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Sunderland : Le Bris optimiste malgré l'absence de Diarra

La mauvaise nouvelle est tombée tôt dans la saison pour Sunderland. Habib Diarra sera absent entre six et huit semaines, touché aux ischio-jambiers. Un coup dur sportif, mais aussi humain pour Régis Le Bris, qui voyait son milieu franchir un cap.

« C’est frustrant, mais on doit gérer et on trouvera des solutions », a reconnu l’entraîneur.

Il ne cache pas sa déception : Diarra sortait d’une préparation très aboutie. « C’est dommage, j’étais vraiment content de sa pré-saison. Il devient plus mûr dans son jeu, plus clair sur le terrain, sur ses qualités et la façon dont elles répondent aux exigences de la Premier League. »

Un mercato pensé en trois étages

Si l’infirmerie se remplit, Le Bris s’accroche à une certitude : son club a travaillé comme prévu sur le marché des transferts. Le plan était simple, presque scolaire, mais l’exécution a été méthodique.

« On a coché nos trois cases », résume-t-il.

D’abord, l’expérience de très haut niveau : Kevin Danso et Thomas Meunier pour encadrer, rassurer, guider. Des joueurs qui connaissent les grands rendez-vous, les rythmes imposés par une saison dense.

Ensuite, un cran plus bas en âge, mais déjà aguerri : Malick Fofana et Dayann Methalie. Jeunes, mais pas novices. « Jeunes avec une expérience déjà prouvée », insiste Le Bris. Des profils capables de jouer tout de suite, sans être uniquement des paris sur l’avenir.

Enfin, la dernière marche : les gros potentiels à façonner. Juan Riquelme Angulo et Jules Ahoka incarnent cette catégorie. Des projets à long terme, à intégrer sans brûler les étapes. « On doit gérer les différents postes parce que c’est déjà un gros défi. Au final, on est contents », souffle le coach, lucide sur l’équilibre à trouver dans un effectif qui va devoir répondre sur plusieurs tableaux.

Talbi, la porte entrouverte vers la Turquie

Tous les dossiers ne sont pas clos. Celui de Chemsdine Talbi reste ouvert. Une possibilité de départ vers la Turquie existe encore, et Le Bris ne force rien.

« Un départ reste possible, donc c’est important de respecter les deux parties. On verra », explique-t-il.

Le technicien tient à rappeler la valeur du joueur : « C’est toujours un bon joueur, avec un énorme potentiel. Après, il reste une fenêtre pour décider si c’est la bonne voie ici. »

Le Bris croit en sa réussite à Sunderland, mais refuse d’imposer un destin. « Je crois qu’il peut réussir ici, mais ensuite, c’est une question de confiance mutuelle et il faut respecter le choix du joueur. » Une phrase qui en dit long sur la manière dont il conçoit la gestion humaine d’un vestiaire en mouvement.

Angulo, troisième attaquant… et plus si affinités

Dans ce puzzle, Juan Riquelme Angulo connaît déjà son point de chute dans la hiérarchie : « Il va occuper ce rôle de troisième attaquant », pose Le Bris, sans détour.

Le poste n’a rien d’anecdotique. « C’est important de répondre aux exigences de cette position. Il faut être un outsider, patient, mais aussi avec le potentiel pour jouer, parce que c’est important avec les différentes compétitions que l’on aura. »

Être troisième choix ne signifie pas regarder les autres jouer. Avec l’enchaînement des matches, ce rôle peut vite basculer en temps de jeu réel, en opportunité à saisir.

Le souvenir cuisant de Brentford comme boussole

Pour mesurer le chemin à parcourir, Le Bris se replonge dans un souvenir douloureux : la défaite 3-0 contre Brentford la saison passée. Un match qui a laissé des traces, mais qui sert aussi de repère.

« C’était douloureux », admet-il.

Brentford avait imposé sa loi : « Intenses, bien organisés, constants. Ils ont une identité claire. » Ce jour-là, Sunderland avait pris la mesure de ce que réclame ce niveau.

Et le défi revient, encore plus relevé : « Avec leurs nouvelles recrues, ils ont ajouté une capacité à jouer à travers les lignes. Ça va être un défi excitant. » Le mot n’est pas choisi au hasard. Le Bris ne veut pas fuir ce genre d’affiche. Il les réclame presque. « On a besoin de gros défis », martèle-t-il.

Un effectif armé pour l’Europe, si les corps tiennent

La saison ne se jouera pas seulement sur les pelouses anglaises. L’Europe arrive, avec son calendrier serré, ses déplacements, ses nuits qui pèsent dans les jambes. Pour l’instant, l’entraîneur se dit satisfait de la profondeur de son groupe.

« Pour le moment, je suis content. On aura 22, 23 joueurs, selon les blessures », détaille-t-il.

La nuance est importante : tout dépendra de l’état physique. Si tout le monde reste disponible, le plan est clair. « Si ils sont disponibles, chacun se sentira partie prenante de l’équipe et du projet, et je pense que c’est important pour gérer l’énergie. »

La ligne est tracée : un effectif large, des rôles définis, des jeunes à faire grandir, des cadres pour tenir la barre. Reste une inconnue, immense : comment ce Sunderland-là encaissera-t-il la brutalité d’une saison de Premier League couplée à l’Europe, sans Habib Diarra pour commencer ?