club a investi, a changé des hommes, a confié les clés à De Zerbi. Le temps sera nécessaire, Tonali le martèle. La patience aussi, du public comme du board.

Mais la Premier League ne laisse jamais beaucoup de répit. Après une telle débâcle, une question s’impose déjà : ce Tottenham-là saura-t-il enfin se révolter, ou va-t-il replonger dans les mêmes habitudes qui l’ont cloué au bas de tableau ces deux dernières années ?