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Ternana W surprend AC Milan W avec une victoire 1-0 en Serie A Women

Au Stadio Libero Liberati, cette affiche de la 22e journée de Serie A Women avait tout d’un choc de mondes opposés. D’un côté, Ternana W, 10e, équipe en survie permanente, avec un bilan global de 4 victoires, 5 nuls et 13 défaites en 22 matches, 19 buts marqués pour 40 encaissés (différence de buts totale de -21). De l’autre, AC Milan W, 7e, structure plus établie, 9 victoires, 5 nuls, 8 défaites, 31 buts inscrits pour 26 concédés (différence de buts totale de +5).

Suivant cette victoire 1-0 à domicile, Ternana W confirme ce que ses chiffres laissaient déjà deviner : c’est au Liberati que cette équipe existe vraiment. Sur leurs 17 points totaux, 13 ont été pris à domicile, avec 3 victoires, 4 nuls et seulement 4 défaites en 11 rencontres. À la maison, Ternana marque en moyenne 1.4 but et en concède 1.5, un profil de bloc fragile mais capable de frapper. Face à un AC Milan W qui, sur ses 11 déplacements, tourne à 1.2 but marqué et 1.0 encaissé, ce 1-0 prend des allures de braquage méthodique plus que de miracle.

Composition des Équipes

Sans composition officielle en termes de système, il faut lire la structure dans les noms. Mauro Ardizzone aligne un onze de Ternana W très équilibré : K. Schroffenegger dans le but, un rideau défensif où E. Pacioni, M. Massimino, L. Peruzzo et S. Breitner forment un socle à la fois rugueux et discipliné, devant lequel C. Ciccotti et A. Regazzoli servent de pivots. Devant, M. Petrara et M. Porcarelli accompagnent A. Gomes, pointe mobile, dans un trio offensif pensé pour exploiter chaque transition.

En face, Suzanne Bakker s’appuie sur une base milanaise techniquement supérieure : S. Estevez dans la cage, une ligne défensive articulée autour de E. Koivisto, N. Sorelli, K. De Sanders et M. Keijzer, cette dernière étant l’une des figures défensives de la saison pour AC Milan W, avec 23 tacles et 3 tirs bloqués au total. Devant elles, le double moteur V. Cernoia – M. Mascarello, épaulé par C. Grimshaw, doit assurer la circulation et la pression haute. En attaque, le trio M. Renzotti – E. Kamczyk – T. Kyvag incarne la menace de profondeur.

Les absences ne sont pas documentées, mais le banc raconte les options : côté Ternana, des profils comme V. Di Giammarino, milieu agressif déjà auteur de 4 cartons jaunes cette saison, ou F. Quazzico, défenseure connue pour un carton rouge reçu, offrent des solutions de densité et de vice pour verrouiller un score. Côté AC Milan W, la présence de Park Soo-Jeong, meilleure passeuse du championnat avec 4 assists, et de C. Dompig, attaquante explosive mais déjà expulsée une fois, donne à Bakker des armes offensives pour changer le tempo.

Statistiques Clés

Le duel clé, pourtant, se jouait ailleurs : la lutte entre la fébrilité globale de Ternana W (1.8 but encaissé en moyenne par match toutes rencontres confondues) et la capacité d’AC Milan W à produire 1.4 but par match au total. Sur le papier, la supériorité offensive milanaise devait finir par peser. Mais Ternana W a construit sa résistance autour d’une agressivité contrôlée : la distribution de ses cartons jaunes montre un pic tardif, avec 25.00% des avertissements reçus entre la 76e et la 90e minute. C’est une équipe qui accepte de souffrir longtemps et de durcir le ton dans le money time.

En face, AC Milan W n’est pas moins nerveux : 30.00% de ses cartons jaunes tombent également entre la 76e et la 90e minute, et les Lombardes ont déjà vu trois cartons rouges cette saison, répartis entre le segment 46-60, 61-75 et 76-90. Cette fin de match à haute tension était presque écrite par les statistiques : deux équipes qui montent en agressivité au moment où les jambes brûlent et où les espaces s’ouvrent.

Dans ce contexte, la victoire de Ternana W s’explique aussi par sa capacité à vivre sur le fil. Globalement, le club a déjà échoué à marquer lors de 10 matches cette saison, mais à domicile, il a trouvé le chemin des filets avec une régularité suffisante pour se maintenir en vie. La présence dans l’effectif de V. Pirone, meilleure buteuse du club sur la saison avec 6 buts et 1 passe décisive, illustre ce profil de joueuse capable de transformer peu de ballons en occasions franches : 23 tirs, 9 cadrés, 5 penalties marqués mais aussi 1 manqué, rappelant que Ternana W n’est jamais à l’abri d’un détail qui bascule.

En face, AC Milan W possède une colonne vertébrale statistique impressionnante. K. van Dooren, 5 buts, 18 tirs dont 12 cadrés, est une menace constante de deuxième ligne. C. Grimshaw, 1 but, 2 passes décisives, 263 passes à 79% de réussite et 4 tirs bloqués, incarne ce milieu box-to-box capable de se projeter et de défendre. M. Mascarello, avec 368 passes à 77% et 15 passes clés, est le métronome de la première relance. Sur la durée d’une saison, ces profils expliquent pourquoi AC Milan W affiche 7 clean sheets au total et n’a échoué à marquer qu’à 8 reprises.

Mais sur ce match précis, la bascule tactique est claire : Ternana W a accepté de rendre le ballon, de se recroqueviller dans un bloc compact, puis de piquer. Avec une moyenne de 0.9 but marqué par match au total, chaque situation offensive est travaillée comme une balle de break. L’utilisation de joueuses de couloir comme C. Martins et S. Breitner, capables de fermer les espaces latéraux et de relancer proprement, a limité l’impact des circuits extérieurs milanais, pourtant essentiels pour libérer Park Soo-Jeong ou C. Dompig quand elles entrent en jeu.

Le verdict statistique, sur la saison, continuerait de donner AC Milan W favori dans un duel neutre, grâce à son équilibre (1.4 but marqué, 1.2 encaissé en moyenne) et à une discipline défensive globalement plus fiable. Mais cette rencontre au Liberati raconte autre chose : dans un environnement où Ternana W a déjà signé 3 clean sheets à domicile et convertit 100.00% de ses penalties totaux (6 sur 6, aucun manqué au niveau de l’équipe), la marge d’erreur milanaise était infime.

Suivant ce résultat, Ternana W reste une équipe fragile dans les chiffres, mais qui vient de prouver qu’elle sait transformer sa vulnérabilité en arme, en serrant les lignes et en acceptant un combat de nerfs. AC Milan W, lui, repart avec un rappel brutal : ses qualités structurelles ne suffisent pas toujours face à un adversaire prêt à vivre dans la souffrance pendant 90 minutes, puis à frapper au moment le plus inattendu.