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Thierry Henry avertit Arteta : Tout doit changer pour affronter City

Thierry Henry prévient Arteta : « Tout doit être différent » pour faire tomber City

Arsenal est en demi-finale de Champions League. Les chiffres disent que la mission est accomplie. Le terrain, lui, raconte autre chose. Et Thierry Henry n’a pas cherché à l’édulcorer.

Après le 0-0 crispant face au Sporting au Emirates, suffisant pour valider une qualification sur l’ensemble des deux matches grâce au but tardif de Kai Havertz à l’aller (1-0), la légende des Gunners a lancé un avertissement clair à Mikel Arteta avant le choc au sommet contre Manchester City à l’Etihad.

« Je veux voir ce feu à l’Etihad »

Arteta avait réclamé du « feu » en conférence de presse avant d’affronter le Sporting. Henry, consultant pour CBS Sports, a repris le mot… pour mieux pointer le décalage entre le discours et la réalité.

« Je veux voir ce feu à l’Etihad. C’est ça que je veux voir, a lâché Henry. C’est facile de parler, il faut aller là-bas, à Man City, et délivrer. Je crois en ce que je vois, je crois en lui, Arteta, en ce “feu”, mais quand tu parles comme ça, il faut le faire derrière. Je ne l’ai pas vu ce soir. »

Le message est double : oui, la demi-finale est une performance historique pour le club, mais non, ce visage-là ne suffira pas à aller chercher le titre en Premier League ni à bousculer la machine de Pep Guardiola.

Un Arsenal qualifié, mais inquiétant

La série récente d’Arsenal pèse dans le jugement d’Henry. Défaite en Carabao Cup face à Manchester City, élimination en FA Cup par Southampton, revers en Premier League contre Bournemouth samedi, et maintenant une qualification arrachée sans éclat face au Sporting.

Tout cela à quelques jours d’un déplacement à l’Etihad que beaucoup voient déjà comme un possible match pour le titre. Si City bat Arsenal, puis gagne son match en retard, les deux équipes seront à égalité de points en tête du championnat. La pression est maximale. Et Henry ne veut pas entendre parler de gestion ou de calcul.

Interrogé sur la manière dont il aborderait ce choc, il a été sans détour : « Pas comme ce soir, ni contre Bournemouth, ni à Brighton à l’extérieur, ni à Mansfield, ni comme tout ce que j’ai vu cette saison. »

Le constat est brutal : pour Henry, ce n’est pas un simple ajustement qu’il faut à Arsenal. C’est une rupture. « Tout » doit être différent.

City en face, un rouleau compresseur

Lorsqu’on lui demande si la prestation contre le Sporting suffirait pour battre Manchester City, Henry éclate de rire. Puis il rappelle la réalité du champion en titre.

« Le Man City que j’ai vu récemment ? On parle de l’équipe qui a gagné quatre fois de suite, Liverpool est venu s’intercaler, sinon ce serait encore plus. »

Le Français ne cache pas sa foi en ce groupe d’Arsenal. Il martèle même qu’il croit au titre depuis le début de la saison. « Cette année, je crois qu’on peut gagner la ligue, c’est la plus grande chance de ta vie de te prouver, en tant qu’équipe, que tu peux le faire. »

Mais cette chance-là ne se saisira pas avec un 0-0 anxieux à domicile, des occasions gâchées et un rythme haché. Il réclame un match de champions à l’Etihad, pas un nul rassurant. « Je veux que l’équipe gagne là-bas, pas qu’elle fasse match nul, un statement. »

Le visage de Declan Rice, symbole d’un malaise

Au-delà du jeu, un détail a marqué Henry : le regard de Declan Rice au coup de sifflet final. Pas un cri, pas un sourire éclatant. Une mine fermée, presque contrariée, alors que le club venait de se qualifier pour une demi-finale de Champions League, un événement rare dans son histoire.

« Si tu prends le visage de Declan Rice, retourne à ça, a insisté Henry. À la fin du match, je suis resté sur son visage. Tu avais beaucoup de gars qui souriaient, mais son visage à lui… Je ne sais pas, il faudrait que je lui parle pour savoir ce qu’il avait en tête. C’est un gars qui vient de se qualifier pour une demi-finale de Champions League. »

Pour Henry, ce contraste dit beaucoup. Entre la satisfaction légitime de l’exploit et la lucidité froide de ceux qui savent que, dans le contenu, le compte n’y est pas.

Il le répète : il n’y a « ni positif ni négatif » à tirer de ce match en soi. La demi-finale est là, « bravo », il le reconnaît. Mais au loin se dresse City. Et c’est là que tout se jouera.

Arsenal a retrouvé la lumière européenne. Reste à savoir s’il a, enfin, le feu pour aller l’allumer à l’Etihad.