Steve Bruce alerte sur la situation de Newcastle
Steve Bruce n’a jamais été du genre à mâcher ses mots. Ancien manager de Newcastle entre 2019 et 2021, toujours attaché au club malgré une sortie compliquée, il regarde aujourd’hui St James’ Park avec un mélange de stupeur et d’inquiétude. Le départ d’Eddie Howe et la stratégie de transferts adoptée par la direction l’ont profondément secoué.
« On est tous choqués par le timing, a-t-il confié au Shields Gazette. Il a fait un travail magnifique. Beaucoup de supporters de Newcastle, et je peux encore dire que j’en fais partie, vont être totalement déçus, un peu désillusionnés par ce qui se passe. »
Le mot est lâché : désillusion. Pour Bruce, la cassure ne date pas d’hier.
« Ça a commencé il y a un an. La situation Isak n’a pas été bonne du tout pour le club », rappelle-t-il. L’épisode autour d’Alexander Isak, symbole d’un projet censé propulser Newcastle vers le très haut niveau, a laissé des traces. Un club qui s’était publiquement fixé un cap ambitieux : « Newcastle avait fait cette promesse que, d’ici 2030, ils allaient essayer de gagner la Premier League. »
La promesse existe toujours sur le papier. Mais pour Bruce, la trajectoire a clairement dévié.
« Malheureusement, on dirait qu’ils doivent prendre une autre direction, ce n’est plus le même club qu’il y a deux ou trois ans, insiste-t-il. Et la seule chose que vous ne pouvez pas faire, c’est continuer à vendre vos meilleurs joueurs. »
L’avertissement est frontal. Derrière, c’est toute la cohérence du projet qui est interrogée : comment viser le titre tout en laissant filer ses atouts majeurs ? Bruce, lui, ne reconnaît plus vraiment le Newcastle qu’il a dirigé, ni celui dont rêvaient les supporters au lendemain de la reprise du club.
Howe, l’Angleterre en ligne de mire ?
Si Bruce regrette le départ d’Eddie Howe, il ne doute pas que l’entraîneur rebondira vite. Très vite, même. Son nom circule déjà autour du poste le plus exposé du pays : celui de sélectionneur de l’équipe nationale.
Interrogé sur la succession au poste des Three Lions, Bruce ne cache pas sa préférence : « Pour moi, pour diriger notre équipe nationale, je pense qu’il faut être anglais. C’est mon opinion personnelle. On a des managers vraiment, vraiment talentueux. »
Le débat est relancé à chaque tournoi international, mais Bruce reste fidèle à une ligne claire : l’Angleterre doit être dirigée par un Anglais. Cela n’empêche pas l’ancien coach de Newcastle de reconnaître la valeur d’entraîneurs étrangers, à commencer par Thomas Tuchel, récemment au centre des discussions après un choix fort contre l’Argentine.
« Tuchel est un manager fantastique, souligne Bruce. Il a pris une grande décision (contre l’Argentine), mais n’oublions pas qu’on était à cinq minutes d’une finale de Coupe du monde. Donnez-lui un peu de marge, mais il a pris une grosse décision, non ? »
Le ton est partagé entre respect et incompréhension. Bruce ne dédouane pas Tuchel, mais rappelle le contexte : une équipe à quelques minutes d’un sommet mondial, un choix tactique qui fait encore débat, et un sélectionneur qui devra vivre avec ce moment.
« On se gratte tous la tête avec ça, et il doit vivre avec cette décision », admet-il.
Alors, qui pour prendre la suite un jour ? Le nom d’Eddie Howe revient naturellement dans la conversation.
« Pour son remplaçant, est-ce qu’Eddie va le remplacer un jour ? Qui sait ce que le football peut encore apporter ? »
La question reste ouverte, presque lancée dans le vide. Bruce ne prétend pas avoir la réponse. Mais entre un Newcastle qu’il ne reconnaît plus vraiment et une sélection anglaise en quête d’identité, une certitude se dessine : Eddie Howe n’a sans doute pas dit son dernier mot au plus haut niveau.



